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David Bowie : un adieu en forme d'étoile noire

Plongez dans les coulisses de "Blackstar", l'ultime chef-d'œuvre de David Bowie, conçu dans le secret et l'urgence avant sa disparition. Waxx vous raconte comment Bowie a transformé sa fin de vie en une œuvre d'art bouleversante, marquant à jamais l'histoire de la musique.

David Bowie "Black Star" - Wikiwaxx

Crédit : RTL2

David Bowie : un adieu en forme d'étoile noire

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Dans ce nouvel épisode de WikiWaxx nous allons parler d'un grand monsieur, d'un immense artiste, David Bowie, et de son album Blackstar. Sorti deux jours avant sa mort, c'est bien plus qu'un album testament. 

Pour un peu de contexte, en 2004, David Bowie fait un infarctus et subit une angioplastie qui l'éloigne durablement de la scène. En 2014, le diagnostic tombe. Bowie est atteint d'un cancer du foie, une information qu'il choisira de garder secrète. David n'a alors qu'une idée en tête, préparer son dernier projet. Il veut que ça soit l'œuvre la plus étrange, la plus libre et la plus expérimentale de toute sa carrière.

Il veut s'éloigner de ce qu'il a déjà fait, sortir de sa zone de confort. Il dit à son producteur Tony Visconti "Je ne veux pas de riffs de guitare classique, je veux des rythmes imprévisibles, des textures modernes et du jazz, mais un jazz étrange, abrasif et souterrain" Sa rencontre avec le saxophoniste Denis McCaslin sera déterminante. A cette époque, Bowie traîne incognito dans les clubs de jazz de Brooklyn. Il proposera au groupe de McCaslin de participer à l'album pour fusionner leurs improvisations avec son univers rock et électronique. 

En parallèle, il écrit une comédie musicale, Lazarus, sorte de suite spirituelle de son rôle dans L'Homme qui venait d'ailleurs, sorti en 1976. Cette pièce servira de laboratoire discret pour tester des chansons et définir la direction de l'album à venir. Entre juin et mai 2015, Bowie enregistre Black Star à New York dans deux studios, Music Shop et Human Worldwide. Les sessions se font en petits comités, quelques heures par jour seulement pour ménager ses forces. Ils travaillent toujours de 11h à 16h. L'ambiance est calme, feutrée, studieuse, presque étrange. Bowie mime parfois des gestes de jongleur pour guider les musiciens, notamment les saxophonistes. Chaque jour, il leur apporte soit des bandes dessinées, soit des dessins ésotériques. Il veut les plonger dans un état d'immersion total.

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L'album comprend 7 morceaux pour 41 minutes. Le 8 janvier 2016, jour de ses 69 ans, Bowie publie Black Star. Le disque intrigue, visuel minimaliste, voix trafiquée, rythme jazz, ambiance mortuaire, personne ne comprend encore qu'il s'agit d'un adieu. Il se hisse numéro 1 du Billboard, devenant le premier album de Bowie à atteindre cette place. Deux jours plus tard, le 10 janvier 2016, Bowie meurt paisiblement chez lui. Le monde est sous le choc. La chanson Lazarus, Look up here, I'm in heaven, prend alors une résonance déchirante.

Tony Visconti confirmera, il a planifié sa mort comme une œuvre d'art. Blackstar était son cadeau d'adieu. Bowie remporte 5 Grammy Awards en 2017, dont le meilleur album alternatif et la meilleure performance rock. Il obtient aussi un Brit Award posthume pour l'album de l'année. Mais plus encore, Blackstar devient un manuel de dignité artistique face à la mort. Un exemple de lucidité et d'élégance. Il inspire des artistes aussi divers que Lordi, Arcade Fire, The Weeknd ou Nick Cave. Blackstar n'est pas seulement un album, c'est un message codé venu d'ailleurs. Le dernier souffle d'un homme qui, en disparaissant, est devenu éternel. "Je ne suis pas une popstar, je suis une Blackstar". Reposez en paix, M. Bowie. 

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