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VIDÉOS - "Le rock est une musique qui colle à la jeunesse", estime Last Train

ZEDÉCOUVERTE (3/4) - RENCONTRE - Le jeune quatuor alsacien décrit à RTL2.fr sa conception d'un rock "intense et indépendant", qu'il défendra à Rock en Seine le 30 août.

Last Train devrait sortir son premier album en fin d'année
Last Train devrait sortir son premier album en fin d'année
Crédit : Capture d'écran/RTLnet
ZE DÉCOUVERTE - Last Train - "Orange" à la Flèche d'Or
05:10

Last Train n'a qu'un EP de deux titres à son actif, l'antinomique Cold Fevermais s'annonce déjà comme l'une des sensations rock de la rentrée 2015. Ce jeune quatuor alsacien, en partie originaire de Mulhouse, peut se targuer d'avoir été en première partie de groupes comme Band of Skulls ou Black Rebel Motorcycle Club. Sur scène, il défend des titres longs, puisant aussi bien dans le grunge de Nirvana que le rock stoner de Led Zeppelin. Et en anglais, please. Avec une moyenne d'âge de 20 ans, Last Train a déjà effectué une tournée de quatorze dates en Europe, et une autre sur les routes françaises le mois passé.

Menés par Jean-Noël, chanteur et guitariste, les membres de Last Train ont reçu RTL2.frainsi que Francis Zégut, lors de leur passage à la Flèche d'Or de Paris, le 13 avril. 

La famille Last Train

Last Train, ce n'est pas seulement un son qui vous décrasse les oreilles et vous électrise de part en part, mais aussi, un look qui se veut sans ambiguïté. Habillés en noir de la tête aux pieds, Jean-Noël (chant, guitare), Julien (guitare), Tim (basse) et Antoine (batterie) affichent une allure rock assumée et travaillée : lourde veste en cuir cintrée sur le dos, slim moulant et cheveux en bataille, graissés par la moiteur de leur van de tournée. On les retrouve assis sur l'une des banquettes rouges bordant la terrasse de la Flèche d'Or, petite salle perchée dans le vingtième arrondissement de la capitale. Pas timides, ils nous invitent à les rejoindre et se serrent pour faire de la place.

Il ne faut pas non plus trop se fier à leur apparence. Il n'y a pas de bière sur la table, juste des sodas et quelques cigarettes. Surtout, les garçons, "copains de collège" pour la plupart, rient beaucoup, se charrient. Ils se considèrent comme "une famille". Très soudés, ils ont créé leur propre label, n'ont pris un tourneur que s'il répondait à leurs conditions, et s'occupent d'autres groupes comme Holy Two, duo lyonnais d'électro-pop. Last Train prend les devants, "dans un esprit du non-stop, de l’intensif et de l’indépendance", martèle Jean-Noël, peut-être le plus déterminé de tous.

Rejeter le rock aseptisé

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"On voit de très bons groupes [émerger] mais de l'autre côté, on voit aussi beaucoup de groupes aseptisés. On est à mille lieues de ça, ce n’est pas cette face du rock qu’il faut montrer", estime Jean-Noël. "On ne va pas forcément trouver un adjectif pour décrire notre rock, mais il y a quelque chose dans l’intention et l’authenticité", explique le chanteur, dont le visage encore poupin tranche avec la brutalité de son jeu de scène. "Le rock est une musique qui colle à la jeunesse", défend Antoine. "Le rock correspond bien à cette idée de franchir une limite, de faire quelque chose qui est différent de notre routine aseptisée."

Les membres de Last Train sont cependant loin de se penser novateurs : "On ne crée rien en soi : deux guitares, une batterie, une basse, un chanteur et des choristes, ça a été vu depuis des dizaines d’années", reconnaît Tim sans rougir. "On ne crée rien de nouveau mais on le fait à notre façon, avec de l’amour, de l’intention, de l’énergie, de la symbiose."

On ne crée rien de nouveau mais on le fait à notre façon, avec de l’amour, de l’intention, de l’énergie, de la symbiose.

