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VIDÉOS - David Bowie, le chanteur qui aimait la science-fiction

Sur scène ou sur écran, David Bowie a incarné des aliens venus d'ailleurs, et a compris avant tout le monde qu'Internet allait révolutionner l'industrie musicale et le processus créatif.

David Bowie avait créé son propre fournisseur d'accès à Internet à la fin des années 1990
David Bowie avait créé son propre fournisseur d'accès à Internet à la fin des années 1990
Crédit : DAVE ALLOCCA, DMI, THE LIFE PICTURE COLLECTION

David Bowie était en avance sur son temps. Décédé le 10 janvier des suites d'un cancer du foie, le chanteur britannique aura marqué les 50 dernières années, et sûrement bien d'autres à venir, par son avant-gardisme musical, son sens inné de la mise en scène et ses nombreuses "personae". 

David Bowie était également à la pointe sur différents sujets relevant de la science-fiction et des nouvelles technologies. Dans ses chansons, ses films ou certaines de ses déclarations, David Bowie a cultivé ces obsessions. 

Ziggy Stardust, son alter ego extraterrestre

L'un des titres les plus connus de David Bowie est bien sûr Space Oddity. Présent sur les albums David Bowie (sorti en 1969 et aussi nommé Space Oddity) et The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars (1972), il est pourtant sorti dès 1969 en tant que single. Il a alors été retransmis sur la BBC en guise de bande-son des images montrant la mission Apollo 11 se poser sur la Lune, le 20 juillet.

David Bowie y raconte l'histoire du Major Tom, jeune astronaute qui tente d'entrer en communication avec la Terre. En 2013, Space Oddity traverse la stratosphère en étant reprise par l'astronaute Chris Hadfield, depuis la Station Spatiale Internationale. La boucle est bouclée. 

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Ziggy Stardust est un album-concept, et le nom d'une des alter egos scéniques de David Bowie. Ce personnage est un Martien androgyne et bisexuel venant du futur, envoyé sur Terre pour divertir et informer les humains. Il anticipe l'arrivée du Starman (autre chanson présente sur l'album), qui viendra sauver l'humanité, menacée d'extinction par le manque de ressources naturelles. Cette apocalypse est symbolisée par "les infinis".

Sur scène, David Bowie incarne Ziggy Stradust, et tue son personnage en interprétant la chanson Rock 'N' Roll Suicide. C'est un vrai opéra-rock de science-fiction condensé en un album et adapté sur scène. 

Dans Ashes To Ashes, chanson issue de Scary Monsters (and Super Creeps) (1980), David Bowie dévoile la suite de Space Oddity, 11 ans plus tard. On apprend que Major Tom est devenu un drogué victime d'hallucinations. "Ma maman disait que pour faire les choses bien / Tu ferais mieux de ne pas fréquenter le Major Tom". En une chanson, David Bowie détruit un héros, dans un retournement digne de Star Wars.

Un alien sur grand écran

Non content d'avoir incarné un alien sur scène, David Bowie l'a aussi fait sur grand écran, dans son premier film, intitulé The Man Who Fell To Earth ("l'homme qui est tombé sur Terre"), sorti en 1976.

David Bowie y joue Thomas Jerome Newton, un extraterrestre à l'allure humaine qui atterrit sur Terre pour y récupérer de l'eau et sauver sa planète de la sécheresse. En 2015, le chanteur l'a adapté en pièce de théâtre, sous le titre LazarusL'acteur Michael C. Hall a repris son rôle, et plusieurs chansons de Blackstarl'ultime album de David Bowie, sont interprétées sur scène. 

Il apparaît dans un jeu vidéo futuriste

On a eu tendance à l'oublier, mais David Bowie est aussi apparu dans un jeu vidéo : Omikron : The Nomad Soul, sorti en 1999 sur Windows et Dreamcast. Il mêle intelligence artificielle, biomécatronique (qui associe la biomécanique aux techniques médicales), religion et magie.

