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Ruel se confie à Waxx dans Foudre sur RTL2 : "Mon âge d’or de la musique, c’est 2016"

Invité de Waxx dans Foudre sur RTL2, dimanche 24 mai 2026, Ruel a déroulé le fil de son histoire musicale, de ses premiers émois d’auditeur à ses propres chansons. Le chanteur est revenu sur le soutien marquant d’Elton John, sur l’importance de James Morrison et d’Amy Winehouse dans sa formation, sur son goût pour les ponts dans la pop, mais aussi sur les morceaux qui le font pleurer, danser ou se sentir pleinement lui-même.

Ruel dans Foudre

Bertrand Laidain

Au micro de Waxx, Ruel revient d’abord sur un souvenir fondateur : le moment où Elton John a diffusé l’une de ses chansons dans son émission de radio. Pour l’artiste, cette reconnaissance a compté comme une véritable entrée dans l’industrie musicale. Il raconte combien il a trouvé fou de commencer ainsi, avec le soutien d’une figure aussi immense. Elton John a non seulement joué son titre, mais il a aussi parlé de lui avec beaucoup de bienveillance. Ruel explique que cette mise en lumière, arrivée très tôt, a eu un effet considérable sur le lancement de sa carrière. Même près de dix ans plus tard, il dit trouver cela toujours aussi irréel quand on le lui rappelle.

James Morrison, le premier choc musical

Quand Waxx lui demande quel a été son premier coup de foudre musical, Ruel cite immédiatement James Morrison. Il raconte que son père passait ses chansons en boucle dans la voiture, sur le chemin de l’école, mais aussi à la maison. C’est cette voix, cette manière de chanter et cette intensité qui lui ont donné envie de faire la même chose. Il explique avoir voulu chanter comme lui, jouer de la guitare comme lui, et que c’est précisément cette musique qui l’a poussé à commencer à chanter. Dans son récit, le rôle du père est central : amateur passionné de musique, il l’a soutenu très tôt, l’a inscrit à des cours de chant et de guitare, et l’a accompagné dans ses premiers pas.

Amy Winehouse et l’héritage musical transmis par ses parents

Ruel évoque ensuite Amy Winehouse, autre artiste essentielle dans sa construction. Là encore, il relie cette influence à ses parents, qui lui ont fait écouter beaucoup de musique pendant son enfance. Il dit avoir du mal à expliquer précisément ce lien, mais il souligne combien cette musique l’a accompagné au moment où il commençait lui-même à entrer dans le métier. D'avoir débuté très jeune, vers 13 ou 14 ans, lui donne aujourd’hui le sentiment d’avoir déjà une longue expérience de l’industrie. Amy Winehouse fait partie de ces artistes qui ont nourri son imaginaire et sa sensibilité à une période décisive.

2016, son âge d’or personnel

Pour Ruel, l’âge d’or de la musique se situe autour de 2016. Il cite plusieurs albums majeurs de cette période, notamment ceux de Frank Ocean, Solange, Rihanna et Beyoncé. Ce qu’il retient de ces années-là, c’est la liberté de ton et le mélange des genres. Soul, pop, R’n’B, électro, folk : à ses yeux, tout s’entremêle alors pour produire une musique plus riche, plus ouverte, plus audacieuse. Il explique que cette période correspond aussi au moment où lui-même commence à sortir de la musique, ce qui renforce encore son attachement à cette époque. Pour lui, cet âge d’or est celui où les artistes ont commencé à brouiller les frontières avec une vraie ambition musicale.

La musique comme exutoire émotionnel

Waxx l’interroge aussi sur son rapport aux larmes et à l’émotion. Ruel répond avec franchise qu’il essaie parfois de se faire pleurer, notamment lorsqu’il est en tournée, anxieux ou sous tension. Il voit cela comme une manière de relâcher la pression, de repartir à zéro, de se délester d’une énergie négative. Il reconnaît ne pas pleurer facilement, mais certaines chansons y parviennent. Il cite en particulier I Couldn’t Say It to Your Face d’Arthur Russell, un morceau qu’il décrit comme dévastateur. Il en souligne la portée intime, liée à l’histoire personnelle de son auteur, tout en rappelant que la chanson peut aussi être entendue de manière plus universelle, comme une séparation ou un adieu.