Tim (bassiste de Last Train)

Adepte des allégories, Julien poursuit plus loin : "On fait de la musique pour avoir un semblant d'existence, se sentir vivre. [...] Si à la fin du set on casse tout et qu’on a cette alchimie, c’est parce qu’on s’est senti exister au moins pendant 45 minutes. Se sentir exister, ça surpasse tout." 

En partant de ce constat, Last Train privilégie les mini-tournées très intenses. Quitte à se pousser dans leurs retranchements : "Je fais le malin mais ça fait cinq concerts que je suis malade. Mais c’est comme ça que ça doit se passer : ça doit être intense, non-stop, on doit avaler les kilomètres", appuie Jean-Noël. Le groupe a ainsi enchaîné quatorze dates en seize jours à l'été dernier, dans sept pays européens différents. "Ça a de la gueule, c’est cool, c’est rock. C’est vraiment cette image qu’on défend. C’est intense", tranche le chanteur. 

À regarder

ZE Découverte - Last Train - "Fire" à la Flèche d'Or
07:22

Bêtes de scène

"On aime jouer très fort", résume Jean-Noël. La petite asssemblée acquiesce. "Il y a énormément d’énergie, même sur un morceau comme Fire qui est plus lent", explique Tim, à la mèche sautillante. "On le joue avec nos tripes, on ne joue pas comme de simples musiciens, on le joue avec une alchimie et énormément d’intention". 

On ne saurait dire mieux. Sur scène, Last Train se donne sans concession. Malgré les grosses gouttes de sueur qui perlent sur son front, Jean-Noël garde sa veste en cuir. Son chant guttural et éraillé fait pulser les veines de son cou, au point qu'elles sont visibles de loin. Ses camarades sont aussi en nage, mais ne semblent pas s'en rendre compte.

On essaie de créer de la magie autour de la chanson, avec la seule force de nos doigts.

Julien, guitariste de Last Train

Tout juste Julien finit-il par abandonner son sweat, dont il porte la capuche sur la tête, après avoir fumé une cigarette. Le visage crispé, le guitariste maltraite les cordes de son instrument et le fait même virevolter. Le public de la Flèche d'Or est sidéré, et en redemande. Julien a une jolie formule pour résumer leur approche de la scène : "On essaie de créer de la magie autour de la chanson, avec la seule force de nos doigts."

Un premier album en fin d'année

Que se passe-t-il une fois le rideau tombé ? Les garçons retournent à la réalité : les études pour Tim et Antoine et "un poste d'équipiers polyvalents" pour Jean-Noël et Julien. En somme, serveurs en fast-food. Mais les jeunes rockeurs essaient de ne pas se laisser démonter : "Quand on va revenir après la tournée ça va être la grosse claque dans la gueule. 'Putain mec, la vie c’est aussi ça.' Ça pousse la hargne à repartir en tournée", dit Jean-Noël en s'agitant. "Tu te dis que tu ne veux pas aller taffer dans ce putain de fast-food et servir des burgers aux gens. Tu en as d’autant plus la hargne et tu mets d’autant plus d’intention dans tes concerts. Je suis ravi que ça se passe comme ça pour l’instant parce que c’est formateur". De quoi faire penser à Ian Curtis, leader de Joy Division, qui était conseiller emploi pour des personnes handicapées aux premières heures du groupe. 

Que Last Train se réjouisse : de nombreux événements les attendent. Lauréat du tremplin des Inouïs du Printemps de Bourges, le groupe partira en tournée pour le festival à l'automne, et devrait aussi sortir son premier album en fin d'année. "Il sera à l’image du live parce que les instruments ont été enregistrés en live, sauf le chant", se réjouit Antoine. Le groupe jouera aussi à nouveau aux côtés de Black Rebel Motorcycle Club et Hanni El Khatib aux Musiques en Stock, le 2 juillet. Last Train ramènera même ses guitares à Rock en Seine le 30 août. Rendez-vous est pris.

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