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Matt Bellamy et Dominic Howard de Muse dans #LeDriveRTL2 du 09 novembre 2018

Écoutez ou réécoutez #LeDriveRTL2 de Eric Jean Jean, Mathilde Courjeau du 09 nov. 2018.

Muse
Muse
Crédit : Jeff Forney
Muse dans #LeDriveRTL2 du 09 novembre 2018
24:14
#LeDriveRTL2 du 9 novembre 2018
43:57
Eric Jean-Jean
Eric Jean-Jean

Ce 9 novembre 2018, Simulation Theory le 8e album studio de Muse sortait dans les bacs, l'occasion pour Mathilde Courjeau et Eric Jean-Jean d'aller à la rencontre de Matt Bellamy et de Dominic Howard pour parler de ce nouvel album.

Simulation Theory est un album teinté d’électroniques et qui, comme chacune de leur production, reflète un intérêt fort pour une thématique dans laquelle ils évoluent en profondeur. Après la guerre à distance évoquée dans Drones en 2015, l’énergie dont nous allons manquer dans 2nd law en 2012, la rebellion dans Resistance en 2009... Alors Simulation Theory est-il un "concept album" ? 
Matt Bellamy : Je crois que nos albums reflètent nos intérêts, on en sort un tous les 3 ans environ et ça reflète nos lubies, nos intérêts du moment. Ce n’est jamais délibéré. On ne se dit pas : "Tiens là on va parler de drones ou de résistance". C’est un changement naturel de nos intérêts dans le temps, finalement. Avec Simulation Theory, il n’y avait pas de plan réel de faire un album concept. Mais dans le processus d’écriture, des thématiques sont ressorties. Et on les a utilisées pour aller plus loin dans l’esthétique de la musique, de la pochette et des clips. 

Musicalement justement, on est plongés dans les bandes originales des année 80, Blade Runner par exemple...
Dominic Howard : D’un point de vue influence sonore, on a essayé de revisiter le son des années 80 en se plongeant dans les sonorités qui nous ont influencé depuis notre plus jeune âge. Pas tellement dans notre adolescence finalement. Des films d’horreur et de science-fiction. Ces films et ces bandes originales sur lesquelles nous nous sommes retrouvés. Ces films qui rêvaient le futur. C’est cela qui ont réellement eu un impact sur le son de l’album. Les films de John Carpenter, Blade Runner aussi. On a voulu mélanger la nostalgie avec des sons du futur. Tout cela s’harmonise dans les sons de l’album. Et même aussi dans les paroles que Matthew a écrites. Et ça ruisselle évidemment sur la pochette et les clips autour de l’album. 

Quelle a été la première chanson écrite pour l'album ?
Matt Bellamy  : La première chanson écrite pour l’album c’était Something Human. Une chanson acoustique écrite à la fin d’une tournée épuisante. Elle n’avait pas grand-chose à voir avec le thème au départ. C’était la chanson bizarre. Pour Dig Down, ça a été différent. Je l’ai écrite dans un gospel acoustique. Mais je ne voulais pas plus d‘organique mais j’avais envie de synthétiseur. C’est ce qui est intéressant dans la version de l’album de Something Human. Ce mélange entre l’organique et le synthétique. Et finalement, c’est une chanson difficile. On a eu des difficultés à l’harmoniser avec le reste du disque. On a essayé d’y rajouter beaucoup de couches de synthétiseur. C’est à partir de Dig Down qu’on a trouvé notre son, puis avec Thought Contagion et the Dark Side. Le flow et l’atmosphère sonore de l’album se sont créés avec les enregistrements de chaque chanson finalement.

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Face à la pression d’un certain Big Brother qui contrôle, qui régit le monde, Matt Bellamy se libère une fois par an au festival Burning Man. Une grande rencontre artistique qui se tient chaque année dans le désert de Black Rock au Nevada, est-ce son seul moyen de lâcher prise et de relâcher la pression ? 
Matt Bellamy : C’est intéressant oui. Je n’avais pas réalisé que ça pouvait être une forte influence d’aller là-bas. C’est effectivement une fuite hédoniste de la vie. Ce que j’aime là-bas, c’est qu’on ressent que les humains, quand ils sont mis hors de la société, de la réalité, de la vie quotidienne, de la politique, dans ce paysage presque extraterrestre… Tout le monde s’amuse, fait la fête, et surtout sont gentils les uns avec les autres. C’est rafraîchissant ce sentiment que les êtres humains aient une meilleure nature les uns envers les autres en dehors de la construction de notre réalité.