“Don’t Say That”, une chanson née dans le mouvement

Au moment de parler de sa propre musique, Ruel s’arrête sur Don’t Say That, qu’il interprète ensuite en acoustique avec Waxx. Il raconte une écriture très instinctive, presque en flot de conscience, avec ses collaborateurs à Los Angeles. Il explique qu’ils ont beaucoup joué avec les accords, les tempos, les changements de tonalité, dans une recherche de musicalité plus complexe que celle d’une simple chanson pop linéaire. Sur le fond, il décrit un morceau centré sur le déni : celui de quelqu’un qui refuse d’entendre que l’autre veut partir. Cette tension émotionnelle, associée à une construction musicale mouvante, donne selon lui toute sa force au titre.

Le goût des ponts et de la construction pop

Dans la foulée, Waxx l’interroge sur les bridges, ces ponts dans les chansons que Sting lui disait voir disparaître peu à peu dans la pop contemporaine. Ruel répond qu’il les juge très importants dans la plupart des morceaux, même s’ils ne sont pas toujours nécessaires. Pour Don’t Say That, il estime même que le pont constitue presque le cœur du titre, voire son accroche principale. Il raconte aussi le plaisir particulier qu’il y a à écrire cette partie en fin de session, après avoir entendu toute la journée les mêmes accords et les mêmes refrains. Pour lui, le bridge apporte un souffle neuf. Et il ne croit pas du tout à sa disparition, citant Olivia Rodrigo comme l’une des artistes qui en maîtrise aujourd’hui le mieux l’art.

Les chansons qui donnent de l’énergie

Quand il s’agit cette fois de parler des morceaux qui le boostent, Ruel distingue deux situations : la salle de sport et l’avant-concert. Dans ces moments-là, il dit écouter beaucoup Robert Palmer, et en particulier Some Guys Have All the Luck. Il aime l’attaque du chant, le punch du morceau, son énergie immédiate et son côté ludique. Il admire aussi les productions de cette époque, qu’il juge foisonnantes, audacieuses, presque sans retenue. Cette discussion conduit naturellement Waxx à évoquer les années 80, que Ruel considère lui aussi comme une décennie reine pour les chansons faites pour danser. Même s’il dit ne pas être un grand danseur, il estime que beaucoup de morceaux les plus efficaces dans ce registre viennent de là.

La chanson qui le définit le mieux

À la question de savoir quel titre de son propre catalogue le définit le mieux, Ruel répond Wild Guess. Il explique que, dès l’écriture, il a senti que cette chanson résumait à la fois son disque et l’endroit où il se trouvait musicalement. Il insiste sur la facilité avec laquelle elle est née, presque comme une évidence. Il raconte aussi que, dès la première répétition avec ses musiciens, le morceau fonctionnait parfaitement, sans ajustement à faire pour le live. Pour lui, c’est un signe rare. Sur scène, il dit avoir constaté que cette chanson suscitait une réaction particulièrement forte du public, y compris dans des contextes inattendus, alors même qu’il ne s’agit ni d’un hymne massif ni d’un morceau très rapide.

Blue Nile, Natalie Imbruglia et l’Australie comme point d’ancrage

En fin d’émission, Ruel profite de sa carte blanche pour mettre en avant Downtown Lights de Blue Nile, un morceau qu’il juge sous-estimé auprès de sa génération. Il y voit pourtant une influence directe sur des artistes contemporains plus connus. Puis vient le moment de la reprise finale : il choisit Torn de Natalie Imbruglia, pour représenter l’Australie. Un choix qui permet à Waxx de l’interroger sur son rapport à ce pays. Né à Londres, arrivé en Australie à l’âge de 3 ans, Ruel explique qu’il s’y sent profondément chez lui. Il y a grandi, y a été scolarisé, y a construit ses amitiés et son identité. Malgré ses origines anglaises et hollandaises, il affirme se sentir avant tout australien. C’est là, dit-il, que se trouve son foyer.

La playlist de Ruel
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