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Pierre de Maere & Waxx
Crédit : RTL2
Trois ans après la sortie de son premier album Regardez-moi, Pierre de Maere mesure le chemin parcouru. Au micro de Waxx dans Foudre, l’artiste belge résume cette période comme une forme de réveil. "J’ai l’impression d’avoir tout découvert en trois ans", confie-t-il. Comme s’il avait longtemps vécu "une non-vie", avant de se réveiller avec "l’envie de tout manger, tout découvrir". Une accélération brutale, joyeuse, qui a transformé son quotidien, sa musique et son regard sur lui-même.
Pierre de Maere raconte ces dernières années comme une succession de premières fois. L’arrivée à Paris, les expériences personnelles, la tournée, les rencontres, tout s’est enchaîné très vite. Il dit avoir appris à profiter du présent, même s’il continue à rêver loin. Pendant un temps, il notait même ses journées sur dix. En relisant ces notes, il s’est aperçu qu’il y avait "plein de 9 sur 10". Une manière de constater, avec un peu de recul, que cette vie nouvelle était déjà une belle vie, et qu’elle l’est toujours.
Pierre de Maere remonte aussi à ses premiers coups de foudre musicaux. Il cite d’abord Mika, découvert enfant avec Life in Cartoon Motion, un disque qu’il juge encore aujourd’hui "parfait". Il se souvient de Love Today, de Grace Kelly, de cet album "archi bien produit" et "archi bien écrit", qu’il a écouté en boucle avant de le redécouvrir plus tard avec le même émerveillement. Il raconte aussi la relation nouée avec Mika, devenu au fil du temps un artiste proche, presque un grand frère musical.
Autre choc majeur : Stromae et Racines Carrées. Pour Pierre de Maere, c’est un album fondateur, un disque qui lui a fait comprendre à quel point la musique francophone pouvait être ambitieuse, moderne et puissante. Il admire l’audace de Stromae, la précision des textes, la force de la production. Il raconte même que les expériences musicales de Stromae l’ont poussé à télécharger Logic Pro et à se lancer sérieusement dans la production. Une révélation décisive dans son parcours.
Pierre de Maere parle aussi longuement de son rapport à la scène. Un rapport qu’il décrit comme "compliqué" ou "ambivalent". Il aime profondément être sur scène, connecter avec le public, faire des blagues, sentir l’échange. Mais il a longtemps souffert de ses limites techniques, de son exigence, de la sensation de ne pas être encore au niveau qu’il espérait. Ses débuts ont été fulgurants : très peu de live avant de se retrouver sur de grandes scènes, sans vraie préparation, sans cours de chant, sans expérience des conditions de tournée.
Il raconte des concerts "joyeusement chaotiques", sincères, vrais, mais aussi des moments de frustration. Avec le temps, pourtant, quelque chose s’est apaisé. Après des centaines de dates, il dit avoir trouvé une forme de stabilité. Aujourd’hui, il chante "juste", dit-il avec soulagement. Une bonne nouvelle pour lui, et pour son public.
L’autre grand sujet de l’entretien, c’est évidemment la suite. Pierre de Maere explique que la grande différence avec son premier album, c’est le temps. Là où il n’avait eu que quelques mois pour fabriquer Regardez-moi, il a cette fois bénéficié de trois ans. Trois ans pour écrire, produire, jeter, recommencer, accumuler des idées. Il dit avoir composé une centaine d’ébauches pour n’en garder qu’une douzaine. Un luxe, selon lui, qui lui a permis d’aller plus loin.
Ce nouveau disque sera, promet-il, plus personnel, plus profond, plus abouti. Il évoque notamment un titre d’ouverture, Mon Paradis, qui racontera l’avant et l’après coming out, et qui donnera sa cohérence au reste de l’album. Pierre de Maere assume aussi une écriture plus autobiographique. Selon lui, il est plus facile d’écrire à partir de soi, même si cela demande ensuite d’accepter de se livrer. Il parle d’un disque nourri par ce qu’il a vécu, par ses frustrations passées, par ses découvertes récentes et par une curiosité musicale devenue immense.
Au fil de la conversation, Pierre de Maere dessine aussi son autoportrait. Celui d’un artiste très exigeant, très curieux, sensible aux grandes mélodies, aux productions ambitieuses, aux chansons qui donnent envie d’aimer. Il cite Clara Luciani, Olivia Rodrigo, MGMT, Tame Impala, Air, Phoenix ou encore Christophe. Il parle de chansons comme de tableaux, de morceaux qui plongent immédiatement dans une ambiance, qui ouvrent un monde.
Ce goût du romanesque, du beau, du spectaculaire assumé, il le revendique pleinement. Il aime les chansons généreuses, les récits trop grands, les émotions franches. Et c’est sans doute ce qui ressort le plus de cet échange avec Waxx : derrière la précision du musicien et l’exigence du producteur, il y a un artiste qui veut encore s’émerveiller, tout découvrir, et continuer à vivre fort.
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