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VIDÉO - David Gilmour : "J'accepte les chansons qui viennent à moi"

RENCONTRE - L'ancien leader de Pink Floyd a reçu RTL2.fr dans un château proche d'Orange, le 17 septembre, quelques heures avant son concert unique en France, pour la sortie de "Rattle That Lock".

David Gilmour : "J'accepte les chansons qui viennent à moi"
David Gilmour : "J'accepte les chansons qui viennent à moi"
Crédit : RTLnet
David Gilmour en interview sur RTL2.fr
04:13

Quand David Gilmour pose son regard d'un bleu azur perçant sur vous, il est difficile de déceler ce qu'il s'y passe. L'ancien chanteur et guitariste de Pink Floyd fixe son interlocuteur sans ciller, avec un mélange d'anticipation et d'amusement, dégageant un charisme évident. À 69 ans, David Gilmour présente Rattle That Lock, disponible le 18 septembre, son quatrième album solo en 37 ans. Celui qui a sonné la fin de Pink Floyd en 1994 nous reçoit dans un superbe relais château proche d'Orange, niché dans les hauteurs. Il s'apprête à jouer, quelques heures plus tard, dans le théâtre antique de la ville. Une date unique en France, qui a rassemblé plus de 9.000 fans. 

L'angoisse du jeune premier

Pour cette tournée, David Gilmour a eu le luxe de choisir des endroits d'exception : "J'ai demandé à mon manager de trouver des lieux magnifiques où jouer, explique le Britannique, calé dans un large fauteuil en velours jaune. Sur les cinq concerts que nous faisons cette semaine, trois se déroulent dans un théâtre romain. J'adore y jouer et j'aime que les gens qui se rendent à ce genre de concert se souviennent d'un super show, mais aussi de l'endroit où il a eu lieu. Pas comme pour un stade."

David Gilmour, fort de ses cinquante années de carrière musicale, dont une bonne partie au sein de l'un des groupes les plus influents du monde, peut se permettre ce genre d'excentricité, quitte à sacrifier la taille du public. Quelques heures avant de prendre place parmi les pierres du théâtre antique d'Orange, le musicien est pourtant nerveux à l'idée de jouer un titre en particulier : Rattle That Lock.

Je n'ai pas pensé à l'impact que 'Rattle That Lock' pourrait avoir en France

David Gilmour

Ce dernier a fait sensation car il est basé sur le thème musical de la SNCF : "J’ai utilisé ce jingle parce que je l’ai aimé. Il y avait une dose de passion et de mélodie qui m’a attiré, se souvient le compositeur. Mais je n’ai pas vraiment pensé à l’impact que ça pourrait avoir en France quand on l’a enregistré. En approchant la date d’un concert en France, on finit par y penser différemment et se demander : 'Est-ce que les Français aiment vraiment ce jingle ? Ou est-ce qu’ils en sont las ? Vont-ils aimer cette chanson ?' J’espère que oui." Pari réussi pour Gilmour, puisque les spectateurs d'Orange se sont remués avec enthousiasme sur son rythme entraînant. 

Sensibiliser l'opinion

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Au-delà de l'anecdote, l'album Rattle That Lock a été mûrement réfléchi par David Gilmour, qui s'y est attelé pendant deux ans. "J'ai tendance à jouer avec des morceaux en studio et passer trop de temps à être obsédé par les détails", reconnaît ce boulimique de travail, qui ne semble pas le moins du monde songer à la retraite. 

"Avec cet album, mon épouse et moi avons voulu raconter ce qui traverse l'esprit de tout un chacun au cours d'une journée, explique David Gilmour de sa voix de ténor. Cela implique de penser à des personnes décédées et qui vous manquent, vos enfants, l'actualité internationale, la guerre, au fait que nous habitons sur une magnifique planète, et que nous sommes si chanceux", sourit-il. 

