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VIDÉO - "Le petit train", le clip tragi-comique des Rita Mitsouko

LES CLIPS CULTES (13/40) - En 1988, le groupe Rita Mitsouko sort son clip "Le Petit Train", qui évoque de manière loufoque les trains qui menaient aux camps de concentration allemands.

Il est des choses parfois trop douloureuses pour être évoquées directement. Voilà qui pourrait peut-être aider à comprendre un peu l'univers des Rita Mitsouko, groupe de pop-rock mythique et déjanté des années 1980. Le duo est avant tout le fruit d'une histoire d'amour. Celle de Catherine Ringer, alors chanteuse et actrice et Frédérin Chichin, musicien dans des groupes de punk et rock. C'est aussi un mélange résolument atypique d'une multitude d'influences musicales et visuelles. 

En 1988, Les Rita Mitsouko sortent leur troisième album, Marc et Robert, dans lequel figure le titre Le petit train. Une rythmique entraînante aux accents funk, des synthétiseurs pour une instru minimale et la voix fluette de Catherine Ringer : comme le "petit train" qu'elle décrit, "roulant dans la campagne", la chanson serpente, légère. Pourtant, très vite, un malaise indescriptible s'installe. Est-ce le visage trop maquillé et figé des musiciens ? Ou leur danse, d'inspiration indienne, un peu trop appuyée ? Difficile, au départ, de comprendre d'où vient cette étrange impression. L'univers grandiloquent dans lequel évoluent les personnages du clip évoque ces comédies de Bollywood, chatoyantes et exubérantes, et n'a rien à voir, a priori, avec ce "petit train" dont Catherine Ringer parle.

"Petit train de la mort"

"Petit train / Où t'en vas-tu / Train de la mort / Mais que fais-tu ?" Catherine Ringer, en sari, secoue les épaules frénétiquement en prononçant ces paroles. Soudain, on comprend. Ce "petit train" étrange, que l'on prenait au départ pour une allusion délirante à un dessin animé, est en fait le train par lequel des millions de gens furent déportés durant la seconde guerre mondiale. Et parmi ces gens, il y avait, entre autres, le père de Catherine Ringer. Interné à l'âge de 19 ans à Auschwitz, il est déporté successivement dans neuf camps avant d'être libéré en 1945.

Pour traiter d'un drame aussi intime qu'universel, le groupe opte pour un ton tragi-comique, qui fait danser les émotions. Comme lors d'un fou rire où l'on passe, sans rien contrôler, du rire au larmes, le clip fait naître de l'euphorie des touches d'effroi, furtives comme autant de coups de poignard. Comme, par exemple, cette clôture en barbelés, qui surgit à l'improviste devant des femmes qui dansent et rient. 

Tout au long du clip, c'est la danse qui l'emporte. Une danse frénétique, presque macabre tant elle semble artificielle. Comme dans le Kathakaliune forme de théâtre dansé originaire du sud de l'Inde, l'expression des visages et des corps est accentuée pour figurer les émotions. "Reverra-t-on une autre fois/passer des trains comme celui-là ?" Le visage de Catherine Ringer, tout en larmes silencieuses, implore le contraire. 

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