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Ronnie Wood décrypte "Foreign Tongues", le nouveau disque des Rolling Stones : "La musique est un langage universel"

À l'aube de la sortie de "Foreign Tongues", le 25e album studio des Rolling Stones, le légendaire guitariste Ronnie Wood s'est longuement confié au micro de Marjorie Hache ce jeudi 2 juillet. Entre les coulisses de ce nouveau disque produit par Andrew Watt, des hommages poignants aux icônes disparues, et un regard nostalgique sur l'industrie musicale des années 60 face aux dérives de l'intelligence artificielle, l'artiste prouve que la flamme du rock'n'roll brûle toujours en lui. L'occasion également pour le musicien d'annoncer son grand retour sur scène en solo, avec un concert événement prévu à l'Olympia le 5 septembre prochain.

Ron Wood & Marjorie Hache

Crédit : RTL2

INTERVIEW - Ronnie Wood dans RTL2 Pop-Rock Station (02/07/26)

00:59:24

Bertrand Laidain

Le 10 juillet prochain, les Rolling Stones dévoileront Foreign Tongues, un album dont le titre, selon Ronnie Wood, est avant tout une formidable excuse pour jouer avec différentes langues sur la pochette du disque, lui qui avoue préférer consacrer son temps à la peinture et à la guitare plutôt qu'à l'apprentissage linguistique. La couverture, signée par l'artiste Nathaniel Mary Quinn et représentant un personnage déstabilisant surnommé "Monsieur Moche", témoigne de l'ouverture d'esprit du groupe, Wood soulignant qu'il fallait "donner sa chance" à cet artiste croisé à New York. 

Mais c'est surtout musicalement que le groupe continue d'impressionner. Interrogé sur le secret de leur longévité et de leur énergie à près de 80 ans, le guitariste répond avec humour que la clé réside dans l'abondance de solos, avouant même rendre Mick Jagger complètement fou à force d'en réclamer toujours plus sur les morceaux. Cette dynamique revigorante doit aussi beaucoup à leur nouveau producteur, Andrew Watt. Avec sa vision jeune, ses deadlines et sa spontanéité, il a su recréer pour les Stones l'effervescence de l'époque de Jimmy Miller. Fini le rythme d'un album tous les dix ans : Watt les a poussés à se dépasser, élevant encore le niveau après Hackney Diamonds.

Des influences country assumées et des hommages vibrants

Si le blues de Muddy Waters et de Howlin' Wolf reste l'ADN des Stones, Foreign Tongues s'aventure également sur les terres de la country, notamment avec le titre Ringing Hollow. Pour Ronnie Wood, ce n'est pas une surprise : la country a toujours eu une place de choix dans le cœur du groupe. Il rappelle avec enthousiasme que Nashville est devenu le « nouvel Hollywood » et évoque les influences fondatrices de pionniers comme Hank Williams sur Mick Jagger et Keith Richards

Mais le disque regarde aussi du côté de l'Angleterre avec une reprise inattendue du célèbre You Know I'm No Good d'Amy Winehouse. Le guitariste est plein d'admiration pour la regrettée chanteuse londonienne, qu'il qualifie de génie parti trop tôt et qu'il n'hésite pas à placer dans la même lignée que Billie Holiday. À travers cette reprise, les Stones ont souhaité continuer à la faire vivre musicalement.

L'émotion à l'état pur face à la perte des géants de la musique

L'enregistrement de l'album à l'été 2025 a également été marqué par des tragédies avec les disparitions successives de Brian Wilson des Beach Boys et de Sly Stone. Cet enchaînement a profondément bouleversé Ronnie Wood. Il raconte avoir trouvé cela tellement injuste qu'en studio, submergé par l'émotion, il a improvisé un solo de guitare déchirant de neuf minutes. "La guitare s’est quasiment jouée toute seule", confie-t-il, se souvenant que cette prestation a même tiré des larmes à leur producteur Andrew Watt. 

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Bien qu'il n'ait jamais rencontré Brian Wilson personnellement, Wood ressentait une connexion intime avec ses mélodies qu'il jugeait "intouchables". Et si le groupe a accepté d'utiliser l'Intelligence Artificielle de manière ludique pour réaliser le clip de leur titre In The Stars, Ronnie Wood trace une ligne rouge très claire quant à son utilisation dans le processus créatif. Hors de question pour lui de laisser une machine composer : il se dit bien trop occupé à jouer de la guitare pour de vrai et à créer par lui-même pour s'enfermer dans un processus artificiel.

Une nostalgie des années 60 et un retour en solo très attendu

En se replongeant dans ses souvenirs des années 60, Ronnie Wood ne cache pas une certaine amertume concernant l'industrie musicale actuelle. Il se remémore une époque où l'ambition se résumait à monter un groupe de garage inspiré par Buddy Holly, qu'il considère comme le "Mozart" de son époque, et où l'on pouvait gravir les échelons à son propre rythme en écumant les petits clubs. Aujourd'hui, il s'attriste de voir les jeunes groupes privés de cet "entre-deux", condamnés soit à jouer devant des salles vides, soit à être propulsés devant des millions de téléspectateurs via des télé-crochets. 

Conscient de sa chance d'avoir toujours été au bon endroit au bon moment pour réaliser son rêve d'intégrer les Stones, le musicien de 79 ans n'en oublie pas pour autant sa propre carrière. Estimant que ses albums en solitaire sont souvent passés inaperçus, il a décidé de remédier à cela en reprenant la route en solo pour la première fois depuis 16 ans. Ses fans français auront d'ailleurs le privilège de le retrouver sur la scène de l'Olympia le 5 septembre prochain pour célébrer avec lui plus d'un demi-siècle d'histoire du rock.

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