1. Accueil
  2. Évènements
  3. Les Pixies ont fait perdre la tête au public du Zénith de Paris
3 min de lecture

Les Pixies ont fait perdre la tête au public du Zénith de Paris

NOUS Y ÉTIONS - Mené par l'impressionnant Frank Black, le mythique groupe de rock alternatif a livré un concert intense, furieux, et sans concession, en piochant allègrement dans ses classiques de la fin des années 80.

Frank Black, le leader des Pixies lors d'un concert à Carhaix en 2016
Frank Black, le leader des Pixies lors d'un concert à Carhaix en 2016
Crédit : FRED TANNEAU / AFP
Sylvain Zimmermann
Sylvain Zimmermann

Mieux vaut ne pas arriver en retard à un concert des Pixies. D'autant plus quand on sait qu'ils n'ont pas joué à Paris depuis 2013 (deux dates à l'Olympia). Attendus aux alentours de 21 heures, les Américains déboulent finalement une demi-heure plus tôt sur la scène du Zénith. Et d'emblée, ils dégainent leur plus gros tube, Where is My Mind ? Comment ne pas perdre la boule avec une telle entrée en matière?

Les spectateurs (environ 7.000), à peine arrivés pour la plupart, n'en croient pas leurs oreilles saisies par le déluge de décibels qui s'abat sans sommation. Les mains sont levées, ça se bouscule dans la fosse, et la voix du public couvre assez vite celle de Frank Black (ou Black Francis). Le leader des "Lutins", crâne chauve, veste noire, lunettes, impressionne derrière son pied de micro, fier comme un capitaine de navire tenant la barre au milieu d'une mer déjà bien agitée.

Du rock sans concession

Débuter par son titre le plus connu, qui d’autre que les Pixies s’amuse à faire ça ? En même temps, les rockers n’en font qu’à leur tête depuis leurs débuts. Fondé en 1986, le quartet de Boston a toujours vécu en marge, a connu onze ans de séparation et n’a jamais cherché le succès, malgré deux disques cultes, Surfer Rosa et Doolittle, qui ont marqué quantité de groupes : Radiohead, Pavement, Blur ou encore The Strokes. L’irremplaçable Kurt Cobain a également cité les Pixies comme une influence majeure de Nirvana. Et dès les premières minutes du concert, on retrouve ce son de guitare saturé et les accords de Joey Santiago qui ont hanté le rock alternatif des années 90.

Les Pixies, qui viennent de sortir un 6e album studio, Head Carrier, assez réussi, ne s’embarrassent pas et alignent les vieux morceaux The Holiday Song, datant de 1987, Bone Machine, le premier titre de Surfer Rosa, Winterlong, reprise de Neil Young, Hey et La La Love You, tirés de Doolittle… Côté mise en scène, les Pixies ne font pas dans la démesure comme la plupart des gloires du rock. Pas de décor, pas d’écran géant. Seulement cinq grands projecteurs qui plongent la formation dans des lumières bleutées, vertes, ou violettes. La plupart du temps, les quatre musiciens baignent dans la pénombre, éclairés en arrière, ce qui leur confère un aspect assez mystique.

Un concert furieux mené à un rythme enlevé

À lire aussi

Les fans, très sages désormais, goûtent chaque minute du set. Les titres dépassent rarement les 3 minutes et s’enchaînent à un rythme effréné… Classic Masher, Tenement Song (deux nouveaux morceaux), Gouge Away, Here Comes Your ManBlack Francis n’adresse jamais un mot au public. Il n’est pas là pour blaguer. Sa voix nasillarde se mue régulièrement en cri de puma. Vers 21h15, l'imparable Monkey Gone To Heaven soulève la foule avec son refrain obsédant. Paz Lenchantin, la nouvelle bassiste qui a la lourde tâche de remplacer Kim Deal, cheveux longs, voix légère mais claire, s’en sort très bien. Elle suit parfaitement le chanteur et apporte ce petit pas de côté nécessaire aux tubes des Pixies.

Au beau milieu du show, les Pixies ébranlent le Zénith avec un U-Mass immense, monstrueux, suivi de Caribou. Les Américains piochent de nouveau dans leurs classiques : Tame, le jouissif Debaser, Wave of Mutilation, Nimrod’s Son… 21h55, les guitares finissent de hurler, une grande clameur monte des gradins. Ovation de plusieurs minutes. En guise de rappel, les Pixies jouent l’inclassable Vamos, puis une énorme nappe de fumée blanche envahit la salle pendant Into The White. On ne distingue plus les musiciens sur scène et la voix de Paz Lenchantin devient quasi irréelle. À la fin du dernier accord, les lumières se rallument, les Pixies ont filé sans prévenir et sans rien dire au public à qui il vient de retourner la tête.

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/