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Lalo Schifrin
Crédit : RTL2
Quand on parle de musique de film, les noms de John Williams ou bien de Hans Zimmer arrivent très vite. Mais il y en a un qui est trop oublié à mon goût et dont on connaît tous le travail. Aujourd'hui on va parler de Lalo Schifrin dans WikiWax. Boris Claudio Lalo Schriffin est né en 1932 à Buenos Aires, en Argentine, dans une famille de musiciens. Son père, Luis Schriffin, est premier violon de l'Orchestre Symphonique de Buenos Aires et sa maman, Elisa, l'encourage très tôt à découvrir le piano. Il commence à jouer à l'âge de 6 ans, un répertoire très classique, mais à l'adolescence, c'est le jazz qui le frappe. Il est fasciné par Duke Ellington, Dizzy Gillespie ou encore Thelonious Monk.
Il travaille le piano classique, le jour, et le jazz qui est interdit et vu comme la musique du diable, la nuit. En 1952, il décroche une bourse pour étudier à la prestigieuse Juilliard School à New York. Il y apprend la théorie musicale, tout en écumant les clubs de jazz de Manhattan. C'est là qu'il croise son idole, Dizzy Gillespie, en 1956, rencontre qui sera décisive. Quatre ans plus tard, Gillespie l'invite à devenir pianiste et arrangeur de son Big Band. Schifrin dira "J'ai été payé pour voyager et faire du jazz, mais quoi de mieux ?" En effet, mais ce qu'il ne savait pas encore, c'est qu'il se préparait à devenir l'un des plus grands compositeurs de cinéma.
En 1960, il débarque à Hollywood. Très vite, il se fait remarquer par les studios pour sa capacité rare à mélanger harmonie classique, rythme latin et énergie jazz. Savant mélange de ses origines, plus de ses influences, plus de son job en tant que jazzman. En 1966, on lui confie le petit boulot qui deviendra sa signature éternelle, écrire le générique d'une série en préparation. Et là, c'était Mission Impossible. Résultat, un thème en 5-4 hypnotique, impossible à oublier, qui va changer sa vie immédiatement. et aussi influencer le monde de la musique liée à l'image. La légende dit qu'il aurait composé en 90 secondes et arrangé en 3 minutes montre en main. Ça lui a valu deux Grammy et une place au Grammy Hall of Fame.
Mais Lalo, c'est aussi le cinéma. On l'a entendu notamment dans Bullit en 68. Il compose une musique qui colle parfaitement à la mythique course-poursuite de Steve McQueen dans les rues de San Francisco. Dans Dirty Harry en 71, il invente une ambiance presque nerveuse, menaçante pour coller à l'inspecteur Harry de Clint Eastwood. En 73, il fait la musique d'Opération Dragon. Il fusionne funk, percussion asiatique, mais le plus fou lors du tournage, c'est que Bruce Lee, grand admirateur de Mission Impossible, l'invite à se lancer dans les arts martiaux. Schifrin obtient la ceinture noire et garde un mannequin grandeur nature de Lee à la maison. Ça, c'est pas mal !
Si je devais définir son style ? La liberté totale. Lalo ne se contentait pas d'écrire des notes, il injectait du groove dans l'image, rendant la musique indissociable des scènes. Il sera nommé 6 fois aux Oscars, remportera 4 Grammy Awards, mais refusera toujours de se définir comme un simple compositeur de B.O.. Pour lui, chaque projet était une expérience.
Lalo est décédé en juillet 2025. Son héritage vit dans chaque série ou film qui ose un thème atypique, chaque bande-son qui ose le jazz et le rythme cassé. Il n'a pas seulement écrit des musiques, il a changé notre façon d'entendre les images. Merci pour tout Maestro.
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