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Joe Newman d'Alt-J raconte ses obsessions musicales et son projet JJerome87 dans Foudre

De retour à Paris, Joe Newman ouvre une parenthèse très personnelle au micro de Waxx dans Foudre sur RTL2. Le chanteur d’Alt-J vient présenter JJerome87, un projet solo plus intime, nourri de souvenirs d’enfance, de passions musicales fondatrices et d’une écriture devenue plus libre. De la claque Spice Girls à Eric Clapton, de Jimi Hendrix à Radiohead, il raconte comment la musique a façonné sa vie — jusqu’à devenir un espace pour parler, seul, de sa fille et de lui-même.

Joe Newman & Waxx dans Foudre

Crédit : RTL2

JJerome87 (Joe Newman) et Waxx reprennent "Dancing in the Moonlight" en live dans Foudre

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JJerome87 (Joe Newman) et Waxx interprètent "Brush Me Like A Horse" en live dans Foudre

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Foudre : JJerome87 (Joe Newman)

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Bertrand Laidain

Joe Newman le dit d’emblée : revenir à Paris lui fait du bien. Avec Alt-J, il y est venu souvent, et il garde un souvenir fort de l’accueil français. Cette fidélité du public compte au moment de défendre JJerome87, son nouveau projet solo. Pour lui, cette nouvelle aventure est à la fois une expérience excitante et une mise à l’épreuve, presque un nouveau départ face à un public qu’il connaît déjà, mais dans un autre costume.

Les premiers chocs : des Spice Girls à Eric Clapton

Quand Waxx lui demande son premier coup de foudre musical, Joe Newman remonte à l’enfance. Il cite sans détour les Spice Girls, et plus précisément Emma Bunton. Il se souvient de Wannabe, de l’énergie du groupe, de son charisme, de cette pop anglaise qu’il juge encore majeure. Il raconte aussi, avec humour, ses posters échangés avec un ami fan de Geri Halliwell. Derrière l’anecdote, il y a déjà quelque chose de sérieux : la sensation qu’une chanson peut s’imposer dans une vie.

Puis vient un autre choc, plus profond encore : Eric Clapton. Joe Newman évoque Layla et surtout Tears in Heaven, qu’il considère comme l’une des chansons les plus impressionnantes qu’il ait entendues. Il explique qu’enfant, il ne comprenait pas encore tout de son histoire, mais il percevait déjà sa beauté et sa puissance. En découvrant plus tard le drame intime qui entoure le morceau, il comprend que la musique peut relier les gens à une émotion immense, presque sismique. Pour lui, c’est un basculement : la musique cesse d’être un simple décor et devient une force capable de bouleverser un monde intérieur.

Hendrix, l’anomalie absolue

Dans l’entretien, Joe Newman revient longuement sur Jimi Hendrix, qu’il décrit comme une "anomalie". Il admire chez lui tout à la fois : le charisme, la virtuosité, la vision, l’attitude, la singularité. Il va jusqu’à dire qu’il échangerait n’importe laquelle de ses chansons contre une chanson d’Hendrix. Ce n’est pas seulement l’admiration d’un musicien pour un autre : c’est la reconnaissance d’une forme d’absolu artistique.

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Pour Joe Newman, Hendrix reste une étoile qui brûle encore aujourd’hui. Même des décennies plus tard, sa musique conserve une puissance intacte. Il imagine volontiers que si un morceau d’Hendrix sortait aujourd’hui comme celui d’un nouvel artiste, tout le monde comprendrait immédiatement que "le game est plié". Cette fascination dit beaucoup de son propre rapport à la création : chercher quelque chose de rare, de vivant, d’irréductible.

Les années 90, le trip-hop et la révélation Radiohead

Autre territoire essentiel dans sa formation : les années 90. Joe Newman parle avec passion du trip-hop anglais, de Portishead, Massive Attack, de cette manière de mêler beats inspirés du hip-hop, voix indie, cordes et atmosphères sophistiquées. Il y voit une période très forte, émotionnellement avancée, qui l’a profondément marqué.

Dans le prolongement de cette esthétique, il cite aussi le travail de Nigel Godrich avec Radiohead. Kid A, Amnesiac, In Rainbows : autant d’albums qui l’ont accompagné et qui ont nourri sa manière d’écouter et de penser la musique. Il raconte même avoir associé Kid A à ses lectures, notamment Northern Lights de Philip Pullman, au point de créer une véritable mémoire sensorielle entre musique, littérature et imaginaire. Chez lui, les chansons ne vivent jamais seules : elles se mêlent aux livres, aux odeurs, aux souvenirs.

Écrire seul, enfin

L’un des moments les plus forts de l’entretien concerne l’écriture. Joe Newman raconte qu’il écrit depuis l’adolescence, mais qu’il a longtemps été freiné par le doute et le manque de confiance. Alt-J lui a permis de dépasser cela. Le groupe l’a poussé à chanter publiquement, à croire en ses idées, à assumer sa voix. Il raconte même qu’avant cela, il attendait que toute sa famille quitte la maison pour oser chanter seul.

Avec le temps, cette confiance s’est installée. Et JJerome87 arrive à un moment où il se sent prêt à porter seul des chansons plus personnelles. Il explique que ce projet lui permet de parler de sa fille, de sa naissance, de sa relation avec elle, des sujets qu’il n’aurait pas voulu exposer de la même manière dans le cadre collectif d’un groupe. Cette liberté nouvelle n’est pas une rupture avec Alt-J, mais l’aboutissement d’un chemin.

La chanson comme un mystère

Joe Newman parle aussi très concrètement de son processus d’écriture. Souvent, tout commence par un riff de guitare, une mélodie, quelques mots provisoires. Puis la chanson se construit peu à peu, parfois en gardant des éléments nés presque par hasard. Il insiste sur cette part de mystère : on ne sait jamais vraiment d’où vient une chanson, ni pourquoi telle phrase reste, ni comment une intuition devient un morceau fini.

C’est ce qu’il raconte à propos de Track & Field, mais aussi d’autres chansons d’Alt-J ou de JJerome87. Pour lui, écrire revient souvent à avancer à l’aveugle, guidé par l’instinct. Il compare cela à une forme de travail patient, presque artisanal, où l’on découvre après coup ce que l’on était en train de chercher.

Une carte blanche entre reprises et filiations

Au fil de l’émission, Joe Newman déroule aussi sa cartographie intime des chansons. Il choisit JCB Song de Nizlopi, souvenir d’adolescence lié à ses premiers émois et à ses premières projections de futur musicien. Il cite aussi Untitled in B Flat Major de Skinwigs, morceau qu’il admire pour sa simplicité apparente et sa profondeur réelle.

Enfin, il termine avec Dancing in the Moonlight, qu’il rappelle être à l’origine une chanson de Thin Lizzy, reprise ensuite par Toploader. C’est cette version-là qu’il choisit de revisiter avec Waxx. Une manière de boucler l’entretien avec une chanson populaire, lumineuse, traversée elle aussi par la mémoire, les transmissions et les réinventions.

La playlist de Joe Newman
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