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Le Moog, le synthétiseur mythique qui a révolutionné la musique pop et électronique

De Wendy Carlos à Daft Punk, en passant par les Beatles et Kraftwerk, découvrez comment cet instrument hors du commun, né de l'imagination de Robert Moog, a ouvert la voie à de nouveaux sons et bouleversé la création musicale.

Le synthétiseur Moog

Crédit : RTL2

Le synthétiseur Moog - RTL2 Pop-Rock Collection

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Carole Vega - édité par Bertrand Laidain

Derrière chaque son culte, il y a un instrument légendaire. Aujourd'hui, on branche le Moog. Devant ce mot étrange, on peut ajouter synthétiseur. Et on a déjà une meilleure idée de l'instrument. En même temps, c'est pas tout à fait ça non plus. Imaginez une armoire d'où sortent des dizaines de câbles. Devant cette armoire, un clavier. 

Dès 1968, Wendy Carlos utilise le Moog tout au long de l'album Switched-On Bach. Jouer Jean-Sébastien Bach avec des ondes électriques laisse vraiment encore de la musique. Cet avant-gardisme provoque un véritable scandale. Mais c'est un carton mondial

Le Moog, on le doit à Robert. Robert Moog. Cet ingénieur américain est passionné par l'électronique. Robert, c'est un drôle de gars, un peu perché. Il passe vraiment pour un original à bidouiller dans son garage. Il a une tête de scientifique un peu foufou, Bob. C'est en 1964 qu'il achève son œuvre. Un synthétiseur modulaire. Un truc qui fait passer la musique du bois au courant électrique. Une révolution que Wendy Carlos comprend immédiatement. C'est elle d'ailleurs qui suggère à Bob d'ajouter un clavier. 

Le Moog échafaude des sons venus tout droit d'autres galaxies. Et tout ça grâce à des ondes sinusoidales et des vibrations. Il ne s'agit pas de gratter, de souffler, de frapper un instrument. Non, il s'agit de moduler des ondes électriques. Avec le Moog, on fabrique des notes totalement synthétiques. Evidemment, ça intrigue. Comment une machine peut-elle procurer des émotions ? 

Grâce à Wendy Carlos et l'album Switched-On Bach, la pop culture s'empare du phénomène. Les premiers à utiliser le Moog sur un album pop, c'est The Monkees. Dans Daily Nightly, on sent bien que maîtriser le Moog demande une certaine technique. L'animal a peut-être le sang froid, il n'en reste pas moins qu'il est capricieux. Il chauffe rapidement et donc se désaccorde. Malgré tout, les Beatles parviennent à le dompter. Comme The Doors et d'autres. 

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Et puis, au début des années 70, le Minimoog voit le jour. Il est plus compact, plus pratique, plus stable et plus sexy. Il ne remplace pas le piano, il invente une autre façon de composer sans jamais fixer une note. Pink Floyd, Emerson Lake & Palmer, Yes, David Bowie, l'expérimentent. Une partie de la pop devient alors électronique. En Europe, les Allemands de Kraftwerk poussent le Minimoog et son concept jusqu'au bout des ondes. Il devient la passerelle entre l'humain et la machine. 

L'autoroute vers le futur est toute tracée pour les générations à venir. Depeche mode, Air, Daft Punk, tous lui doivent quelque chose. A l'air du tout numérique, le Moog est toujours là, comme un grand-père à l'air faussement rigide. Il a gardé son grain, sa chaleur et son mystère. Un son Moog se reconnaît immédiatement. Comme un sourire dans une machine.

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