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VIDÉOS - "Je me suis épanoui sur le tard", confie Brandon Flowers, chanteur de The Killers

RENCONTRE - De passage au Trianon le 29 mai 2015, le chanteur de The Killers présente à "RTL2.fr" "The Desired Effect", son deuxième album solo flamboyant, imprégné des années 1980.

Brandon Flowers vient de sortir son deuxième album solo, "The Desired Effect"
Brandon Flowers vient de sortir son deuxième album solo, "The Desired Effect"
Crédit : Facebook.com/BrandonFlowers

Il faut patienter une heure dans la belle antre du Trianon pour pouvoir approcher Brandon Flowers, leader de The Killers, groupe de rock américain aux tubes planétaires comme Mr. Brightside, Somebody Told Me ou Human. Ce 29 mai, le chanteur de 33 ans y présente son deuxième album solo, intitulé The Desired Effect. Il n'est que 17h, mais une petite centaine de fans est déjà pressée contre les portes du Trianon, attirant la curiosité des passants. À l'intérieur, on entend au loin le chanteur à l'allure adolescente répéter ses titres enjoués, lorgnant du côté des années 80.

Ce nouvel effort solo lui vaut de nombreuses félicitations, et il en est le premier surpris. "Les réactions sont très positives, je n'y suis pas habitué", assure Brandon Flowers, à la douceur presque désarmante. "Ça me fait un peu peur. Peut-être que j'ai proposé quelque chose de trop facile aux gens", hésite-t-il, pas loin de s'excuser d'être en tête des ventes au Royaume-Uni et dans le top 10 des charts aux États-Unis. "J'ai travaillé très dur", avance ce boulimique du travail, qui a collaboré avec Axel Rechtshaid (Madonna, Haim, Vampire Weekend) pour concocter The Desired Effect.

Des stades aux salles confidentielles

The Killers se sont fait connaître grâce à des hymnes pop-rock taillés pour les stades. En solo, Brandon Flowers est toujours aussi tonitruant, mais plus nuancé. Même quand il reprend Jenny Was A Friend Of Mine et Read My Mind face à un public conquis à sa cause, il ne peut s'empêcher de retravailler la mélodie de ces titres cultes. "Les salles de concert sont plus petites", s'amuse le chanteur, habitué à remplir les stades autour du monde. "Mes chansons sont différentes. Je dois trouver un autre groove. Ce n'est pas aussi bruyant ni instantané que les Killers, mais j'en suis très fier."

Le public de l'Ancienne Belgique à Bruxelles, où Brandon Flowers se produit le 2 juin, est tout aussi exalté aux premières notes des titres solo du chanteur. Alors que le concert est bien avancé, plusieurs spectateurs réclament en hurlant I Can Change, morceau de The Desired Effect. Cette chanson a été samplée sur le tube Smalltown Boy, du groupe londonien Bronski Beat. Brandon Flowers a utilisé la mélodie et changé les paroles, faute d'accord avec son label, qui rêvait d'un duo avec un DJ. "Il y a du drame, du poids, une sorte de sophistication que je n'entendais pas ailleurs", s'enthousiasme le chanteur à propos de ce titre, devenu l'un des premiers hymnes gay. Neil Tennant, chanteur de Pet Shop Boys et son ami de longue date, y fait même une apparition. L'Américain n'a jamais caché sa fascination pour la musique britannique.

Imprégné de la musique de son enfance

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The Desired Effect aurait pu être enregistré en 1984, année de sortie de Smalltown Boy. À cette époque, Brandon Flowers a trois ans, et vit dans une petite ville de l'Utah, État rural et conservateur. Malgré son jeune âge, le garçon s'imprègne de tout ce qui l'entoure : "Maintenant que j'ai du recul sur l'album, je me rends compte qu'il y a pas mal de références. Je suis né en 1981, et pendant les premières années de ma vie, je n'ai écouté que la musique de l'époque, qui passait à la radio, en voiture avec mes parents", se souvient le chanteur, qui vit désormais à Las Vegas. 

Je sais ce que c'est, d'avoir l'impression de ne pas être intégré. Ça réunit beaucoup d'amateurs de musique

Brandon Flowers

"J'ai absorbé beaucoup de choses quand j'étais plus jeune, notamment de la musique. Je pensais que tout le monde faisait ça, connaissait les paroles. Je n'avais besoin d'écouter une chanson qu'une à deux fois pour en être imprégné et m'en souvenir parfaitement", assure Brandon Flowers. "Quand mon frère était adolescent, il écoutait tous les artistes cool : The Cure, The Smith, New Order, etc. C'est génial, parce que j'ai eu accès à la fois à la musique populaire et celle beaucoup plus underground."

