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Bandit Bandit dans Foudre : "Le rock, c’est un truc ultra-vivant, spontané"

Invités de Waxx dans Foudre sur RTL2, Maëva Nicolas et Hugo Herleman, du duo Bandit Bandit, ont retracé leur parcours musical et personnel. De Jacques Brel à Nirvana, de leur rencontre sur Tinder à leur dernier album, les deux artistes racontent un groupe construit entre chanson française, rock anglo-saxon, goût du live et recherche d’un son toujours plus libre et moderne.

Bandit Bandit & Waxx

Crédit : RTL2

Bertrand Laidain

Dans Foudre sur RTL2, Waxx recevait Maëva Nicolas et Hugo Herleman, les deux voix de Bandit Bandit, pour une conversation nourrie autour de leurs influences, de leur histoire commune et de leur manière de faire vivre leur musique. 

Des enfances musicales différentes

Pour parler de Bandit Bandit, il faut d’abord revenir aux premiers chocs musicaux. Maëva Nicolas raconte avoir grandi avec la chanson française, de Starmania à Jacques Brel en passant par Édith Piaf. Enfant, elle écoute en boucle des textes qu’elle ne comprend pas encore totalement, mais qui la bouleversent déjà. Elle se souvient de Ne me quitte pas, de cette mélancolie précoce, de cette intensité impossible à nommer, et de ses tentatives pour lire et chanter les paroles dans sa chambre.

Hugo Herleman, lui, vient d’un autre univers. Son père écoute du hard rock, et son premier grand souvenir musical porte un nom : Thunderstruck d’AC/DC. Il évoque une sensation presque physique, une intensité électrique, jusqu’à l’odeur de la chaîne hi-fi de la maison de son père. Plus tard, Nirvana agit comme une secousse décisive. Avec Rape Me puis l’album Nevermind, Hugo découvre une figure dans laquelle il se reconnaît immédiatement : Kurt Cobain, anti-héros magnifique de l’adolescence.

Une rencontre amoureuse devenue groupe

Le récit de la naissance de Bandit Bandit passe ensuite par leur rencontre. Maëva et Hugo se croisent sur Tinder en 2015. Au départ, il n’est pas question de monter un groupe. Mais leur histoire d’amour se double peu à peu d’une aventure musicale. Maëva explique qu’elle avait déjà des compositions, qu’Hugo a arrangées, avant de la pousser à transformer cette matière en véritable projet.

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Le duo raconte aussi combien cette construction s’est faite dans le mouvement, parfois dans les secousses. Ils évoquent une histoire faite de montagnes russes, jusqu’à leur séparation, sans que cela mette fin au groupe. Dix ans après leur rencontre, ils disent leur fierté d’avoir tenu, d’avoir continué à faire vivre Bandit Bandit malgré les bouleversements personnels.

Entre Niagara et Queens of the Stone Age

Quand Waxx leur demande comment ils définiraient leur musique, Maëva cite une formule entendue un jour : la rencontre entre Queens of the Stone Age et Niagara. Une image qui résume bien l’identité du duo. Hugo précise alors leur ambition : faire cohabiter la chanson française et un rock anglo-saxon "pur et dur".

Cette double culture se retrouve dans leurs parcours d’adolescents. Maëva raconte qu’à 13 ans, des garçons plus âgés de son collège viennent la chercher pour monter un groupe avec elle. Ils lui font découvrir The White Stripes, K’s Choice et d’autres références qui lui ouvrent une nouvelle voie. Hugo, lui, se met à la guitare à 11 ans, dans une période familiale compliquée. Son beau-père lui prête une Fender Stratocaster, et là encore, il parle d’un choc immédiat, d’un véritable coup de foudre.

Un rock à déconstruire pour mieux le réinventer

Au cours de l’entretien, Bandit Bandit revient longuement sur son travail de production. Hugo explique que le groupe aime profondément les codes du rock, mais cherche à les déconstruire pour les moderniser. Il insiste sur leur volonté de garder quelque chose de vivant, avec des prises en live, tout en travaillant un son plus construit, plus précis, plus contemporain.

Pour leur dernier album, Cavalcade que la nuit ne dit pas, ils citent plusieurs références importantes : Fontaines D.C., Wet Leg et les Smashing Pumpkins. Maëva insiste notamment sur l’impact de certaines textures sonores, comme la batterie de Wet Leg. Hugo parle, lui, d’un revival 90’s assumé. Tous deux montrent un groupe attentif à la matière sonore, soucieux de préserver la sauvagerie du rock tout en l’inscrivant dans une esthétique actuelle.

Une écriture qui s’affirme

L’évolution du groupe passe aussi par l’écriture. Maëva explique qu’elle a mis du temps à se sentir pleinement légitime en studio. Elle raconte sa difficulté à trouver sa place dans un milieu encore très masculin, et le chemin parcouru pour s’imposer davantage. Sur ce nouvel album, elle dit avoir franchi un cap, en prenant plus naturellement sa place dans l’écriture comme dans les arrangements.

Hugo confirme cette évolution et souligne l’importance de la coécriture avec Lionel Buzac. Déjà présent sur leurs premiers EP, il a cette fois participé à la naissance même des morceaux. Le duo décrit un travail en ping-pong, des moments de grâce, une manière nouvelle de casser les habitudes. Une façon aussi de réinventer leur fonctionnement après plusieurs années de vie commune et de création à deux.

La scène comme évidence

Quand Waxx les interroge sur leur rapport à la scène, Maëva répond avec une formule très nette : c’est l’endroit où elle se sent le plus alignée. Elle dit même que lorsqu’elle n’est pas en tournée, elle traverse une forme de manque profond. Pour elle, le concert est un échange total, un moment où le public donne de son temps, de son argent, de son attention, et où l’artiste doit tout rendre.

Hugo partage cette vision. Il explique que les albums sont essentiels, mais qu’ils restent aussi un prétexte pour partir en tournée et faire vivre les morceaux autrement. Sur scène, dit-il, la musique prend une dimension plus libre, plus folle, plus spontanée. C’est là, selon lui, que le rock garde sa force la plus intacte : dans le vivant, le lâcher-prise, la transe.

Les morceaux qui racontent le mieux Bandit Bandit

À la question du morceau qui définirait le mieux le groupe, les réponses restent ouvertes. Hugo dit que cela dépend des jours, tant leurs chansons sont nuancées. Maëva cite Pression artérielle, pour sa capacité à faire cohabiter le chaud et le froid, la douceur et la griffure. Elle évoque aussi Opaline, qui lui semble très représentatif de leur goût pour les zones d’ombre, dans les textes comme dans les intentions.

L’entretien se termine sur une carte blanche et sur une reprise. Maëva choisit de mettre en avant la Québécoise Lou-Adriane Cassidy, qu’elle admire profondément. Hugo glisse un mot pour ses amis lyonnais d’After Geography. Puis le duo explique son choix de reprendre Niagara, groupe qu’ils jugent essentiel, pour son élégance, sa sensualité et la force de ses chansons.

La playlist de Bandit Bandit
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