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Les Pixies ont fait perdre la tête au public du Zénith de Paris

NOUS Y ÉTIONS - Mené par l'impressionnant Frank Black, le mythique groupe de rock alternatif a livré un concert intense, furieux, et sans concession, en piochant allègrement dans ses classiques de la fin des années 80.

Frank Black, le leader des Pixies lors d'un concert à Carhaix en 2016
Frank Black, le leader des Pixies lors d'un concert à Carhaix en 2016
Crédit : FRED TANNEAU / AFP
Sylvain Zimmermann
Sylvain Zimmermann

Mieux vaut ne pas arriver en retard à un concert des Pixies. D'autant plus quand on sait qu'ils n'ont pas joué à Paris depuis 2013 (deux dates à l'Olympia). Attendus aux alentours de 21 heures, les Américains déboulent finalement une demi-heure plus tôt sur la scène du Zénith. Et d'emblée, ils dégainent leur plus gros tube, Where is My Mind ? Comment ne pas perdre la boule avec une telle entrée en matière?

Les spectateurs (environ 7.000), à peine arrivés pour la plupart, n'en croient pas leurs oreilles saisies par le déluge de décibels qui s'abat sans sommation. Les mains sont levées, ça se bouscule dans la fosse, et la voix du public couvre assez vite celle de Frank Black (ou Black Francis). Le leader des "Lutins", crâne chauve, veste noire, lunettes, impressionne derrière son pied de micro, fier comme un capitaine de navire tenant la barre au milieu d'une mer déjà bien agitée.

Du rock sans concession

Débuter par son titre le plus connu, qui d’autre que les Pixies s’amuse à faire ça ? En même temps, les rockers n’en font qu’à leur tête depuis leurs débuts. Fondé en 1986, le quartet de Boston a toujours vécu en marge, a connu onze ans de séparation et n’a jamais cherché le succès, malgré deux disques cultes, Surfer Rosa et Doolittle, qui ont marqué quantité de groupes : Radiohead, Pavement, Blur ou encore The Strokes. L’irremplaçable Kurt Cobain a également cité les Pixies comme une influence majeure de Nirvana. Et dès les premières minutes du concert, on retrouve ce son de guitare saturé et les accords de Joey Santiago qui ont hanté le rock alternatif des années 90.

Les Pixies, qui viennent de sortir un 6e album studio, Head Carrier, assez réussi, ne s’embarrassent pas et alignent les vieux morceaux The Holiday Song, datant de 1987, Bone Machine, le premier titre de Surfer Rosa, Winterlong, reprise de Neil Young, Hey et La La Love You, tirés de Doolittle… Côté mise en scène, les Pixies ne font pas dans la démesure comme la plupart des gloires du rock. Pas de décor, pas d’écran géant. Seulement cinq grands projecteurs qui plongent la formation dans des lumières bleutées, vertes, ou violettes. La plupart du temps, les quatre musiciens baignent dans la pénombre, éclairés en arrière, ce qui leur confère un aspect assez mystique.

Un concert furieux mené à un rythme enlevé

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