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VIDÉO - Dans "There there", Radiohead passe de l'autre côté du miroir

CLIPS CULTES (23/40) - En 2003, le groupe Radiohead sort le clip "There There", un hommage aux dessins animés britanniques et à l'univers d'Alice au Pays des Merveilles.

There there (The Boney King of Nowhere) est sans doute le morceau le plus énigmatique et fascinant du groupe de rock anglais Radiohead. Sorti en 2003 sur l'album Hail to the Thief, le titre s'inspire des sonorités minimalistes du groupe de krautrock allemand CanLe rythme paisible encadre la voix de Thom Yorke, le chanteur, tandis que le riff répétitif de la guitare façonne une atmosphère cotonneuse, propice à la rêverie. There, there : là-bas, là-bas, plus loin à l'intérieur de soi, semble nous dire le titre. 

Un clip hommage à Bagpuss, le dessin animé britannique

Au début du clip, Thom Yorke, seul personnage humain à l'écran, est perdu au milieu d’une forêt. Son image, qui a été incrustée dans le décor, apparaît et disparaît de manière saccadée. L'effet utilisé est celui du stopmotion et rend hommage à Bagpuss, un dessin animé des années 1970 dont Thom Yorke est un fervent admirateur. Diffusé sur la BBC, Bagpuss raconte les aventures d'une petite fille et d'un chat en peluche qui s'anime dès qu'elle a le dos tourné. 
Dans le clip, le chanteur, l'air encore endormi, scrute la forêt sombre autour de lui. “Dans l’obscurité totale / Je me promène dans ton paysage / Les branches brisées / Me font trébucher alors que je parle”. Pour lui, c'est un long voyage intérieur qui commence.

Un combat allégorique entre le monde de l’enfance et celui des adultes

Allusives, mystérieuses, les paroles de There There empruntent au dessin animé anglais son univers onirique. Un univers qui n'est pas sans rappeler celui d'Alice au Pays des Merveilles. Comme dans le roman de Lewis Carroll, le chanteur, “curioser and curioser”, se penche un peu au-dessus d’un tronc d’arbre recouvert de mousse. Près des racines, une minuscule porte et une fenêtre. Le chanteur, ébahi, y jette un œil … et découvre deux écureuils, vêtus comme des lords anglais, en train de fumer la pipe devant un feu de cheminée.

Dans There There, Radiohead se rend de l'autre côté du miroir
Dans There There, Radiohead se rend de l'autre côté du miroir
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“Ce n’est pas parce que tu le ressens / que c’est vraiment ce qui existe”, chante-t-il. Des paroles qui annoncent le début d’un voyage intérieur. Le chanteur chancelle dans l'obscurité de la forêt, mais cette fois-ci, c’est l’autre côté du miroir qui vient à sa rencontre, sous la forme de petits êtres qui apparaissent et disparaissent. Derrière un tronc d'arbre, l'auteur découvre des animaux en train de festoyer autour d’une table garnie.
“Il y a toujours une sirène/ qui te pousse au naufrage/ ne tends pas la main” : la voix se casse, l’esprit s’embrume. Comme une âme errante qui a perdu ses facultés de jugement, l’homme redevient cet enfant perdu au cœur de la forêt. “Jusqu’où doit-on laisser son imagination prendre le dessus ?”, semble-t-il vouloir dire.

La course éphémère de l'âge adulte

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Allégorie du combat entre le réel et l'imaginaire, le clip illustre à quel point il est difficile, dans la vie, de tenir un cap qui éloigne les questionnements et ramène aux responsabilités. En bref, la difficulté d’être adulte.

Arrivé dans une clairière, le chanteur trouve, accrochés à un arbre, un manteau et des chaussures scintillantes. Après hésitation, il troque finalement sa tenue d’adolescent et ses baskets usées contre ces habits d’homme. Mais des corbeaux, qui observaient silencieusement la scène, le poursuivent alors. “Nous sommes des accidents qui attendent / qui attendent de se produire