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AaRON : "La musique coupe la solitude"

RÉDAC CHEF INVITÉ - EN IMAGES - Le duo français AaRON prend les rênes de RTL2.fr le temps d'une journée. L'occasion pour eux d'évoquer leur nouvel album "We Cut The Night", disponible le 18 septembre.

AaRON sort son troisième album, "We Cut The Night", le 18 septembre
AaRON sort son troisième album, "We Cut The Night", le 18 septembre
Crédit : Maxime Villalonga
AaRON sort son troisième album, "We Cut The Night", le 18 septembre
AaRON est formé de Simon Buret et Olivier Coursier
AaRON pendant leur conférence de presse avec l'équipe de RTL2.fr
AaRON s'est fait connaître avec le tube "U-turn (Lili)"
Les deux premiers disques d'AaRON ont été disque d'or
AaRON
Aaron sort son troisième album,"We Cut The Night", le 18 septembre
AaRON sort son troisième album, "We Cut The Night", le 18 septembre Crédits : Maxime Villalonga
AaRON est formé de Simon Buret et Olivier Coursier Crédits : Maxime Villalonga
AaRON pendant leur conférence de presse avec l'équipe de RTL2.fr Crédits : Maxime Villalonga
AaRON s'est fait connaître avec le tube "U-turn (Lili)" Crédits : Maxime Villalonga
Les deux premiers disques d'AaRON ont été disque d'or Crédits : Maxime Villalonga
AaRON Crédits : Maxime Villalonga
Aaron sort son troisième album,"We Cut The Night", le 18 septembre Crédits : Maxime Villalonga
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Simon Buret et Olivier Coursier font partie de ces artistes qui mettent d'emblée à l'aise. Avenants, blagueurs, souriants, notamment pour le premier, ils détendent aussi l'atmosphère par leur complicité évidente. "On est amis avant tout", souligne Olivier, guitariste et pianiste de leur duo, AaRON. Ils intriguent également par leur mélange de sensibilité accrue et d'humour à toute épreuve. Alors que leur troisième album, We Cut The Night, sort le 18 septembre, les deux camarades prennent les rênes de RTL2.fr le temps d'une journée et racontent la genèse de ce disque élégant et réfléchi, aux ambiances électroniques feutrées et introspectives. 

'Blouson Noir' est une métaphore du monde intérieur, de la nuit intime qu'on a en nous

Simon Buret (AarON)

AaRON est revenu presque par surprise. Alors que le duo s'était fait discret depuis la sortie de son deuxième album, Birds In The Storm (2011), il s'est produit sous le nom "Blouson Noir" pendant le festival du Printemps de Bourges, en avril dernier. "Le but était d'arriver sous le nom de notre musique et pas sous le label AaRON", explique Simon Buret. "On ne voulait pas être étouffé par quelque chose de plus grand que nous. Blouson Noir est une métaphore du monde intérieur, de la nuit intime qu'on a chacun en nous, d'une cape invisible qu'on a chacun. On a voulu envelopper les gens là-dedans et c'est pour cela qu'on s'est appelé 'Blouson Noir'." AaRON a ensuite fait appel au grand John Malkovich pour une vidéo teasing de We Cut The Night.

"Blouson Noir", ode à la nuit

Blouson Noir est avant tout le premier titre extrait de We Cut The Night, à l'ambiance électro faite pour danser. Simon Buret a eu l'idée de ce morceau lorsqu'il habitait à New York, en marchant sur Bowery Street : "Je ne reconnaissais plus la ville, je la trouvais agressive", explique le chanteur né d'un père américain. "Tout ce décor urbain, le transpirant, la graisse des restaurants, le béton, tout ça m'attrapait. Plutôt que de le combattre, je me suis plongé dedans." 

À cette époque, Simon et Olivier n'ont pas encore le projet de refaire un album. Le chanteur, également acteur, envoie sa maquette de Blouson Noir à Olivier. Celui-ci, de son côté, a déjà "le tapis sonore qui formera We Cut The Night". Avec Blouson Noir, ils ont voulu recréer au plus près les impressions d'une balade nocturne en ville. L'arrivée progressive de la basse vise ainsi à représenter le métro qui passe sous les pieds des piétons.

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Cette chanson devient le point de départ de We Cut The Night. "C'était important que Blouson Noir soit le premier titre extrait, parce que d'un coup, il transportait avec lui tout ce qui fait l'album", estime Simon. Les deux amis se retrouvent à Paris et s'enferment pendant un an dans un studio "à la location secrète". "Morceau par morceau", ils bâtissent We Cut The Night, comme autant de "petites cathédrales".

