4 min de lecture

Matmatah raconte 30 ans de liberté musicale dans Foudre sur RTL2

Invités de Waxx dans Foudre sur RTL2, Stan et Eric de Matmatah reviennent sur les 30 ans du groupe, leur nouvel album de reprises, leur attachement à Brest et leur manière très instinctive de faire de la musique. Entre souvenirs de débuts, réflexion sur le live, goût du mélange et regard inquiet sur l’époque, les deux musiciens racontent un groupe qui avance sans recette, mais avec une identité intacte.

Matmatah & Waxx

Crédit : RTL2

Matmatah & Waxx interprètent "Brest même" en live dans Foudre

00:03:35

Matmatah & Waxx reprennent "Anne ma sœur Anne" de Louis Chédid en live dans Foudre

00:03:28

Bertrand Laidain

Trente ans de carrière, et toujours la même énergie. Reçus par Waxx dans Foudre sur RTL2, Stan et Eric de Matmatah dressent le portrait d’un groupe qui n’a jamais cessé d’avancer. Entre tournée, nouvel album et anniversaire prolongé sur scène, les deux musiciens racontent une aventure qui dure. "Les nouvelles vont bien", résume Eric. Matmatah est en tournée, vient de sortir un disque et continue de célébrer ses 30 ans, avec l’envie intacte de jouer plus, plus longtemps, et de prolonger la fête avec son public.

Pa de mode d’emploi

Au fil de l’entretien, Stan et Eric décrivent une méthode de travail qui n’en est pas vraiment une. Chez Matmatah, rien n’est figé. " On ne s’est pas posé de questions", répètent-ils en substance. Depuis les débuts, le groupe fonctionne à l’instinct, au mélange, à l’envie. Grunge, musique bretonne, rock, harmonies vocales, énergie live : tout s’assemble sans plan préétabli. "On a tout foutu dans un chaudron", résume Eric. Stan confirme : "On ne sait pas faire autrement". 

Cette liberté se retrouve aussi dans leur manière de composer. Il n’y a pas de recette unique, pas de schéma imposé. Une chanson peut naître d’un riff, d’une grille d’accords, d’une idée de refrain ou d’un texte. Elle peut être portée par l’un, puis transformée par les autres. Pour Brest même, par exemple, Eric raconte que Stan a envoyé un refrain qui a immédiatement donné envie d’aller plus loin. Chez Matmatah, la surprise reste un moteur essentiel.

Penser album, penser voyage

Le nouvel album occupe une place particulière dans leur parcours. Il s’agit d’un disque de reprises, donc d’un objet à part dans leur discographie. Stan parle d’un ensemble "plus foutraque que d’habitude", fait de chansons très différentes, parfois très éloignées de l’esthétique du groupe. Mais Eric insiste : malgré cette diversité, Matmatah a pensé ce disque comme un voyage. L’ordre des morceaux, leur enchaînement, leur cohérence d’ensemble ont été travaillés comme on construit un véritable album.

À écouter aussi

Cette idée du voyage revient souvent dans leurs mots. Voyage musical, voyage initiatique, voyage dans les langues, dans les styles, dans les époques. Le groupe revendique une culture de l’album, héritée d’une autre génération, même s’il observe lucidement l’évolution des usages. Aujourd’hui, disent-ils, tout pousse vers les titres isolés, les sorties rapides, les flux permanents. Eux restent attachés à l’idée d’un disque qui raconte quelque chose du début à la fin.

Brest, le live et les débuts à vingt personnes

L’entretien replonge aussi dans les premières années du groupe. Le premier concert officiel sous le nom Matmatah ? Une vingtaine de personnes dans un petit bar de Brest. Puis très vite, un basculement. En 1997, après la sortie des premiers titres, les bars prévus pour accueillir quelques dizaines de spectateurs se retrouvent débordés, avec des centaines de personnes dehors. Le groupe comprend alors qu’il se passe quelque chose.

Le live est au cœur de l’histoire de Matmatah. Eric se souvient d’un concert en centre-Bretagne où, pour la première fois, le public les applaudit dès leur montée sur scène. Un signe fort, presque un déclic. Stan, lui, raconte aussi des anecdotes plus chaotiques, comme ce concert commencé alors qu’un membre du groupe était encore aux toilettes, guitare sur les genoux. Des souvenirs drôles, mais révélateurs d’un groupe forgé dans l’urgence, la scène et l’imprévu.

Brest, justement, reste un point d’ancrage. La ville n’est pas seulement un décor ou un symbole : elle fait partie de leur identité. Stan explique qu’à Brest, ils font "partie du décor". Pas de mise à distance, pas de statut particulier : dans cette ville qu’il décrit comme un gros village, Matmatah est simplement chez lui.

Une parole libre, entre colère et vigilance

Au-delà de la musique, Stan et Eric parlent aussi du fond. De ce qu’une chanson peut porter. De ce qu’elle peut dire du monde. Ils revendiquent un goût pour les textes qui ne se contentent pas d’être légers, même quand la musique en donne l’illusion. C’est notamment ce qui les a conduits à reprendre Anne ma sœur Anne de Louis Chédid, chanson qu’ils relient à la mémoire d’Anne Frank et à la nécessité de rester vigilants face au retour de certaines idées nauséabondes.

Le groupe assume aussi une forme de regard citoyen. Stan évoque une société où "les gens se supportent de moins en moins". Eric parle d’un besoin de raconter encore des histoires, de continuer à prendre position, de ne pas laisser le terrain libre aux discours les plus violents. Chez Matmatah, la chanson reste un espace de parole, de friction, parfois de colère, mais aussi de transmission.

Trente ans plus tard, l’esprit de groupe tient toujours

Dans une époque où la technologie permet de tout faire seul, Matmatah défend encore la force du collectif. Les deux musiciens le disent sans détour : la vie de groupe est exigeante, parfois rude, mais elle reste irremplaçable. Elle oblige à composer avec les autres, à contenir son ego, à accepter la contradiction. C’est aussi ce qui fait la richesse du projet.

Cette fidélité au groupe, au live, au mélange et à une certaine idée de la chanson traverse tout l’entretien. Trente ans après ses débuts, Matmatah ne cherche pas à se figer dans une image. Le groupe continue d’explorer, de douter, de bricoler, de raconter. Et c’est peut-être là, justement, que se trouve sa vraie cohérence.

La playlist de Matmatah
L'équipe de l'émission vous recommande
À écouter aussi

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL2 comme source préférée