L'intrigue se déroule dans un monde futuriste imaginé par David Cage, PDG du studio Quantic Dream et développeur de Farhenheit et Heavy Rain. Le joueur peut transférer son âme dans 30 corps différents, chacun ayant une caractéristique particulière.

David Bowie a prêté son visage à deux personnages, ainsi que sa voix : Boz (un révolutionnaire) et le chanteur d'un groupe de rock. Pour ce dernier, David Bowie interprète des chansons de Hours, son 22e album, sorti en 1999. Le chanteur a également participé à la composition de la bande-son du jeu. 

Une vision avant-gardiste de l'industrie musicale

Durant cette même année, David Bowie a donné une interview au New York Times, dans laquelle il prédit les bouleversements qu'Internet provoquerait au sein de l'industrie musicale dans la décennie suivante. Ce qui semble relever de la science-fiction à l'époque, David Bowie a su l'anticiper.  

"C'était très difficile d'écouter de la musique quand j'étais jeune. Il fallait se brancher sur la radio IFM pour entendre des chansons américaines. MTV n'existait pas, rappelle David Bowie. Avant, être dans le rock'n'roll effrayait les gens, maintenant c'est un choix de carrière comme un autre. Internet porte le drapeau d'être subversif, potentiellement rebelle, nihiliste."

Pour David Bowie, Internet était en train de remplacer le concept de rock star en tant qu'instrument de rebéllion, et la distinction entre l'artiste et le public se réduisait. "De mon point de vue, du fait que je sois une pop star, un chanteur, un écrivain, j'aime l'idée qu'il y a une nouvelle démystification à l'oeuvre entre l'artiste et le public, se réjouit-il à l'époque. Il n'y a pas eu un seul artiste ou un groupe qui ait représenté les années 90. Maintenant, il y a des sous-genres, des groupes, ça marche sous forme de communautés et cela parle de plus en plus du public. L'intérêt d'avoir quelqu'un en tant que leader a disparu, parce que le vocabulaire du rock'n'roll est trop connu à présent. C'est juste un convoi d'informations, et plus de rébellion. Internet prend la relève sur ce sujet, et je trouve que c'est une époque terriblement excitante.

Plus loin dans l'interview, David Bowie prédit même "la mort du droit d'auteur" dans les "10 ans à venir". Il aura même fallu attendre moins longtemps avec la chute des ventes de disques, et donc, des droits d'auteur, et l'arrivée du streaming, dont le partage des revenus est encore critiqué par les artistes.

David Bowie savait même quelle alternative allait rester à l'industrie musicale : "Vous avez intérêt à vous préparer à faire beaucoup de tournées parce que c’est vraiment la seule situation unique qui restera. C’est terriblement excitant. Mais d’un autre côté, ça n’a pas d’importance de savoir si vous pensez que c’est excitant ou non ; c’est ce qui va se passer."

Internet comme outil créatif

Par la suite, David Bowie met en application ce qu'il a prédit, notamment dans l'idée de se rapprocher de son public et de le faire participer à son processus créatif. Il crée son propre fournisseur d'accès Internet, BowieNet, destiné à ses fans au Royaume-Uni et aux États-Unis. Il leur donne accès à des contenus exclusifs comme des enregistrements audio, des clips, des photos personnelles et des espaces de discussion en ligne, auxquels le chanteur participe parfois. David Bowie y poste la première "cyber-song", c'est-à-dire, une chanson écrite avec l'aide des internautes. La communauté BowieNet s'est finalement éteinte en 2012.

Des années plus tôt, le chanteur a écrit son album Outside (1995) à l'aide du logiciel Verbasizer, imaginé à cet effet. Il y rentre des phrases dans lesquelles le logiciel sélectionne des mots au hasard. Bowie s'en est ensuite servi comme base pour écrire ses chansons. Enfin, le chanteur a été l'un des premiers à sortir un single en exclusivité sur Internet : Telling Lies.

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