4 min de lecture

Hoshi à cœur ouvert dans Foudre : "Ta marinière", ça a changé ma vie

Invitée de Waxx dans Foudre sur RTL2, Hoshi s’est livrée longuement sur son évolution artistique, son rapport au live, l’écriture de ses chansons et la fragilité qui a accompagné sa dernière tournée. Entre confidences intimes, influences rock et passion intacte pour la scène, l’artiste a aussi partagé deux sessions acoustiques avec Waxx : "Bonjour docteur" et "College Boy", reprise d’Indochine.

Hoshi & Waxx

Crédit : RTL2

Hoshi et Waxx interprètent "Bonjour docteur" en live dans Foudre

00:03:40

Hoshi et Waxx reprennent "College Boy" d'Indochine en live dans Foudre

00:03:23

Bertrand Laidain

Marraine de l’émission, première invitée de Waxx il y a cinq ans, Hoshi retrouvait Foudre dans une atmosphère de retrouvailles. L’artiste est revenue sur les deux dernières années, marquées par une longue tournée et par des dates en version unplugged. Une expérience importante pour elle, puisqu’elle lui a permis de retrouver "une petite partie" d’elle-même, mais aussi de nourrir le prochain album.

Waxx lui confie d’ailleurs qu’il a toujours vu chez elle une âme très grunge. Hoshi explique que ces concerts acoustiques lui ont justement permis de retrouver cette part-là. En revenant à des versions dépouillées, elle dit avoir retrouvé "le squelette des chansons", leur vérité première, loin des habillages plus électriques.

Une écriture tournée vers la scène

Au fil de l’entretien, Hoshi raconte combien sa manière de composer a évolué. Aujourd’hui, elle pense davantage au live lorsqu’elle prépare un album. Certaines chansons sont même conçues avec cette idée immédiate : si elles donnent envie d’être jouées sur scène, c’est qu’elles ont trouvé leur forme juste.

Elle explique aussi qu’elle écrit d’abord seule dans son studio, avant d’arriver avec des idées qu’elle laisse ensuite vivre et évoluer. Rien n’est totalement figé. Pour elle, une chanson peut toujours être réarrangée, réécrite, transformée. C’est aussi une manière de ne pas se lasser et de garder les morceaux vivants.

À écouter aussi

Cette réflexion l’amène à comparer Ta marinière et Mauvais rêve. La première est née dans un élan instinctif, presque comme un poème, sans musique pensée au départ. La seconde a été écrite autrement, avec la production en même temps. Entre les deux, près de dix ans se sont écoulés. Hoshi reconnaît avoir changé, tout en cherchant encore à retrouver l’insouciance de ses débuts.

Le tournant du confinement

Autre moment clé de son parcours : le confinement. Hoshi raconte qu’elle s’est retrouvée seule, avec un deuxième album bloqué et l’envie de continuer à faire de la musique. Elle a alors appris à produire sur Logic, grâce à des tutoriels YouTube et à quelques conseils glanés autour d’elle.

Cette période a changé sa manière de travailler. Désormais, elle peut construire une musique de A à Z. Cette autonomie lui permet d’aller plus vite, de traduire directement ses intuitions sonores, sans avoir à les expliquer. Selon elle, cela a aussi contribué à faire évoluer son identité musicale.

Waxx souligne ce glissement : à ses débuts, il voyait en elle un renouveau de la chanson française ; aujourd’hui, il perçoit un son plus rock, plus sombre, plus anglo-saxon. Hoshi confirme ce retour à ses premières influences. En réécoutant son premier album, elle a pris conscience du chemin parcouru et du retour progressif vers ses premiers amours musicaux.

Une relation intense avec le public

L’entretien aborde aussi le lien très fort qu’Hoshi entretient avec son public. Waxx fait un parallèle avec Yungblud, dont il retrouve chez elle la même intensité dans la relation aux fans. Hoshi raconte être allée le voir récemment à Londres et s’être reconnue dans son côté brut.

Elle décrit une communauté très présente, très bienveillante, mais aussi intense. Une force, évidemment, mais parfois aussi une pression. Elle dit penser énormément à son public et ne pas vouloir le décevoir. Waxx observe lui aussi cette dimension communautaire, comparable à celle que l’on retrouve autour d’Indochine : un lien fort entre l’artiste et ses fans, mais aussi entre les fans eux-mêmes.

"Bonjour docteur", une chanson écrite dans la douleur

L’un des moments les plus forts de l’entretien concerne Bonjour docteur, que Hoshi interprète ensuite en acoustique avec Waxx. Elle raconte avoir dû se faire violence pour écrire cette chanson. Le morceau a été libérateur, mais pas immédiatement. Au départ, il lui a fait mal.

Elle évoque une urgence, presque une nécessité de sortir ce texte au plus vite, peu de temps après les événements qu’elle raconte. La rupture et ce qui s’en est suivi remontent à l’été 2024 ; la chanson, elle, a été écrite en janvier 2025. Hoshi parle d’une période "très violente", dont elle garde une mémoire encore douloureuse.

Même au moment de produire le morceau, la distance restait difficile à trouver. Elle explique ne pas pouvoir l’écouter en boucle.

Le live, entre souffrance et thérapie

Quand Waxx l’interroge sur la scène, Hoshi livre l’une des confidences les plus fortes de l’entretien. Elle explique que ses dernières dates ont été douloureuses, au point que la fin de tournée a été très difficile psychologiquement. Elle parle d’une santé mentale qui a "un peu déraillé".

Sur scène, dit-elle, elle se confiait "comme à un psy". Et lorsque la tournée s’est arrêtée, un vide s’est installé. Elle s’est alors rendu compte qu’elle avait besoin d’aide et a commencé à consulter. Avec le recul, elle voit dans cette période à la fois une vraie souffrance et quelque chose de profondément salvateur.

Dans ses concerts, un titre lui offre toutefois une respiration particulière : Ta marinière. Parce que tout le monde chante, parce que le morceau apporte de la joie, il représente pour elle un moment lumineux dans des sets parfois plus sombres.

Patti Smith, Yungblud, Indochine : ses repères

Parmi les artistes qui l’ont marquée, Hoshi cite Patti Smith, dont le premier concert vu en live a été un choc. Elle admire chez elle une puissance, une incarnation et une forme de vérité punk qu’elle respecte profondément.

Elle évoque aussi Yungblud, qu’elle écoute beaucoup et dont elle apprécie autant la musique que la personnalité. Enfin, il y a Indochine, référence majeure dans son parcours. College Boy, qu’elle reprend en acoustique avec Waxx en fin d’émission, occupe une place très particulière. Hoshi explique que cette chanson l’a sauvée à un moment très difficile de son adolescence, après une agression homophobe.

Depuis, elle a eu l’occasion de croiser Nicola Sirkis et d’observer de près la manière dont Indochine construit sa carrière. Elle admire chez le groupe sa capacité à durer sans se trahir, sans renier son identité. Une source d’inspiration évidente pour la suite de son propre parcours.

La playlist d'Hoshi
L'équipe de l'émission vous recommande
À écouter aussi