5 min de lecture

Joe Elliott veut emmener Def Leppard plus haut avec "Rejoice"

Invité de Marjorie Hache dans RTL2 Pop-Rock Station ce jeudi 7 mai 2026, Joe Elliott a évoqué le retour de Def Leppard avec le single "Rejoice", la préparation d’un nouvel album encore en chantier et le concert événement du groupe à l’Accor Arena de Paris le 8 juillet prochain. Le chanteur britannique a aussi replongé dans l’histoire du groupe, entre souvenirs de studio, influences fondatrices et découvertes musicales plus inattendues.

Joe Elliott de Def Leppard & Marjorie Hache

Crédit : RTL2

INTERVIEW - Joe Elliott de Def Leppard dans RTL2 Pop Rock Station (07/05/26)

00:35:15

Bertrand Laidain

Joe Elliott l’assume pleinement, Def Leppard ne cherche pas à faire de la musique à message politique. Au micro de Marjorie Hache, le chanteur explique que son groupe se voit avant tout comme "une bande d’escapistes", attachée à offrir au public une forme d’évasion. C’est précisément l’esprit de Rejoice, leur nouveau titre, pensé comme une invitation à quitter la morosité ambiante pour aller vers quelque chose de plus lumineux. Le morceau s’ouvre d’ailleurs sur une formule explicite, "I’m bored of boredom" ("je suis annuyé par l'ennui"), comme un manifeste contre l’ennui et la pesanteur du quotidien.

Pour Joe Elliott, cette chanson résume bien ce que Def Leppard veut encore provoquer aujourd’hui : un élan, une énergie, une sensation de plaisir immédiat. Le chanteur dit espérer que c’est exactement ce que les auditeurs attendent d’un groupe comme le leur. Une manière de rappeler que, malgré les décennies, Def Leppard reste fidèle à une ligne claire : faire vibrer, faire chanter, faire lever les yeux.

Un nouvel album en préparation, sans calendrier forcé

Rejoice est aussi le premier aperçu d’un futur album. Joe Elliott confirme qu’un nouveau disque est bien en préparation, même s’il n’est pas encore terminé. Le groupe a néanmoins choisi de dévoiler ce morceau dès maintenant, tant l’envie de le jouer sur scène était forte. Le titre a d’abord été intégré à la résidence donnée à Las Vegas, avant de suivre Def Leppard sur d’autres dates, notamment en Inde puis sur la tournée européenne qui passera par Paris le 8 juillet prochain .

Le chanteur insiste sur un point : chez Def Leppard, il n’a jamais été question de sortir un album pour respecter une échéance. Il reconnaît qu’un rythme de trois ans entre chaque disque serait idéal, mais rappelle que le prochain arrivera sans doute cinq ans après Diamond Star Halos. Entre-temps, le groupe a tout de même publié Drastic Symphonies, projet orchestral qui revisitait plusieurs de ses morceaux. Aujourd’hui, Joe Elliott revendique une méthode simple : les chansons doivent exister naturellement, sans être forcées. "On termine quand c’est terminé", résume-t-il en substance. Une philosophie qui, selon lui, garantit des titres plus sincères et plus solides.

Las Vegas, Paris et la scène comme terrain de jeu

En début d’entretien, Joe Elliott est revenu sur la résidence de Def Leppard au Caesars Palace de Las Vegas, lancée en 2026. Il parle d’une expérience "vraiment fantastique", avec une semaine de répétitions puis cinq semaines de concerts dans un même lieu. Une stabilité rare pour un groupe habitué aux tournées, et qui leur a permis de construire un spectacle différent. Le chanteur raconte avec humour que, cette fois, les seules choses qui attendaient le groupe sous la scène n’étaient pas des groupies, mais un système hydraulique chargé de les faire surgir depuis le sous-sol "comme un boys band".