Le morceau Lonely Town semble imprégné de cette enfance au sein de la classe moyenne américaine : "Je me tenais au bout de cette corde/Quelque part aux confins de l'espoir/Pas de vie sans toi autour/Encore un enfant dans la Ville Solitaire", chante Brandon Flowers un sourire aux lèvres, une veste dorée sur le dos. "Je sais ce que c'est, d'avoir l'impression de ne pas être intégré. C'est quelque chose qui réunit beaucoup d'amateurs de musique", dit-il avec son accent de ranger. "Je cherche encore ma place aujourd'hui", avance le chanteur. "Plus je vieillis, plus je me sens ancré dans le Nevada, Las Vegas, et plus je m'y attache. Peut-être parce que j'ai des enfants et que je veux qu'on ait une identité."

Une éclosion tardive

Malgré ses hésitations, Brandon Flowers semble plus épanoui que jamais. Il n'a plus le visage poupon qu'il durcissait à coup de crayon noir autour de ses yeux, ni cette mine pâle et nerveuse qu'il a affichée sur scène pendant longtemps. Dans le clip de Still Want You, le chanteur apparaît métamorphosé : aminci, un peu ridé, mais avec un sourire ravageur qu'on lui connait peu, et qui ne le quitte pas pendant l'interview. "Plus je vieillis, plus je me rends compte que je veux être positif", observe Brandon Flowers. "Je me sens de mieux en mieux dans ma peau. La chanson est très joueuse, et on s'est beaucoup amusé sur le tournage du clip. Tout m'a semblé naturel", explique-t-il, avant d'ajouter : "Mais je souris, dans la vie !"

Brandon Flowers le concède en riant : il commence à être mature. "Je pense que je suis enfin en train de devenir un adulte ! C'est dur. Je me suis épanoui sur le tard. Je suis un peu en retard". Ce sentiment, il l'a placé au coeur de The Desired Effect : "L'album parle beaucoup de changement, de l'adaptation nécessaire au fait de devenir un adulte, aux responsabilités." 

Je pense que je suis enfin en train de devenir un adulte ! C'est dur. Je me suis épanoui sur le tard

Brandon Flowers

Étonnant pour ce père de trois jeunes fils, marié à 24 ans, assumant sa foi mormonne et croyant à l'amour éternel. Son hypothèse pour expliquer ce décalage ? Le fait d'être le benjamin de sa famille. Son adolescence dans l'extravagante Las Vegas et sa propulsion au rang de rock star à l'aube de ses 20 ans y sont sans doute pour quelque chose aussi. 

Rescapé des années 2000

Lorsque The Killers explosent en 2004, avec leur premier single, Somebody Told Me, le quintet se retrouve mêlé à une vague de nouveaux groupes qui redéfinissent les limites du rock. "The Killers, The Strokes, Kings Of Leon, Kaiser Chiefs, Franz Ferdinand, Interpol, Arcade Fire, The Libertines, Razorlight : il n'y a rien de tout cela maintenant !", regrette Brandon Flowers en secouant la tête. "C'était une période très excitante. Je n'ai pas entendu Kings Of Leon avant d'aller à Londres pour la première fois, où j'ai entendu Molly's Chambers dans ma chambre d'hôtel. Je me suis dit 'Mais qu'est-ce que c'est ? C'est génial !'"

Il y aura sûrement une nouvelle résurgence de groupes de rock

Brandon Flowers

"D'une certaine manière, il y a un vide à combler", estime la rock star, avant d'embrayer : "Mais les gens se plaignent toujours à propos de ça. Il y aura certainement une nouvelle résurgence de groupes de rock." Brandon Flowers est à présent prudent sur ce sujet. Récemment, il a déclaré dans une interview que The Killers était "le plus grand groupe du monde", une affirmation qui lui a attiré bien des foudres.

"Je ne devrais pas dire ce genre de choses", dit le chanteur, comme s'il voulait se repentir de ses opinions. Il cherche longuement ses mots. "Je le comprends, parce qu'il y a eu tellement de groupes géniaux et iconiques depuis les années 1950. C'est dur [pour les gens, ndlr] de se rendre compte que des groupes actuels en sont là. J'ai été sur scène, à travailler. On en est là, mais les gens ne s'en rendent pas compte." Toujours pour éviter la polémique, il enchaîne : "Mais ce n'est pas grave. Parfois, je suis très bavard en interview, et ça ne donne pas une bonne image." Que Brandon Flowers se rassure : il est toujours On Top.

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