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Marguerite & Waxx dans Foudre
Crédit : RTL2
Pour Marguerite, ce premier album n'arrive pas dans le vide. Depuis Les filles, les meufs, devenu un véritable hymne, puis un EP très remarqué, l'artiste sait qu'elle est attendue. Pourtant, elle décrit une sensation paradoxale. Selon elle, ce qu'elle ressent ressemble moins à l'angoisse d'un premier disque qu'au "vertige du deuxième album". Derrière cette formule, il y a une question simple : est-ce que le public continuera à se reconnaître dans ses chansons ?
La chanteuse explique aussi que le format album a, à ses yeux, une portée particulière. Un EP peut être perçu comme un début, une esquisse, alors qu'un album "reste". Elle parle même de quelque chose de "sacré". Mais loin de vivre cette étape comme une remise à zéro, Marguerite préfère y voir un prolongement. Tout ce qu'elle a construit avec son EP continue d'exister, et ce premier album s'ajoute à cette histoire plutôt qu'il ne l'efface.
Dans l'entretien, Marguerite insiste sur un point : elle ne cherche pas à fabriquer des chansons pour répondre à une attente supposée. Si Les filles, les meufs a touché autant de monde, c'est justement parce que ce titre était, dit-elle, "profondément" elle. Elle estime que son public s'est construit autour de cette sincérité-là, et que la meilleure manière de durer reste de créer depuis un endroit intime et aligné.
Pour elle, la musique perd de sa force quand elle n'est plus incarnée. Elle dit sentir que le public perçoit immédiatement l'absence de plaisir, de fluidité ou d'adhésion profonde à ce qu'un artiste propose. À l'inverse, quand une chanson part d'une émotion réelle, elle peut toucher bien au-delà de l'expérience personnelle de départ. C'est là, selon elle, que se joue la force de la pop.
Marguerite a aussi raconté la naissance de Cartable, l'un des deux titres qu'elle a interprétés en acoustique avec Waxx dans l'émission, aux côtés de Torn, la reprise du titre popularisé par Natalie Imbruglia. Elle explique avoir voulu retrouver, pour l'album, une forme de spontanéité proche des carnets d'adolescence. Pour cela, elle s'est tournée vers l'écriture automatique, noircissant des pages entières pour laisser remonter ce qu'il y avait "au fond" d'elle.
Le mot "cartable" s'est imposé presque seul. Il a cristallisé des souvenirs d'enfance, des douleurs liées au chemin de l'école, mais aussi le poids des injonctions sociales qui pèsent très tôt sur les enfants. Marguerite raconte qu'elle n'écrit pas d'abord pour les autres, mais pour "cette petite fille". Et c'est précisément cette démarche intime qui, selon elle, permet ensuite aux chansons de devenir universelles.
L'un des moments les plus forts de l'entretien concerne la tournée. Marguerite parle de la scène comme d'un espace où les chansons prennent une dimension nouvelle, presque en relief, grâce à la rencontre avec le public. Voir les visages, entendre les paroles reprises, imaginer les efforts faits par certains pour venir au concert : tout cela la bouleverse profondément.
Elle raconte notamment un souvenir marquant autour du morceau Frida. Lors d'une date à La Rochelle, un guitariste remplaçant lui confie que jouer ce titre dans sa ville natale a une portée très personnelle, parce que des personnes qui s'étaient moquées de son monosourcil au collège seraient peut-être dans la salle. Pour Marguerite, ce moment a révélé la puissance de la musique : celle de reprendre possession de son histoire, de transformer une blessure en victoire, et de vivre sur scène une forme de souveraineté.
Parmi les artistes qui l'inspirent, Marguerite cite Vanessa Paradis sans hésitation. Elle se souvient d'un concert vu au Paléo Festival en Suisse, où elle a été frappée par la richesse du groupe, l'absence d'ordinateur, la place laissée au live et la qualité des arrangements. Une vision de la scène qui la fait rêver.
L'artiste raconte aussi, avec humour, qu'elles ont le même coiffeur sans s'être jamais rencontrées. Mais derrière la plaisanterie, elle dit surtout combien il est troublant de découvrir que les figures qu'on a longtemps sacralisées sont aussi des personnes bien réelles. À ses yeux, cette prise de conscience fait partie de l'apprentissage du métier.
Une rencontre artistique qui aura lieu lors du prochain RTL2 Pop-Rock Live au Trianon dont elle partagera la scène avec également Zazie et Pierre de Maere.
Marguerite a enfin livré une réflexion plus large sur la scène féminine actuelle. Elle estime appartenir à une génération marquée très tôt par MeToo, par la libération de la parole et par une reprise de pouvoir collective. Selon elle, cette expérience a nourri une envie de solidarité, de regroupement et de soutien mutuel entre artistes.
Elle décrit un mouvement naturel, loin des logiques de rivalité longtemps imposées aux femmes. Être ensemble, chanter ensemble, partager la scène, faire circuler cette énergie : voilà ce qui lui semble aujourd'hui le plus fécond. Marguerite y voit une fierté, tout en rappelant que cette liberté s'inscrit dans l'héritage de femmes qui ont parlé avant elles.
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