À écouter aussi

Au-delà de l’anecdote, cette résidence a surtout permis à Def Leppard de renouveler sa setlist. Joe Elliott souligne qu’ils y ont joué des morceaux absents de leurs concerts depuis vingt ans, et même une chanson qu’ils n’avaient pas interprétée depuis trente-trois ans. Cette liberté, dit-il, est propre à Vegas, un endroit où l’on peut expérimenter davantage. Et c’est aussi cet esprit que le groupe veut emmener à Paris. À l’Accor Arena, le 8 juillet, le public peut s’attendre à entendre les grands classiques, mais aussi des nouveautés comme Rejoice et des titres plus rares, à l’image de White Lightning. Car pour Joe Elliott, si la production, les lumières et les écrans comptent, "au bout du compte, tout est une question de chansons".

Les coulisses d’"Animal", un morceau devenu essentiel

Parmi les titres du répertoire de Def Leppard évoqués pendant l’émission, Animal occupe une place particulière. Choisi par Joe Elliott dans la programmation, ce morceau sorti en 1987 sur l’album Hysteria a longtemps été considéré comme l’un des plus complexes à finaliser. Le chanteur nuance toutefois cette réputation : selon lui, la difficulté ne venait pas de l’écriture elle-même, puisque la mélodie et les grandes lignes existaient déjà, mais plutôt du travail de production autour du morceau.

Il raconte avoir enregistré les voix à Paris, dans un studio situé à quelques minutes des Champs-Élysées. À ce moment-là, la chanson ne sonnait pas encore comme le groupe le souhaitait. Mais la performance vocale lui plaisait, ainsi qu’au producteur Mutt Lange et au reste du groupe. Ils ont donc choisi de conserver cette prise et de reconstruire l’instrumentation autour. Une décision décisive, qui a permis à Animal de trouver sa forme définitive. Joe Elliott rappelle aussi que le titre est devenu leur premier véritable tube au Royaume-Uni, entrant dans le top 10 dix ans après la formation du groupe. Une étape majeure dans l’histoire de Def Leppard.

David Bowie, Mott The Hoople, T. Rex : les racines

L’entretien a aussi permis à Joe Elliott de revenir sur ses influences fondatrices. Il cite d’abord Mott The Hoople et All the Young Dudes, chanson qu’il considère comme l’une de ses préférées de tous les temps. Il explique qu’il admirait déjà le groupe avant ce morceau, mais que le titre écrit par David Bowie a tout changé, au point de devenir, selon lui, une sorte d’hymne générationnel pour tous ceux qui gravitaient autour de l’univers de Bowie, Roxy Music ou T. Rex.

Autre référence essentielle : Marc Bolan et T. Rex. Joe Elliott décrit le chanteur comme sa première véritable idole pop. Il se souvient de l’arrivée de la télévision couleur chez lui, au moment où Top of the Pops diffusait ces performances flamboyantes qui ont marqué toute une époque. S’il reconnaît l’importance de Get It On, il avoue avoir une affection particulière pour Metal Guru, chanson associée à un moment très précis de sa jeunesse. Quant à David Bowie, qu’il a rencontré à plusieurs reprises, Joe Elliott en garde le souvenir d’un homme élégant, drôle et toujours très respectueux. Une idole qui, dit-il, n’a pas déçu.

Des coups de cœur inattendus et une curiosité intacte

Joe Elliott ne s’est pas contenté de parler du passé. Il a aussi partagé quelques enthousiasmes plus récents, preuve que sa curiosité musicale reste intacte. Parmi eux, le groupe québécois Angine de poitrine qu’il dit avoir découvert pendant sa résidence à Las Vegas grâce à un lien envoyé par quelqu’un de son entourage. D’abord intrigué, presque déconcerté, il raconte avoir fini par être conquis par l’originalité du groupe, son côté étrange, très progressif, et surtout par le niveau de ses musiciens.

Autre recommandation : The Struts, groupe qu’il apprécie autant pour ses chansons que pour son énergie. Joe Elliott estime que leur chanteur Luke Spiller peut rappeler Freddie Mercury, tandis que le groupe dans son ensemble évoque parfois Slade. Mais au-delà des comparaisons, il insiste sur la qualité de leur écriture et sur le plaisir qu’il a eu à partager l’affiche avec eux. Une manière de montrer que, même après des décennies de carrière, le frontman de Def Leppard continue d’écouter, de chercher et de s’enthousiasmer.

L'équipe de l'émission vous recommande
À écouter aussi

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL2 comme source préférée