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Yoa se raconte dans Foudre sur RTL2

Invitée de Waxx dans Foudre sur RTL2, dimanche 17 mai 2026, Yoa est revenue sur les deux années intenses qui ont bouleversé sa trajectoire. Victoire de la musique, scène, écriture, influences, rapport au live et à la création : l’artiste s’est confiée avec franchise, entre gratitude, passion et envie de continuer à explorer.

Yoa & Waxx

Crédit : RTL2

Foudre : Yoa

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Bertrand Laidain

Dès le début de l’entretien, Yoa pose le ton : ces deux dernières années ont été d’une densité rare. Entre la Victoire de la musique, les révélations Pop-Rock RTL2 et des dates marquantes comme la Salle Pleyel, la chanteuse dit mesurer chaque jour la chance qu’elle a. Elle insiste sur un point essentiel à ses yeux : pouvoir faire ce qu’elle aime, entourée de personnes qu’elle a choisies. Une manière de rappeler que derrière une trajectoire artistique, il y a aussi une équipe, un équilibre humain et une confiance indispensable.

The Do, FKA twigs, Flavien Berger : les repères d’une artiste

Pour revenir aux origines, Waxx évoque 2013, un morceau dans lequel Yoa se raconte et cite The Dø. L’artiste parle alors avec enthousiasme de Shake Shook Shaken, album qu’elle considère comme un disque de chevet. Elle cite notamment Lick My Wounds, chanson qu’elle redécouvre aujourd’hui encore, preuve que certains albums accompagnent durablement une vie.

Quand la conversation glisse vers le moment où la musique devient une perspective réelle, Yoa nuance : adolescente, elle ne se disait pas qu’elle en ferait son métier. Elle raconte le rôle décisif de Tomasi, premier à l’encourager sérieusement. À l’époque, elle chante et joue du piano dans un cadre intime, comme un refuge personnel.

Plus tard, pendant le confinement, l’écriture prend une autre dimension. Yoa explique avoir commencé à composer véritablement à ce moment-là, portée notamment par Magdalene de FKA twigs, qu’elle décrit comme un album exceptionnel. Elle cite aussi Contretemps de Flavien Berger, autre disque important dans son parcours. Deux références qui disent beaucoup de son goût pour les formes libres, la musique électronique et les artistes qui construisent un univers global.

Le choc de la scène

Avant de monter sur scène régulièrement, Yoa n’avait presque aucune expérience du live. Elle raconte ses premiers passages, très stressés, lorsqu’elle chantait ponctuellement avec son compagnon de l’époque. Elle se souvient d’un corps figé, d’une tension extrême, alors même qu’elle avait l’impression intérieure d’être concentrée et présente.

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Comme spectatrice, certains concerts l’ont profondément marquée. Elle cite notamment Redcar aux Inrocks Labs, à ses débuts, puis Soko à la Maroquinerie en 2015. Des souvenirs forts, liés à des artistes capables de provoquer un choc immédiat.

Aujourd’hui, le rapport à la scène a radicalement changé. Yoa le dit sans détour : le concert est l’endroit où elle se sent "le plus vivante sur terre". Elle parle aussi de la fin de tournée comme d’un moment délicat, presque vertigineux, tant le live est devenu un espace vital pour elle.

Le corps comme instrument

Dans l’échange avec Waxx, Yoa développe longuement sa vision du spectacle vivant. Pour elle, la danse n’est pas un simple habillage scénique : le corps est un instrument à part entière. Elle rend hommage à ses chorégraphes, Leïla Ka et Malik Le Nost, ainsi qu’à ses danseuses, avec lesquelles elle a partagé près de 150 dates.

Elle raconte comment, au fil de la tournée, l’équipe inventait des "indicateurs de jeu" pour renouveler chaque représentation : une date pouvait être placée sous le signe des sorcières, une autre sous celui des fées. Une manière de garder le spectacle vivant, mobile, réinventé, malgré la fatigue et l’enchaînement des concerts. Cette approche dit beaucoup de sa conception du live : une discipline, mais aussi un terrain de jeu.

Une écriture instinctive et sans filtre

Au moment d’évoquer Chanson triste, Yoa décrit une méthode d’écriture très directe. Le morceau est né d’un seul élan, presque d’une fulgurance, sur son lit, avec son petit clavier. Elle explique aimer laisser sortir les choses sans trop les retravailler au départ, sans se censurer, dans un geste instinctif.

Cette chanson, dit-elle, concentre plusieurs de ses obsessions : le rapport au sexe, aux écrans, à elle-même, mais aussi à la politique. Elle y voit une forme de synthèse de sa personnalité. En pleine écriture de son prochain projet, elle dit renouer avec cette spontanéité, cette matière brute qui surgit d’un coup.

Une artiste curieuse, entre transmission et découvertes

Tout au long de l’entretien, Yoa apparaît aussi comme une auditrice passionnée. Elle parle de musique avec gourmandise, évoque Ebony et son morceau Kill Bill, salue la richesse de l’album et sa profondeur de lecture. Avec Waxx, elle partage aussi des goûts communs, des références, des enthousiasmes.

La conversation prend également une tournure plus intime lorsqu’ils évoquent Christophe, figure admirée par Yoa et connue de Waxx. Là encore, l’entretien dessine une cartographie sensible de filiations artistiques, de transmissions et de rencontres.

Deux moments acoustiques avec Waxx

Comme le veut la tradition de Foudre, l’émission a aussi donné lieu à deux performances acoustiques. Yoa a d’abord interprété Moi, dans une version inédite avec Waxx à la guitare. En fin d’émission, elle a choisi de reprendre Tant pis pour elle de Charlotte Cardin, une chanson qu’elle admire pour son efficacité pop, sa limpidité et sa capacité à sembler immédiatement familière.

La playlist de Yoa
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