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Graham Coxon de Blur présente son nouvel album solo dans RTL2 Pop-Rock Station

Invité de Marjorie Hache dans RTL2 Pop-Rock Station lundi 22 juin, Graham Coxon est revenu sur la sortie tardive de "Castle Park", album enregistré en 2011 et resté inédit pendant quinze ans. Le guitariste de Blur y revendique un disque imparfait, très marqué par les années 60, tout en évoquant ses influences, ses souvenirs de studio et un morceau plus intime dédié à une amie disparue.

Graham Coxon & Marjorie Hache

Crédit : RTL2

INTERVIEW - Graham Coxon dans RTL2 Pop-Rock Station (22/06/26)

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Bertrand Laidain

À l’occasion de la sortie de Castle Park, Graham Coxon s’est confié au micro de Marjorie Hache dans RTL2 Pop-Rock Station. Le guitariste de Blur a raconté pourquoi cet album solo, enregistré en 2011 au moment de A+E, n’avait jamais vu le jour jusqu’ici. À l’époque, explique-t-il, une dizaine de chansons étaient restées en suspens, sans véritable destination. L’un de ses autres disques venait de sortir, et il ne savait tout simplement pas quoi faire de ces morceaux. Alors l’album est resté de côté, oublié pendant des années, au fil d’autres projets, du retour de Blur et d’un contexte musical qui a changé.

Graham Coxon raconte avoir un temps pensé attendre que cette musique redevienne à la mode, avant de reconnaître avec humour qu’il ne croit pas vraiment à ce retour. Ce qui l’intéresse aujourd’hui, c’est justement le caractère singulier de ce disque. Castle Park porte selon lui une forme d’imperfection qu’il revendique pleinement. Il parle d’un album "de son temps", avec une couleur ancienne, sans correction excessive, sans recherche de perfection technique. C’est aussi ce qui fait son charme : un son brut, direct, qui n’essaie pas de lisser les aspérités.

Un album aux accents mod et 60’s

Au cours de l’entretien, Graham Coxon décrit Castle Park comme un disque à part dans sa discographie, davantage tourné vers une esthétique indie old school et des influences très marquées par les années 60. Marjorie Hache souligne d’ailleurs cette tonalité immédiatement perceptible, entre pop britannique, esprit mod et goût pour les guitares. L’artiste acquiesce : oui, les guitares sont toujours là dans la musique d’aujourd’hui, mais cet album-là regarde clairement vers une autre époque, avec une identité plus rétro et plus artisanale.

Cette couleur se retrouve notamment dans Billy Says, premier extrait mis en avant dans l’émission. Un titre que les fans connaissaient déjà en partie, et qui donne le ton de ce disque longtemps resté dans l’ombre. Coxon insiste aussi sur l’état d’esprit dans lequel il se trouvait au moment de l’enregistrement. Il se souvient d’une période heureuse, très productive, durant laquelle il avait composé une vingtaine de chansons réparties presque naturellement en deux ensembles distincts. Il vivait alors à Canterbury, dans le Kent, et faisait les allers-retours jusqu’au studio à moto. Un souvenir très concret, presque cinématographique, qu’il associe à un moment de liberté et de plaisir.

Talk Talk, Pink Floyd et la musique comme état méditatif

Comme le veut la tradition de Pop-Rock Station, Graham Coxon avait aussi choisi plusieurs morceaux pour les auditeurs de RTL2. L’occasion pour lui de revenir sur quelques-unes de ses influences majeures. Parmi elles, Talk Talk occupe une place importante. En évoquant Merman, extrait du dernier album du groupe, il parle d’une musique lente, étirée, presque suspendue, avec un long final de cordes qu’il trouve bouleversant. Ce qu’il aime, dit-il, c’est cette capacité qu’ont certains morceaux à installer un état méditatif.

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Cette dimension contemplative, il la retrouve aussi chez Pink Floyd, autre référence essentielle pour lui. Graham Coxon dit admirer tout particulièrement Syd Barrett, dont il aime l’innocence étrange, la manière d’écrire des chansons qui ressemblent presque à des comptines, tout en restant profondément psychédéliques. Il y voit quelque chose de romantique, de naïf au sens noble, peuplé d’images pastorales et de visions décalées. Une sensibilité qui éclaire aussi sa propre manière d’aborder la pop : avec un goût pour les atmosphères, les accidents, les sensations plus que pour la démonstration.

Une confidence intime autour de "Mélodie pour Christine"

L’un des moments les plus touchants de l’entretien arrive lorsque Marjorie Hache l’interroge sur Mélodie pour Christine, pièce instrumentale présente sur Castle Park. Graham Coxon révèle alors que Christine était une amie très proche, française, issue de son cercle d’amis de jeunesse, aujourd’hui disparue. Le morceau est né d’abord sous une forme très dépouillée, presque néoclassique, avant d’être enrichi d’arrangements de cordes et de harpe.

Il explique aussi avoir fait appel à son amie Lucy pour certaines parties vocales, avec l’idée de retrouver une couleur proche d’un chœur de garçons. Pour lui, cette composition était une manière simple et juste d’honorer la mémoire de quelqu’un qu’il considérait comme formidable. Dans un album déjà traversé par la nostalgie et le temps long, ce morceau apporte une profondeur supplémentaire, plus personnelle, plus intime aussi.

Blur en filigrane, entre mélancolie et souvenirs de studio

Impossible, bien sûr, de recevoir Graham Coxon sans évoquer Blur. Marjorie Hache lui a demandé de choisir un titre du groupe, et il a retenu 1992. Un choix qui lui permet de saluer le talent de Damon Albarn pour les progressions d’accords et de revenir sur la mélancolie très anglaise qu’il perçoit dans cette chanson. Il se souvient aussi avec précision du travail de mixage avec William Orbit, notamment de ce son de guitare poussé jusqu’à une forme d’explosion finale. Un souvenir de studio très vivant, qu’il raconte avec gourmandise.

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