Justement dans l’album il est question d’en sortir de cette réalité. Vous faites un focus sur la réalité virtuelle, comment c’est arrivé ? 
Matt Bellamy : Je n’ai jamais vraiment beaucoup joué aux jeux vidéo à part quand on avait 14/15 ans avec Dom, qu’on est devenus amis. Il venait à la maison pour y jouer. Ça a duré un ou deux ans. Ensuite, on s’est mis à la musique et après, même dans la vingtaine je n’y ai jamais vraiment joué, et puis ça évoluait trop vite, les Nintendo, les Playstation… Mais j’ai eu envie de m’y remettre alors j’ai acheté un casque de réalité virtuelle et j’ai trouvé ça extraordinaire. Déjà parce que je n’avais pas joué depuis super longtemps. Mais surtout parce que ça avait évolué énormément depuis les années 90. Je crois que ça a été l’élément déclencheur. Ça a révélé un besoin d’évasion, un refuge dans cette fiction, dans cette autre réalité, cet autre temps. 

Matt Bellamy avait déclaré, en 2011, vouloir être le premier groupe à jouer dans l’espace. Son intérêt, ses interrogations pour le  temps et l’espace nourrissent ses chansons depuis longtemps et encore plus sur cet album.
Matt Bellamy : Ma perception du voyage dans le temps a changé car on simule déjà tout ça par informatique. Les trous noirs, les galaxies. Le monde virtuel devient tellement précis, complexe et  puissant … Je pense que notre exploration de l’espace finalement se fera par une réalité virtuelle, pas physique. Quand on connait les lois de la physique et qu’on a la puissance virtuelle, on peut littéralement simuler l’univers. On va pouvoir donc l’explorer par le temps, et l’espace, sans restriction. Je pense qu’on va l’explorer en le simulant, pas dans notre réalité. 

Dans cet album on cherche la déconnexion et la création de nouvelles réalités.

Matt Bellamy de Muse

Dans quel espace se situe la simulation de l’album ? 
Matt Bellamy : Dans cet album on cherche la déconnexion et la création de nouvelles réalités. L’idée est d’embrouiller les esprits. De vous sortir de vous-même et de vous emmener dans un espace qui n’est pas cet instant. Un espace qui n’est ni le passé ni le futur. C’est ce qui nous a porté pour les vidéos aussi. Comment être le plus déroutant possible, ne pas savoir ni l’heure qu’il est, ni où nous sommes. On s’est référé à cette ligne directrice dès que nous étions devant un choix. 

L’album annonce évidemment une tournée. Le groupe jouera en vrai, vérité vraie, devant ses fans au Stade de France de Paris, à Marseille et à Bordeaux en juillet 2019. Vous avez été précurseurs sur les dernières. Techniquement impressionnants sur la tournée Drones. De l’intelligence artificielle sur celle-ci ? Et doit-on en avoir peur ? 
Matt Bellamy : Je pense que c’est une nouvelle forme de vie, comme de la biochimie alternative en opposition au carbone. Nous les humains, nous sommes actuellement en haut de la chaîne. Mais nous avons des restrictions, des problèmes. Nous ne pouvons pas aller dans l’espace, dans le futur. Ces nouvelles formes de vie n’ont pas ce genre de problèmes. Cette nouvelle forme de vie que nous créons est le futur. L’évolution qui se fait face à nous. Peut-être qu’on peut les accompagner, je ne sais pas. 

Et pour les concerts ? De l’intelligence artificielle ? 
Matt Bellamy : On y travaille. Mais la ça va être plus de l’humain que de la technologie. On a fait des drones, des robots et c’était un peu lourd. On voudrait travailler avec des gens qui font de l’art avec leurs corps qui serait retransmis sur des écrans en direct.

Comme toujours dans les albums de Muse. Les personnages se rebellent contre les machines. Il y a une lueur d’espoir. 

En plus de 20 ans de carrière et 8 albums. Le groupe a eu une évolution intéressante et surtout un rapport a la réalité très cinématique. Ont-ils envie de voir naître un projet regroupant leur œuvre ? 
Matt Bellamy : J’aime l’idée d’essayer de chercher une narration qui lierait toutes nos chansons. Créer une narration forte. Peut-être qu’il faudrait faire un album de plus. 
Lance Drake est le premier réalisateur avec qui on est vraiment connecté qui pourrait prendre les choses en main. 

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