Ce qui se passe en ce moment avec les réfugiés est horrifiant. Nous devrions les accueillir

David Gilmour

David Gilmour a défendu de nombreux titres engagés au sein de Pink Floyd. Il n'écarte pas l'idée de refaire ce genre de musique : "Énormément de choses négatives ont lieu en ce moment. C'est bien de faire réfléchir là-dessus, même si ce n'est pas le but premier", nuance-t-il. On y réfléchit parce que cela préoccupe Polly (son épouse, ndlr). Nous avons réfléchi pendant longtemps à ce que nous pourrions faire, ainsi que d’autres personnes, pour résoudre ces problèmes très difficiles. Ce qui se passe en ce moment avec les réfugiés est horrifiant. Nous devrions les accueillir."

Sans prendre publiquement part au débat, le chanteur a invité ses fans, sur son site Internet, à soutenir financièrement, comme lui, MOAS, un bateau qui part à la rescousse de migrants dans les eaux méditerranéennes. "Je fais quelque chose. Mais on n'en fait jamais assez", regrette David Gilmour, qui s'est auparavant engagé pour plusieurs œuvres de charité. 

Un album personnel

Rattle That Lock contient notamment deux chansons dédiées à des proches de Gilmour. A Boat Lies Waiting a été écrite par son épouse, la romancière Polly Samson, à propos de Richard Wright, claviériste de Pink Floyd. "Chanter ce titre est très émouvant, reconnaît David Gilmour, qui est resté proche de Wright et l'avait intégré à son équipe, jusqu'à sa mort, en 2008. Polly était très au fait de notre télépathie musicale, tout comme de notre amitié." Celle-ci a imaginé des paroles autour de la navigation, l'autre passion de Rick Wright. "Le grondement du piano ressemble à celui d’un bateau", explique doucement David Gilmour.

Le chanteur s'est aussi attelé à l'écriture de deux chansons, exercice avec lequel il n'est pas tout à fait à l'aise. L'une d'elles, Faces of Stone, est consacrée à sa mère : "Elle décrit une après-midi passée avec ma mère, qui était très vieille et souffrait de démence. Elle voyait des choses qui n'étaient pas là, se souvient David Gilmour. Je l'ai amenée chez moi et lui ai présenté ma fille, qui venait de naître. Ma mère est morte peu de temps après. Elles n'ont été en même temps sur cette planète que pendant une courte période."

Libéré des contraintes

Si l'écriture des paroles peut donner du fil à retorde à David Gilmour, il n'en va pas de même pour les mélodies. "J'accepte les chansons telles qu'elles me viennent, explique-t-il avec une simplicité désarmante. Mais j’ai un peu réfléchi aux chansons plus jazzy. Je me demandais si elles allaient trouver leur place dans l’album. Finalement, je me suis dit 'Ça me ressemble comme ça. Si je l'aime comme ça, d'autres personnes l'aimeront aussi'." Résultat : Girl In Yellow Dress et Dancing Right In Front Of Me apportent un intermède jazz dansant et plaisant. 

Le compositeur ne s'impose aucune barrière et a même enregistré le jingle de la SNCF avec son portable, sur le quai de la gare d'Aix-en-Provence. "Le fait d'emporter partout avec nous un mini studio de cinéma et de musique dans un téléphone rend ce genre de choses beaucoup plus probable, estime David Gilmour. J'adore tous les moyens modernes mis à disposition pour faire de la musique. Ils sont beaucoup plus faciles à utiliser. J'aime le peu d'effort que cela demande entre mettre en œuvre une idée et permettre aux gens de l'écouter comme vous l'imaginez."

Malgré cet amour des techniques modernes, David Gilmour reste attaché à la musique issue des années 60 aux années 80. "Je n’écoute pas vraiment la musique d’aujourd’hui, admet-il d'emblée. Je ne suis plus le même fan de musique que j’étais dans ma jeunesse."

Il est temps que des jeunes se bougent et fassent quelque chose de très bien, qui nous surprenne

David Gilmour

Avec un certain aplomb, il enchaîne : "Je suis fan de ce que je fais et de quelques autres personnes. Il est assez évident de constater que la musique préférée d’énormément de jeunes, y compris mes enfants, a été faite il y a longtemps." David Gilmour en attend beaucoup de la nouvelle génération : "Il est grand temps que des jeunes se bougent et fassent quelque chose de très bien, qui nous surprenne."

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