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Green Day part en guerre contre l'Amérique avec "Revolution Radio"

NOUS L'AVONS ÉCOUTÉ - Le trio de pop punk mené par Billie Joe Armstrong fait oublier les errances passées avec un nouveau disque énervé, contemporain, mais classique dans sa forme. "Revolution Radio" est disponible le 7 octobre.

"Revolution Radio", 12e album studio de Green Day, s'attaque à la culture des armes à feu
"Revolution Radio", 12e album studio de Green Day, s'attaque à la culture des armes à feu

"Viva Vendetta !", souffle Billie Joe Armstrong sur Bang Bang, l'un des titres les plus forts de Revolution Radio, nouvel album de Green Day, disponible le 7 octobre. Un vent de rébellion s'apprête à souffler dans vos bronches. Ce disque fort et très politisé puise dans les conflits sociaux qui agitent la société américaine. Notamment, les violences policières qui ont amené au mouvement Black Lives Matter, et la guerre, thème cher au trio californien, qui n'a jamais été tendre envers les puissants. Revolution Radio s'inscrit ainsi dans son temps, mais propose un retour à un son punk très classique, sans surprise mais efficace.

Les fans de Green Day ont de quoi se réjouir. Après la décevante trilogie ¡Uno!¡Dos!¡Tré!, sortie en 2012, Revolution Radio ravive la flamme qui anime le trio formé depuis presque 30 ans par Billie Joe Armstrong (chant, guitare), Tré Cool (batterie) et Mike Dirnt (basse), plus en forme que jamais.

Récit chaotique

Green Day a construit Revolution Radio autour d'une trame chaotique. Le groupe part d'un constat tragique : brisée et sur les nerfs, la société cherche n'importe quel prétexte pour en venir aux armes, en son sein ou à des milliers de kilomètres. 

Le premier titre, Somewhere Now, donne la couleur : "All we want is money and guns/A new catastrophe" ("Tout ce que nous voulons/C'est de l'argent et des flingues/Une nouvelle catastrophe"), chante l'infatigable rebelle de 44 ans, qui a du se débarrasser de ses démons avant de pouvoir enregistrer ce 12e disque studio. 

Bang Bang 
et Revolution Radio poursuivent la même logique guerrière : "I got a fever for the violent behavior/I'm sweating bullets like a modern Romeo" ("J'ai un faible pour les comportements violents/Je transpire des balles comme un Roméo des temps modernes"). La tension monte d'un cran avec la puissante Say Goodbye, où il est question de tout abandonner pour partir au combat. 

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Le protagoniste dit adieu à son insouciante jeunesse (Outlaws, Youngblood), avant de traverser le pire (Bouncing Off The Wall) et de remonter peu à peu la pente, comme sur la belle (mais un peu facile) Still Breathing, et même, de rêver de révolution (Forever Now).

L'Amérique au vitriol

C'est donc un portrait de la société américaine au vitriol que Green Day dresse dans Revolution Radio. Au début des années 2000, le trio avait fait exploser sa popularité avec l'album American Idiot (2004), brûlot de 9 titres anti-américain dans un pays encore traumatisé par le 11 septembre. 12 ans plus tard, Green Day n'a pas fini de régler ses comptes avec le pays de l'Oncle Sam. 

Dans le Rolling Stone américain, on apprend que Billie Joe Armstrong est tombé sur une marche contre les violences policières à Manhattan, il y a 2 ans. "Je suis sorti de ma voiture et j'ai marché avec les gens. C'était un voyage pour voir les gens se rebeller contre le vieil ordre", explique l'intéressé. C'est ainsi qu'est né Revolution Radio.

Still Breathing mêle différents profils - une mère célibataire, un junkie, un accro au jeu, un soldat -, tandis que Bang Bang est écrit depuis la perspective d'un tueur en série. Ces dernières années, les États-Unis ont été secoués par plusieurs fusillades de masse, souvent à l'encontre de minorités sexuelles ou ethniques. Billie Joe Armstrong y critique la publicité médiatique faite à ces assassins : "Bang Bang! Give me fame/Shoot me up to entertain" ("Bang, bang, rends-moi célèbre/Crible-moi de balles pour divertir"). "Nous vivons une époque troublée", assène-t-il sur Troubled Timeschanson inspirée en partie par les attentats de Paris.

Green Day originel et personnel

Est-ce sa propre histoire que Billie Joe Armstrong raconte en filigrane de ce disque reflétant une partie des États-Unis d'aujourd'hui ? Sur certaines chansons, le leader aux yeux toujours cernés de noir ne se cache pas derrière des grands discours ou des personnages. Après une cure de désintoxication en 2012, il avait besoin de vider son sac. Ces chansons plus intimes détournent l'attention du propos très politique du disque, mais n'en allègent pas l'atmosphère. Avec Youngblood, le chanteur évoque par exemple une femme (son épouse ?) venant d'Oakland, ville où s'est formé Green Day en 1987.

Dès le premier titre, Somewhere Now, le leader de Green Day évoque les difficultés qu'il a rencontrées après une cure de désintoxication, il y a quelques années. Le chanteur a dû apprendre à se passer d'alcool dans ses moments seuls. Dans la longue (près de 7 minutes) Forever Now, il partage son expérience de rock star, et parle en son nom : "My name is Billie and I am freaking out (...) I'm like a punk rocker on labor day/How the hell did I work so hard to perform this way/I've never learned to read or write so well/But I can play the guitar until it hurts like hell" ("Je m'appelle Billie et je flippe" (...) "Je suis comme un rockeur punk le jour des travailleurs/Comment ai-je pu travailler pour jouer de cette manière/Je n'ai jamais appris à lire ou écrire si bien/Mais je sais jouer de la guitare jusqu'à ce que ça fasse un mal de chien"). 

Malgré son propos fort et ancré dans son temps, qui permettra sans doute d'offrir un témoignage de son époque, Revolution Radio pèche par son manque d'audace mélodique, à part quelques exceptions comme Bang Bang, Bouncing Off The Wall et Forever Now, portées par l'énergie du désespoir. Les titres sont tous efficaces, certes, mais prévisibles. Un peu dommage pour un album 100% rebelle.

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