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Quand Daft Punk défiait la SACEM avant l'ère du streaming

Avant même que YouTube, iTunes ou Spotify ne bouleversent l'industrie musicale, Daft Punk avait compris qu'une autre bataille se préparait : celle du contrôle des droits. Dans "Rock'N Roll Justice", Fabrice Epstein revient sur un affrontement méconnu entre le duo français et la SACEM, au moment où le numérique commençait à redessiner l'avenir de la musique.

Dossier 20802 - Daft Punk et la SACEM

Crédit : RTL2

Daft Punk face à la SACEM : la bataille visionnaire des droits musicaux

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Fabrice Epstein - édité par Bertrand Laidain

Daft Punk n'a pas seulement changé le son de la musique électronique française. Le duo formé par Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo a aussi très tôt compris que la révolution à venir ne serait pas uniquement artistique, mais aussi juridique.

Dans cet épisode de "Rock'N Roll Justice", Fabrice Epstein replonge dans les années 1990, au moment où la French Touch s'impose comme une onde de choc mondiale. Avec Homework, Daft Punk exporte un son neuf, mécanique, euphorique, taillé pour faire entrer la musique dans le XXIe siècle. Mais pendant que les clubs s'embrasent, les deux musiciens regardent déjà plus loin.

Nous sommes en 1996. Le streaming n'existe pas encore, le MP3 n'en est qu'à ses débuts, mais Daft Punk pressent que la musique va progressivement quitter les supports physiques. Pour eux, une question devient centrale : qui contrôlera les droits dans ce nouveau monde numérique ?

C'est dans ce contexte que le duo dépose une demande d'adhésion à la SACEM. Une adhésion particulière, puisque les artistes souhaitent conserver la maîtrise de certains droits, notamment ceux liés aux futurs modes d'exploitation technologique. En clair, Daft Punk veut garder la main sur ce qui n'existe pas encore tout à fait, mais qui s'annonce déjà comme l'avenir de l'industrie.

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Face à eux, la SACEM défend alors une logique de gestion globale : pour entrer dans le système, il faut lui confier l'ensemble de ses droits, ou presque. Le désaccord dépasse rapidement le simple cadre administratif. Il pose une question de fond : jusqu'où une société de gestion collective peut-elle aller dans le contrôle des droits d'un auteur ?

L'affaire prend une ampleur européenne lorsque Daft Punk décide de contester cette position. Derrière ce bras de fer, Fabrice Epstein raconte surtout l'intuition remarquable de deux artistes capables d'anticiper les mutations profondes du secteur musical.

Cet épisode de "Rock'N Roll Justice" éclaire ainsi une facette moins connue de Daft Punk : celle de créateurs stratèges, conscients que l'indépendance artistique passe aussi par la maîtrise juridique. Une histoire où les casques cachent autant une vision musicale qu'une lecture très fine du monde qui vient. 

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