1. Accueil
  2. Évènements
  3. VIDÉO - Brian Molko : "Cette tournée est une grande opportunité pour les fans de Placebo"
4 min de lecture

VIDÉO - Brian Molko : "Cette tournée est une grande opportunité pour les fans de Placebo"

RENCONTRE - Le chanteur de Placebo se confie à RTL2.fr, à l'occasion de la sortie de la compilation "A Place For Us To Dream", et d'un EP inédit, "Life's What You Make It", le 7 octobre.

Placebo a sorti une compilation, "A Place For Us To Dream", et un EP, "Life's What You Make It", le 7 octobre
Placebo a sorti une compilation, "A Place For Us To Dream", et un EP, "Life's What You Make It", le 7 octobre
Crédit : Capture d'écran/RTL2
Brian Molko en interview : "Je n'aime pas écouter Placebo"
02:57

À le voir, on ne dirait pas que 20 ans ont passé depuis les premiers pas de Placebo. Brian Molko, 43 ans, a toujours l'air d'un éternel ado. Silhouette mince, vêtu de noir, ses yeux clairs assombris par du fard à paupière bleu foncé, le teint pâle, il a même retrouvé la coupe de cheveux de l'époque Sleeping With Ghosts, frange très courte et plaquée sur le haut du front, rouflaquettes effilées. Le chanteur nous reçoit dans un salon feutré du très chic hôtel Marriott, à Paris, au milieu d'une journée de promo intense, durant une belle après-midi du mois de septembre. Avec son look rock, il détonne au milieu des tons crème un peu fades de la pièce. 

En 2016, tout comme RTL2, Placebo a fêté ses 20 ans. Brian Molko et Stefan Olsdal, les deux membres autour desquels Placebo est à présent soudé, ont décidé de gâter les fans. Ils ont rendu tous leurs albums disponibles sur les plateformes de streaming, les ont sorti en format vinyle haute qualité. Surtout, ils ont annoncé une tournée célébrant leurs 20 années de carrière, avec 4 dates françaises au mois de novembre. Les fans ont aussi entouré le 7 octobre dans leur agenda, jour d'une double sortie : une compilation intitulée A Place For Us To Dream, et un EP avec 3 titres inédits, Life's What You Make It. 

Une anthologie chargée d'émotions

C'est Brian Molko qui s'est chargé d'établir la liste des chansons à inclure dans la compilation A Place For Us To Dream : "Je l’ai fait assez vite et sans écouter la musique. Parce que je n’aime pas écouter Placebo, s'esclaffe-t-il. Puisque notre dernière compilation était plutôt un document chronologique de nos 45 tours, j’avais envie de faire autre chose. C’est plutôt dans un ordre émotionnel. Si on a l’envie ou le courage, que même moi je n’ai pas, de l’écouter du début à la fin, j’espère que ça va lancer la personne dans un long trip immersif."

La pochette de la compilation "A Place For Us To Dream"
La pochette de la compilation "A Place For Us To Dream"
Crédit :

Et que trouve-t-on dans cette compilation ? Des succès du groupe (The Bitter End, MedsEvery You Every Me), mais aussi, "des chansons ou faces B n'ayant pas eu assez d'attention" (Come Home, Bright Lights). Certains titres, tel 36 Degrees, ont même été retravaillés dans des versions inédites. De "chanson punk abrasive", elle devient une ballade, prévient Brian Molko. 

Renouer avec des vieux tubes

À lire aussi

"C’est une habitude de Placebo, de faire des reprises de nos chansons, reconnaît le chanteur. Objectif : contrer l'ennui. "Nous n’avons pas envie de monter une scène et de jouer une chanson avec laquelle on n’est pas émotionnellement connecté. Pour nous, ce n’est pas une vérité. Nous cherchons une vérité émotionnelle, sans ça, on ne peut pas communiquer notre vérité, qui va être interprétée par chaque personne individuellement. Sinon, c’est un acte mécanique."

Brian Molko est très clair. La tournée des 20 ans sera (certainement) la seule occasion d'entendre des vieux tubes : "Le message est simple : si vous voulez voir Pure Morning ou Nancy Boy en live, il faut venir à ces concerts, parce qu’il n’y a aucune garantie qu’on va les rejouer sur la prochaine tournée." Il enchaîne : "En fait, je sais déjà que ça ne va pas se passer. Je ne sais pas si on va les rejouer. Il faudra peut-être attendre 10 ou 20 ans pour les voir à nouveau. C’est une grande opportunité pour un fan de Placebo."

Explorer les sons de Placebo

Qu'on n'essaie pas de mettre Placebo dans une case, ce n'est pas ainsi que Brian Molko approche l'oeuvre de sa vie. "On voulait faire une rétrospective, un peu comme on fait une rétrospective dans une galerie d’art, résume le chanteur à propos de A Place For Us To DreamOn voulait montrer toutes les couleurs de Placebo. La lumière et l’ombre. Tous les sons que nous avons explorés. J’ai approché ça un peu comme un ‘curator’ ("conservateur", ndlr) d’une exposition."

Il y a moins de noirceur dans Placebo que les gens le croient.

Brian Molko

Quelle est l'essence de Placebo ? Pas forcément celle que l'on croit, torturée et désespérément romantique. "Je pense qu’il y a un peu moins de noirceur que les gens croient, parce qu’il y a beaucoup d’humour là-dedans, affirme Brian Molko. Peut-être notre humour, qui est vraiment très dur, ne passe pas, ne se traduit pas."

Le chanteur a pourtant beaucoup d'humour. Son rire, spontané et taquin, pas loin du ricanement parfois, ponctue ses réflexions et blagues récurrentes. Même quand il parle de leur nouveau titre, Jesus' Son, présent sur l'EP Life Is What You Make It : "On n’a jamais décidé ce qu’est le son de Placebo, donc ça nous laisse énormément de liberté de faire essentiellement ce qu’on veut. C’est Placebo en train de faire de la pop, peut-être. Mais aussi, parce que c’est Placebo, il y a un côté sabotage, il fallait que le titre soit blasphématoire."

Une vie avec Placebo

De ces 20 ans de Placebo, Brian Molko ne veut pas se dire fier - "C'est un mot qui est difficile pour moi" - mais "satisfait". "Ça évoque principalement de la gratitude. Moi et Stefan sommes dans une position extrêmement - il hésite - privilégiée. C’est une question de survie, aussi. Notre relation en tant qu’amis et auteurs a duré, avec beaucoup de hauts et de bas. Ça fait presque toute notre vie adulte, alors c’est précieux pour nous. Je ne suis pas sûr qu'on sait faire autre chose, ou si on a envie de faire autre chose."
En repensant aux débuts du groupe, à Londres, Brian Molko utilise l'expression "brûler des ponts", traduction hâtive de l'expression anglaise "to burn bridges" : "Ça veut dire s’investir totalement dans quelque chose. Tu n’as pas de plan B si ça ne marche pas. J’ai brûlé mes ponts en 1994/1995. Il faut du courage. C’est un risque, d’accord, mais c’est le risque que j’avais envie de prendre."

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/