4 min de lecture Rédacteur en chef

EN IMAGES - Shepard Fairey, le street-artist rebelle devenu businessman avec "Obey"

RÉDAC' CHEF INVITÉ - Gérald De Palmas est rédacteur en chef d'un jour sur RTL2.fr. Amateur de street-art, le chanteur a voulu mettre en avant l'artiste Shepard Fairey qui s'est fait connaître avec "Hope", le portrait iconique en bleu, rouge et noir de Barack Obama.

Shepard Fairey au pied de la Tour Eiffel, pour une installation éphémère à l'occasion de la journée d'action pour le climat, en novembre 2015 Crédits : JOEL SAGET / AFP | Date : 23/06/2016
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Shepard Fairey au pied de la Tour Eiffel, pour une installation éphémère à l'occasion de la journée d'action pour le climat, en novembre 2015 Crédits : JOEL SAGET / AFP | Date : 23/06/2016
Le fameux logo "Obey Giant" imaginé par Shepard Fairey à la fin des années 80 Crédits : Capture d'écran/Instagram/ObeyGiant | Date : 23/06/2016
"Hope", portrait de Barack Obama réalisé par Shepard Fairey en 2008, qui lui a valu une renommée mondiale Date : 23/06/2016
"Hope", poster en soutien au mouvement anti-capitaliste Occupy, en 2011 Date : 23/06/2016
Fresque réalisée dans le 13e arrondissement de Parispar Shepard Fairey et son équipe Crédits : Capture d'écran/Instagram/ObeyGiant | Date : 23/06/2016
Une autre fresque de Shepard Fairey dans le 13e arrondissement de Paris, en soutien aux causes écologiques Crédits : Capture d'écran/Instagram/ObeyGiant | Date : 23/06/2016
Première fresque réalisée par Shepard Fairey dans le 13e arrondissement de Paris Crédits : Capture d'écran/Instagram/ObeyGiant | Date : 23/06/2016
Casquette Obey, 20 euros Crédits : Capture d'écran/ObeyGiant | Date : 23/06/2016
Pull Obey, 30 euros Crédits : Capture d'écran/ObeyGiant | Date : 23/06/2016
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MorganeGiuliani
Morgane Giuliani

Vous avez sans doute déjà croisé quelqu'un, généralement entre 15 et 35 ans, portant une casquette ou un T-shirt avec un énorme logo rouge ou blanc, encadré, disant "Obey" ("Obéis" en français). Il s'agit d'une marque de vêtements créée et dirigée par Shepard Fairey, un Américain de 46 ans. Avant d'habiller les jeunes rebelles urbains au porte-monnaie en général plutôt bien fourni, Shepard Fairey s'est fait connaître en tant que street-artist engagé.

Gérald de Palmasrédacteur en chef d'un jour sur RTL2.fr, a voulu mettre son travail en avant. Il l'a découvert il y a quelques années, à l'époque où il se rendait régulièrement à New-York. "Il faut se méfier un peu quand même, parce qu'il fait des T-shirts et des shorts. Mais ça n'empêche pas que le mec est talentueux", plaisante le chanteur français, qui réfléchit beaucoup aux dynamiques de société. Quand tu es artiste, philosophe, tu peux avoir des périodes vraiment connectées, où ce que tu fais est vraiment beau. Puis tu peux paumer le truc, être pris par le système, l'argent, mais ça n'empêche pas ce que tu as fait au moment où tu étais dans un bon état était intéressant."

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Un lutteur français à l'origine d'un empire

Pour Shepard Fairey, tout a donc commencé dans la rue, un skate à la main. Dès ses 14 ans, il dessine T-shirts et skateboards, dans sa Caroline du Sud natale. Il intègre une école de design proche de New York en 1989 et c'est à cette époque qu'il réalise son premier gros coup. Cocorico : il s'intéresse à André the Giant, surnom donné à André Roussimoff, lutteur français des années 1970 à l'allure très imposante (235 kilos pour 2,24m de haut). Il décline son expression patibulaire sous forme de stickers et posters.

Spotted in Toronto. Photo:@obeyclothing. #shepardfairey #obeygiant #obeyclothing #toronto

Une photo publiée par Shepard Fairey (@obeygiant) le

D'abord collés dans l'Est des États-Unis, ils finissent par envahir le monde entier, au début des années 1990. Shepard Fairey réunit alors d'autres étudiants de son école pour former le mouvement André the Giant Has a Posse. En 1994, celui-ci devient la campagne Obey Giant, pour des raisons d'ordre légale (la marque André The Giant appartenait à une firme sportive) et en référence au panneau "Obey" visible dans le film They Live (1988), de John Carpenter.
Avec Obey, Shepard Fairey réalise un gros coup. Sous cette injonction forte, peut-être la plus autoritaire qui soit, il lance un vaste appel à la rébellion. Il démontre ainsi que le street art peut aussi être engagé. 

Penchant mercantile

L'autre idée de génie de l'Américain est de ne plus se contenter de pochoirs, peintures murales et affiches sérigraphiées. Il décline l'esprit Obey en marque, aussi contradictoire que cela puisse paraître. Vêtements, accessoires et éléments de décoration se parent de ce logo revendicatif, avec une iconographie singulière. Le public avide de marquer sa singularité ne tarde pas à se l'arracher. 

À ce jour, Obey est une entreprise florissante et s'est déclinée pour s'adapter aux tendances. On est même souvent proche de l'esprit jeune urbain branché d'American Apparel. Comptez environ 150 euros pour une tenue complète.

Shepard Fairey vend aussi son art. Sur son site ou dans des galeries. Il expose du 24 juin au 30 juillet à la galerie Itinerrances, à Paris. Lui et son équipe réalisent aussi des fresques murales géantes sur commande d'entreprises privées, ou de villes. À Paris, ils ont déjà peint 3 fresques géantes dans le 13e arrondissement, sur des façades de bâtiments HLM. La plus récente, terminée en mai, représente Marianne et la devise de la France (visible ci-dessus). La deuxième est consacrée à la lutte pour l'environnement. La première, réalisée en 2012, se trouve au niveau de la station de métro Nationale. 

Soutien de Barack Obama

Shepard Faorey n'a donc pas totalement vendu son âme aux sirènes du capitalisme. En 2008, il atteint une renommée internationale en signant un portrait de Barack Obama, alors en course pour l'élection présidentielle américaine. Le menton haut, le regard déterminé, stylisé dans des couleurs bleues, rouges, jaune et noires, siglées du slogan "Hope" ("Espoir"), l'affiche devient rapidement symbolique de la campagne du candidat démocrate. Il est visible dans le diaporama au début du papier.

Shepard Fairey en distribue plus de 300.000 autocollants et 500.000 affiches, et Barack Obama lui adresse même une lettre de remerciement : "Les messages politiques impliqués dans votre travail ont encouragé les Américains à croire qu'ils peuvent changer le status-quo. Vos images ont un effet profond sur les gens, qu'ils les voient dans une gallerie ou à un panneau d'arrêt.

Ce poster de Barack Obama est devenu l'un des repères du travail de Shepard Fairey. Il l'a depuis décliné pour soutenir le mouvement anti-capitaliste Occupy, toujours avec le slogan "Hope", en 2011 (visible dans le diaporama au début du papier).

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Rédacteur en chef Gérald De Palmas Diaporama
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