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Radiohead impérial au Zénith de Paris dans un concert exigeant

NOUS Y ÉTIONS - Au cours d'un concert peu bavard, le groupe britannique a offert à son public un best-of pointilleux, tout en offrant des performances rares de chansons iconiques, comme "Creep" ou "True Love Waits".

Thom Yorke, le leader du groupe anglais Radiohead, était passé à Paris fin 2015 à l'occasion de la COP21
Thom Yorke, le leader du groupe anglais Radiohead, était passé à Paris fin 2015 à l'occasion de la COP21
Crédit : Paul Bergen / ANP / AFP

Radiohead a donné son premier concert parisien au Zénith lundi 23 mai, une date forcément très attendue par les fans du groupe, très rare dans la capitale. Fan, il fallait l'être pour acheter son billet alors même que le groupe n'avait pas encore annoncé son neuvième album. Mais comme le groupe compte de très fidèles adeptes - parmi lesquels Patrick Bruel, croisé dans les allées du Zénith - les deux dates parisiennes du groupe se sont remplies en quelques minutes lors de leur mise en vente mi-mars.

Depuis, A Moon Shaped Pool est sorti, et signe un retour très en forme du quintet britannique. C'est d'ailleurs avec ses nouvelles chansons que la bande de Thom Yorke démarre son set. Burn The Witchle premier morceau de l'album, constitue une bonne ouverture. Radiohead enchaîne avec Daydreaming, le second titre du disque, et calme immédiatement le jeu. Peu de groupes peuvent se permettre de telles ruptures de rythme - ici, force est de constater que la magie fonctionne. Au total, la bande enchaîne 5 morceaux de sa nouvelle livraison, avec sans doute un peu moins d'intensité qu'espéré, avant de jouer Lotus Flower. Le titre, extrait de King of Limbs (2011), fonctionne très bien en live grâce à sa basse hypnotisante qui réveille la foule.

Radiohead revisite sa formidable discographie

Thom Yorke est avare en paroles. Pas un mot pour le public, car c'est en musique que Radiohead régale ses spectateurs, avec un mélange bien senti d'anciennes et de nouvelles chansons, entre My Iron Lung, No Surprises, Idioteque, Bodysnatchers, tout Radiohead est là, condensé en quelques fulgurances - pas les morceaux les plus connus du grand public, mais sans doute les plus appréciés des fans. Clairement, si le groupe n'a pas "renoué avec ses racines rock" sur son dernier opus, il n'a pas oublié les distorsions des guitares électriques en live.

C'est True Love Waits qui ouvre le rappel. La chanson occupe une place à part dans la discographie du groupe, qui la joue depuis près de 20 ans en live. Dans leur 9e album, les Britanniques la réinterprètent en ballade déchirante aux pianos déréglés. Lorsque les premières notes retentissent, le public retient son souffle et le Zénith se mue en cathédrale silencieuse. C'est la première fois depuis 7 ans que le groupe la joue. Après un tonnerre d'applaudissements, Radiohead alterne encore vieux titres (Paranoid Android, Weird Fishes/Arpeggi) et nouveaux (Present Tense, Tinker Tailor Soldier).

"Creep", pour la première fois depuis 2009

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Lorsque la bande revient sur scène, Thom Yorke décroche quelques mots. "C'est juste pour rire, ah, ah, ah." Un détachement incompréhensible, jusqu'à ce que retentissent les premières notes de Creep. Un moment rare, un véritable événement, Radiohead n'ayant plus joué cet immense tube depuis le 30 août 2009, lors d'un concert au festival de Reading, au Royaume-Uni. La dernière interprétation du titre en live à Paris remonte quant à elle au 17 novembre 2003, à Bercy. 13 ans ! Le morceau adolescent paraît tellement loin dans la discographie de Radiohead désormais (il est sorti en single en 1992 et a fait exploser l'album Pablo Honey en 1993) que les voir le jouer paraît presque anachronique. Mais personne, ni le public, ni les musiciens, ne boude son plaisir.

En guise de final, le groupe joue Pyramid Song, une chanson d'Amnesiac (2001). Creep et Pyramid Song, un tube populaire et une chanson exigeante. Preuve que sur scène comme sur disque, Radiohead maîtrise toujours l'alliance des contraires. Le groupe sera encore une fois ce mardi soir sur la scène du Zénith, à guichets fermés.

La setlist 
1. Burn the Witch
2. Daydreaming
3. Decks Dark
4. Desert Island Disk
5. Ful Stop
6. Lotus Flower
7. The National Anthem
8. My Iron Lung
9. No Surprises
10.