La musique pour couper le silence

Ce troisième disque n'est pas loin de l'album-concept, puisant inspiration dans la poésie organique et charnelle de Walt Whitman, ou le vers sec de Pierre Grillet. Les deux membres d'AarON ont voulu y mettre un peu de leur philosophie de vie. "Les sujets de l'album sont le voyage, le lâcher prise, trouver son centre, sa place dans la masse", résume Simon. Le clip du titre Onassis, deuxième extrait de We Cut The Night, montre par exemple un jeune homme en plein "désert sentimental", qui "plonge dans l'inconnu" pour se retrouver. 

Le fil invisible qui te relie à l'autre, c'est la musique

Simon Buret (AaRON)

Les deux membres d'AaRON tiennent beaucoup à l'expression "We Cut The Night", "nous coupons la nuit" en français, qu'ils ont inventée. "C'est une espèce de symbolique sur le fait que la musique coupe la solitude. Il y a aussi l'idée de couper la nuit", explique Simon, friand de la poésie concise de Tomas Tranströmer. "Souvent, le fil invisible qui te relie à l'autre, c'est la musique. Le silence que tu coupes en concert, quand les gens se retrouvent ensemble. Couper le silence, couper la nuit."

Passer de l'intime au monde extérieur

Cette manière de voir les choses se retrouve même sur la pochette de We Cut The Night. Simon et Olivier y apparaissent - c'est une première - et ont été attentifs à tous les détails : "On a pensé à un passe-muraille, l'idée du passage du monde intime au monde extérieur. On traverse les murs", détaille Simon. "On a recouvert notre visage et nos mains d'une couverture de survie. C'est le symbole d'une feuille d'or que les gens sauvés ont sur eux, comme une pépite au milieu du vide." 

Pochette de "We Cut The Night"
Pochette de "We Cut The Night"
Crédit :

Retrouver sa place au sein d'un tout mais aussi son équilibre. Deux thèmes cruciaux pour Simon et Olivier, propulsés sous le feu des projecteurs dès leur premier single, U-turn (Lili), sorti en 2007. Leur premier album, Artificial Animals Riding on Neverland (2007), ainsi que Birds In The Storm, ont été deux fois disque d'or, et suivis par des tournées remplissant les salles. Les deux musiciens ont donc voulu prendre le temps après leur deuxième album. "C'est important de se confronter au vide, parfois. Ça peut révéler pas mal de choses, défend Olivier, d'un tempérament très calme. J'ai l'impression que l'on a tous de plus en plus peur de ça. Il faut remplir, il faut qu'il y aie du contenu. Sachons apprécier les choses à l'opposé de ça."

En filigrane, Simon sous-entend que cette période n'a pas été des plus simples : "J'ai eu deux ou trois moments dans ma vie, entre ces deux albums, où j'ai compris que je me retrouvais, confie le chanteur de 35 ans. Tout le monde s'est fait larguer, a connu la mort. Tout le monde a cru que la Terre s'écroulait à un moment. Et puis tu t'en sors."

La musique heureuse n'existe pas, il n'y a que de la musique incarnée

Simon Buret (AaRON)

"La musique heureuse n'existe pas, il n'y a que de la musique incarnée, affirme-t-il encore. Tu traverses des choses, tu les digères. Ce qui est important, c'est que tu les transformes en quelque chose d'autre."

AaRON, "une expérience de vie"

Étonnamment, Simon Buret ne se voit pas comme un chanteur. "Je me vois comme un pêcheur d'éponges en Grèce, ironise-t-il. Il ne faut jamais qu'AaRON devienne un métier. On est fier de notre travail mais le mot 'métier' me... Hésite-t-il, sans trouver de mot. Peut-être parce que je l'associe à un mauvais truc. Ce qui est ridicule. Il faut que ça reste une expérience de vie."

"Ce qui est important pour nous, c'est la liberté, appuie Olivier, qui œuvrait auparavant au sein de Mass Hysteria. On y a veillé dès le premier album. On a une espèce de créativité qui est un peu infinie. On fait ce qu'on veut."

Sur scène, je suis amoureux de tout le monde

Simon Buret (AaRON)

La liberté de Simon et Olivier est également totale dans les salles de concert, qui ne désemplissent pas à leur passage. "Sur scène, je suis amoureux de tout le monde", avoue Simon Buret, aux yeux rieurs. "C'est un moment profondément ancré dans le présent", renchérit Olivier Coursier, qui joue de plusieurs instruments en live. "C'est un moment très spécial, de partage. Je n'ai jamais retrouvé ça ailleurs." Pour l'instant, ils ont hâte de reprendre la route, qui les mènera à l'Olympia le 25 novembre. Une date pour laquelle ils sont déjà en pleins préparatifs. "On a fait appel à 90 musiciens", plaisante Olivier. "Oui, on voulait quelque chose d'intime", conclut Simon. 

We Cut The Night, sortie le 18 septembre chez Wagram.

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