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Ed O’Brien de Radiohead dans RTL2 Pop-Rock Station : "Je ne me cache plus"

À l’occasion de la sortie de "Blue Morpho", son deuxième album studio, Ed O’Brien était l’invité de Marjorie Hache dans RTL2 Pop-Rock Station. Le guitariste de Radiohead y a défendu un disque plus personnel, inspiré par son installation au Brésil, son rapport à la nature et une forme d’apaisement intérieur. Il est aussi revenu sur sa carrière, sur la place du live dans Radiohead, sur les difficultés des jeunes groupes britanniques depuis le Brexit et sur son envie de retrouver la scène française.

Ed O'Brien & Marjorie Hache

Crédit : RTL2

INTERVIEW - Ed O'Brien dans RTL2 Pop Rock Station (25/05/26)

00:38:58

Bertrand Laidain

Avec Blue Morpho, Ed O’Brien assume pleinement une nouvelle étape de son parcours. Techniquement, il s’agit de son deuxième album studio, mais aussi du premier publié sous son nom complet. Un détail qui dit beaucoup de son état d’esprit. Au micro de Marjorie Hache, le musicien explique avoir gagné en assurance et avoir cessé de se préoccuper du regard des autres. "Je ne me cache plus", résume-t-il. Une manière de dire que ce disque marque une affirmation personnelle autant qu’artistique, après un premier essai solo lancé dans un contexte particulièrement compliqué, celui du confinement de 2020. 

Un disque né d’un moment brésilien

Le titre Blue Morpho renvoie à un papillon, mais surtout à une image fondatrice. Ed O’Brien raconte ce souvenir de son arrivée au Brésil avec sa famille, après avoir quitté Londres en novembre. À la tombée de la nuit, dans un environnement proche de la forêt tropicale, il découvre une lumière, des insectes, une vie nocturne foisonnante, et parmi eux ce fameux papillon bleu. Pour lui, le morceau comme l’album capturent cette sensation très précise, presque physique, d’un basculement vers un autre monde. Le Brésil apparaît ici comme un territoire intime, sensoriel, qui a profondément nourri son écriture et son imaginaire. 

Nature, méditation et recherche d’équilibre

Au fil de l’entretien, Ed O’Brien insiste sur la place centrale de la nature et de la méditation dans son quotidien comme dans sa musique. Il explique y trouver une manière de gérer le stress, de traverser les périodes intenses et de retrouver une forme d’unité intérieure. Dans Blue Morpho, cela se traduit jusque dans les textures sonores, avec des ambiances organiques et des sons d’oiseaux qui prolongent cette quête de présence au monde. Le morceau Sweet Spot s’inscrit dans cette même logique : il évoque ces instants rares où le temps semble suspendu, dans la nature comme dans l’amour, quand une émotion très forte saisit soudainement tout l’être.

Des influences larges, du psychédélisme à la soul

Ed O’Brien a également profité de l’émission pour partager plusieurs de ses inspirations. Il cite une période musicale qui l’obsède particulièrement, celle qui va de la fin des années 1960 au milieu des années 1970, quand les frontières entre jazz, blues, rock, psychédélisme et funk semblaient plus poreuses. Il évoque notamment Minnie Riperton et l’arrangeur Charles Stepney, qu’il admire profondément, mais aussi le collectif Sault, qu’il considère comme l’une de ses grandes références récentes. Parmi les artistes qu’il recommande aussi, figurent Cleo Sol, pour la simplicité et la beauté de ses disques, ainsi que le pianiste islandais Víkingur Ólafsson, symbole de son retour passionné vers la musique classique ces dernières années. 

Radiohead, le live avant tout

Impossible, évidemment, de recevoir Ed O’Brien sans parler de Radiohead. Le musicien se montre très clair : il n’est pas question, à ce stade, d’un nouvel album du groupe. Selon lui, les discussions portent uniquement sur les concerts. Il rappelle aussi que Radiohead réfléchit depuis longtemps à une manière plus soutenable de tourner, avec moins de dates, davantage concentrées, pour préserver l’intensité émotionnelle des performances. "Less is more", dit-il en substance. Faire moins de concerts permettrait selon lui de mieux donner chaque soir au public, sans épuisement inutile. Une réflexion qui touche autant à la santé du groupe qu’à une certaine idée de l’exigence artistique. 

Le Brexit, les jeunes groupes et le retour espéré en France

Ed O’Brien élargit aussi le propos à l’état de la scène musicale britannique. Il juge le Brexit "terrible" pour les jeunes groupes, qui ne peuvent plus circuler aussi facilement en Europe qu’auparavant. Là où il était autrefois simple pour un groupe britannique de venir jouer en France, les obstacles sont désormais bien plus nombreux. Une situation qu’il regrette vivement. Lui-même affirme d’ailleurs son envie de revenir jouer en France, que ce soit en solo ou avec Radiohead. Cette actualité prend un relief particulier alors qu’il présentera Blue Morpho sur scène à la Salle Pleyel, le 8 octobre 2026, dans un format annoncé comme immersif, entouré de plusieurs musiciens ayant participé à l’album, dont Dave Okumu et ESKA. 

Un album de transition, entre affirmation et ouverture

À travers cet échange, Blue Morpho apparaît comme bien plus qu’un simple nouveau disque solo. C’est un album de transition, au sens le plus fort du terme : transition artistique, parce qu’Ed O’Brien y affirme une identité propre, loin de l’ombre de Radiohead ; transition personnelle, parce qu’il y parle d’ancrage, de respiration, de déplacement et de confiance retrouvée. Entre psych-folk, textures plus atmosphériques et élans introspectifs, le musicien britannique dessine un projet cohérent, habité, qui prolonge son parcours tout en ouvrant une nouvelle page.

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