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"Alice au Pays des Merveilles" : 150 ans d'influence sur la musique

SÉRIE (1/2) - Le roman de Lewis Carroll célèbre ses 150 ans en 2015. Cette histoire décalée influence encore de nombreux musiciens, des Beatles à Damon Albarn, qui la revisitera au théâtre du Châtelet en 2016.

Gwen Stefani se glisse dans la peau des personnages de "Alice au Pays des Merveilles" pour le clip de "What You Waiting For"
Gwen Stefani se glisse dans la peau des personnages de "Alice au Pays des Merveilles" pour le clip de "What You Waiting For"

"Tout ceci est de plus en plus curieux", s'inquiète le personnage d'Alice dans Alice au Pays des Merveilles, roman écrit par Lewis Carroll et publié en 1865. L'ouvrage célèbre ses 150 ans cette année, avec de nombreux hommages au Royaume-Uni, dont une exposition à la British Library de Londres. Ayant réussi à créer non seulement un vocabulaire propre (avec l'invention des porte-manteaux, ces mots composés de deux mots), mais aussi, un univers savamment décalé, Lewis Carroll en a fait une histoire incontournable, qui obsède petits et grands, dont les musiciens. 

De Marilyn Manson à Indochine, les chanteurs s'en inspirent

Bien au-delà d'Albion, Alice au Pays des Merveilles souffle encore à ce jour un vent d'étrangeté et de rêveries sur la pop culture, dont la musique. Ses personnages plus fous les uns que les autres, son intrigue refusant toute logique et ses dialogues absurdes mais philosophiques en font un puit sans fond d'inspiration pour de nombreux artistes. En ouvrant les frontières à son époque, notamment en posant les bases du non-sens comme style littéraire, le roman de Lewis Carroll a ouvert une brèche.

The Beatles, alors en pleine période psychédélique, ont ainsi écrit le titre I Am The Walrus (1967), en référence au personnage du morse qui capture des petites huîtres pour les manger.

L'histoire de ce cruel animal est racontée à la petite Alice par les jumeaux Tweedle Dee et Tweedle Dum, qui ont eux-mêmes été l'objet d'une chanson éponyme de Bob Dylan, sortie en 2001 sur l'album Love and Theft.

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Dans un style beaucoup plus sombre, Marilyn Manson a souvent puisé dans l'univers de Lewis Carroll, dont il est fan. Il en a même tiré l'album Eat Me Drink Me. Dans le titre éponyme, le chanteur de métal industriel se réfère aux étiquettes aposées sur des aliments et boissons, qu'Alice consomme à plusieurs reprises dans le livre, changeant de taille à chaque fois. Dans ce titre, Marilyn Manson se met dans la peau de la fillette, et raconte l'histoire avec un point de vue sanglant. 

Marilyn Manson admire Lewis Carroll au point d'avoir voulu produire un film horrifique consacré à sa partie sombre. Basé sur les journaux intimes de l'auteur et des biographies le concernant, le long-métrage s'intitule Phantasmagoria : The Visions of Lewis Carrollmais n'en est qu'au stade de la bande-annonce. Marilyn Manson a fini par se retirer du projet, "trop dommageable pour sa santé mentale", a-t-il expliqué aux utilisateurs du site communautaire Reddit en avril dernier.  

Des artistes français ont également été influencés par le travail de Lewis Carroll, Charles Lutwidge Dodgson de son vrai nom. Le groupe Indochine a notamment cherché l'inspiration dans Alice au Pays des Merveilles pour le disque Alice & Junequi a fêté ses dix ans récemment. Certains titres de l'album s'inspirent de l'univers onirique et étrange du roman, comme Sweet Dreams et Belle & Sebastiane, ainsi que la pochette.

Damien Saez célèbre le personnage de cette fillette tête en l'air dans la chanson Alice, parue sur Varsovie-L'Alhambra-Paris (2008). Enfin, le groupe F.F.F. en fait de même avec un titre éponyme, extrait de l'album Vierge (2000). "Ton pays des merveilles n'a pas son pareil/Carroll Lewis/Mais qui sont ses complices/Qui transforment en cauchemar/Tes fantasmes et tes vices". Enfin, le trio de hip-hop français Odezenne a proposé un remix d'une chanson tirée du dessin animé de Walt Disney

Un univers visuel marquant la pop-culture

Alice au Pays des Merveilles a également inspiré de nombreux clips musicaux. On retient notamment What You Waiting For ? de Gwen Stefani, chanteuse de No Doubt. L'artiste se grime en une Alice rock'n'roll et aux influences japonaises, perdue dans un labyrinthe rappelant celui de la Reine Rouge.

Le groupe pop-punk américain Paramore a aussi joué sur l'univers du roman de Lewis Carroll pour la vidéo du single Brick By Boring Brick (2009). La chanteuse Hailey Williams est habillée comme le personnage d'Alice, avec une robe bleue à la dentelle blanche. Les fans de Paramore ont peut-être connu The Birthday Massacre, groupe d'emo resté plutôt confidentiel de ce côté de l'Atlantique, dont l'emblème est un lapin inquiétant. En 2008, il propose le single Looking Glass, dont le titre rappelle De l'autre côté du miroir, suite des aventures d'Alice au pays des Merveilles. Enfin, l'angoissant clip de Blue repose sur l'idée de labyrinthe, également associé à l'ouvrage de Carroll. 

Par ailleurs, les pochettes des albums Take A Look In The Mirror (2003) et See You On The Other Side (2005), du groupe de métal Korn, sont aussi basés sur l'univers d'Alice au Pays des Merveilles

Plus récemment, la vidéo lyrics de The Handlertitre de Muse issu de leur nouvel album, Drones, montre Alice et le Chapelier Fou, mais dans leur version Disney. Tournant au-dessus de Matthew Bellamy et de ses consorts, ils semblent représenter les vestiges d'une enfance oubliée.

Adapté sur scène par Oxmo Puccino et Damon Albarn

Alice au Pays des Merveilles a inspiré certains artistes au point qu'ils l'ont adapté sur scène. C'est le cas du rappeur Oxmo Puccino et du trompettiste Ibrahim Maalouf, qui ont monté un spectacle musical intitulé Au pays d'Alice...joué à la Philarmonie de Paris, début février. Accompagné d'un orchestre symphonique et d'un choeur d'enfants, Oxmo Puccino raconte l'épopée d'Alice au pays des Merveilles. La bande-originale de quinze titres écrits pour l'occasion est toujours disponible à l'achat et sur les sites de streaming.  

Damon Albarn, leader de Blur et Gorillaz, va à son tour s'atteler à donner vie à l'oeuvre de Lewis Carroll, avec wonder.land, qui sera présenté au festival de musique international de Manchester. "C'est sirupeux, prévisible et cynique", résume le chanteur au Telegraph. "J'ai essayé de rendre le pays des merveilles aussi magnifique et bruyant qu'il a besoin d'être, mais également, aussi triste que nécessaire", précise Damon Albarn, qui a voulu une interprétation très libre de l'histoire. Verdict en juillet à Manchester, et en 2016 au théâtre du Châtelet, à Paris.

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