1. Accueil
  2. Évènements
  3. Green Day enflamme l'AccorHotels Arena avec un concert engagé et festif
4 min de lecture

Green Day enflamme l'AccorHotels Arena avec un concert engagé et festif

NOUS Y ÉTIONS - De retour en grande forme, le trio californien a offert un show survolté de plus de deux heures, à Paris, jouant une trentaine de titres, dont ses plus grands tubes.

Billie Joe Armstrong, leader de Green Day, le 31 janvier aux Pays-Bas
Billie Joe Armstrong, leader de Green Day, le 31 janvier aux Pays-Bas
Crédit : Ferdy Damman / AFP
Sylvain Zimmermann
Sylvain Zimmermann

Tout peut arriver à un concert de Green Day. Après 30 ans de carrière, le trio d'Oakland continue de livrer des shows survoltés, imprévisibles, souvent un peu barrés. Billie Joe Armstrong, Mike Dirnt et Tré Cool, demeurent ces sales gosses qui raffolent des blagues potaches et mettent le bordel partout où ils passent. Quatre ans que les Californiens n'avaient plus joué en France. C'était aux Arènes de Nîmes en juillet 2013, pour les Franciliens il fallait remonter à Rock en Seine, juste avant le pétage de plomb du chanteur en septembre 2012.

À 20 heures pétantes, l’AccorHotels Arena de Paris plonge dans le noir. Les notes de Bohemian Rhapsody de Queen résonnent dans la salle et instantanément le public reprend le morceau. "Mama…" Arrive ensuite Blitzkrieg Bop des Ramones. Là, un individu déboule sur scène déguisé en lapin rose et fait applaudir la foule. Improbable. Puis c’est le mythique thème du film Le Bon, la Brute et le Truand d’Ennio Morricone… Jusqu’à ce qu’un son de guitare rageur soulève la fosse… Green Day donne le ton avec le très énergique Know Your Enemy, extrait de 21st Century Breakdown.

Green Day lance la révolte contre l'Amérique de Trump

Remonté comme jamais, le groupe enchaîne avec Bang Bang, inspiré par les terribles fusillades de masse aux États-Unis. Le premier single abrasif tiré de Revolution Radio qui est sorti en octobre dernier. Un disque politisé, très punk, en forme de portrait au vitriol de l'Amérique marquée par les conflits sociaux. Un morceau aux riffs incendiaires, visiblement déjà bien connu par les fans. Pour le plus grand plaisir de Billie Joe Armstrong qui harangue le public le bras levé.

En fond de scène, apparait le Ghetto-Blaster en flamme présent sur la pochette du dernier disque. Derrière sa batterie frappée du logo Green Day, Tré Cool cogne comme un sourd, Mike Dirnt a toujours le même look que dans les années 90, Billie porte quant à lui une chemise grise, un gilet, et fait sensation avec sa guitare décorée par un drapeau américain noir. L’ambiance monte d’un cran avec Holiday, toujours aussi festif, suivi de l’imparable Letterbomb.

Ce soir, on ferme la porte à toutes les conneries, à Donald Trump. C’est notre monde

Billie Joe Armstrong

"C’est magnifique Paris, lance le chanteur de Green Day, visiblement ravi. J’en ai marre de la corruption, de la violence. Ce soir, on ferme la porte à toutes les conneries, à Donald Trump. C’est notre monde. Nous allons danser et chanter." Puis il ajoute : "C’est votre nuit". Boulevard of Broken Dreams transforme la salle en karaoké géant, le leader de Green Day s’arrêtant régulièrement pour laisser le public reprendre en chœur. Trois titres successifs tirés d’American Idiot (2004), le brûlot anti-Bush qui n’a jamais semblé autant d’actualité par ses thématiques. Mais Green Day n’oublie pas pour autant ses fans de la première heure. "Combien de fans ont découvert Green Day à l’école", demande Billie Joe avant de débuter Longview. Puis il s’arrête "Qui connaît les paroles de cette chanson ?" Il fait alors monter sur scène un spectateur en chemise noir et cravate rouge et le laisser chanter tout le titre comme une rock star !

À lire aussi

Le trio, qui est épaulé sur cette tournée par trois musiciens supplémentaires, interprète ensuite 2000 Light Years Away, une vieille pépite punk issue de Kerplunk !, leur 2e album... datant de 1991 ! Dans la salle, l’ambiance est digne d’une finale de Coupe du monde de football, en particulier sur When I Come Around, énorme tube de Dookie. Indémodable. Plus tard, Green Day renoue avec American Idiot : Are We The Waiting, St Jimmy… "Vous vous sentez bien ? demande le chanteur. Certains d’entre vous sont saouls ?" Sur Knowledge, il invite cette fois un fan à accompagner le groupe à la guitare avant de lui en offrir une !

On peut désormais lire "Green Day" en grandes lettres vertes lumineuses derrière les musiciens. King for a Day transforme l’AccorHotels Arena en une sorte de grande fiesta étudiante, Billie Joe une casquette de flic sur la tête et un sifflet dans la bouche fait le pitre, un saxophoniste portant une coiffe de pharaon l’accompagne au milieu de la fosse, puis joue Careless Whisper de George Michael ! Suit un medley de reprises : Shout des Isley Brothers, (I Can't Get No) Satisfaction, Always Look on the Bright Side of Life (Monty Python) et Hey Jude… Le chanteur de Green Day exulte : "J'aime Paris, c'est l'une des plus belles villes au monde. On vient ici depuis 1994. Paris c'est la maison pour Green Day. Je pense que l'on crée de l'unité, je pense que le rock'n'roll peut changer le monde."

Un concert survolté de 2h30 et un final étonnant

22 heures : premier rappel. Dans des lumières bleutées, le groupe dégaine American Idiot, l’hymne de l'album éponyme. "Don't wanna be an American idiot…" La communion est totale. Billie Joe, lui, n'a pas fini de se payer le nouvel hôte de la Maison Blanche, il balance un gros "Fuck You Donald Trump" accueilli par des applaudissements. Green Day enchaîne sur Jesus of Suburbia. Le groupe joue pied au plancher, étire le titre. "Ce sera notre dernier morceau ce soir". C’est évidemment faux (30 titres sont inscrits sur la setlist), un ultime rappel est prévu. Mais la tornade de décibels a fini de s’abattre, Billie Joe réapparait seul pour jouer à la guitare acoustique Ordinary World et Good Riddance (Time of Your Life). C’est beau, simple. Comme une paix retrouvée après une révolution salvatrice.

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/