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Muse retourne à ses cibles d'antan avec "Drones"

ON L'A ÉCOUTÉ - Le groupe britannique offre un septième album déroutant, sauvé par plusieurs titres pêchus, qui rappellent ses meilleures heures.

Muse a fait appel au producteur Robert Lange pour son septième album, "Drones"
Muse a fait appel au producteur Robert Lange pour son septième album, "Drones"

Muse aurait-il fini de nous étonner ? Après six albums aux tonalités très différentes les uns des autres, le trio formé en 1994 livre ce 8 juin Drones, un septième album surprenant dans lequel il se fait plaisir en revenant à de vieilles recettes qui ont fait son succès. Font ainsi leur retour les techniques de slide guitar et de tapping, l'envolée mélodique d'une ballade puissante (Mercy) ou encore, des riffs à la démesure démente (The Handler). Matthew Bellamy, Dominic Howard et Christopher Wolstenholme s'amusent, et peuvent remercier le producteur Robert Lange, collaborateur légendaire d'AC/DC, d'avoir apporté un angle d'attaque solide à Drones

Matthew Bellamy l'a martelé à longueur d'interviews, notamment auprès de RTL2.frDrones a été pensé comme "un retour au son de leurs débuts". Cependant, Muse a brouillé les pistes avec les différents titres dévoilés en amont de la sortie de ce septième album, le 8 juin. Entre Psycho et Mercydeux mondes radicalement différents s'offrent à l'auditeur. Muse nous a déjà habitués à ces changements d'ambiance radicaux au sein d'un même disque, notamment sur Black Holes and Revelations (2006). 

Muse mise sur ses points forts

Ici, le groupe originaire de Teignmouth propose une tambouille des recettes qui ont fait son succès et sa renommée mondiale. L'outro riff de Stockolm Syndrome se retrouve utilisé en tant que structure principale de la tonitruante Psycho. Les fans de Muse les ayant vus à plusieurs reprises sur scène connaissent bien ces quelques accords, d'abord improvisés puis devenus presque incontournables, et ont tous salué leur utilisation officielle au sein d'un morceau. 

Matthew Bellamy fait aussi appel à des techniques de jeu qui ont taillé sa réputation de guitariste hors-pair, qui a toujours innové et bénéficié de quelques instruments créés exprès pour lui, notamment la guitare Mattocaster. Le musicien, qui fêtera ses 37 ans le 9 juin, retourne au tapping (qui consiste à taper les cordes du manche) pour Reapers et The Handler et à la slide guitar pour The Globalist. Bellamy ne se défait toujours pas de ses envies de grandeur, qu'il puise encore du côté de Queen avec The Globalist, épopée rock de dix minutes qui devrait dévoiler toutes ses nuances en live. Saluons au passage la prestation impeccable de Dominic Howard à la batterie sur ce morceau, et surThe Handler

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Parfois, la réutilisation passe moins bien. C'est le cas de Mercytentative de power ballade, un genre que Muse a maîtrisé par le passé avec Starlight, il y a presque dix ans, déjà. Cette fois, l'expérience tourne au vinaigre, avec un manque d'inspiration presque gênant de la part de Matthew Bellamy, pourtant maestro des ballades romantiques mêlant piano et guitare (Resistance, Falling Away With You). De même, Dead Inside ne semble qu'une pâle copie de Supermassive Black Hole, malgré son rythme électronique plutôt efficace. 

Malgré ses quelques faiblesses, Drones remplit sa mission, notamment grâce au travail du producteur Robert Lange. On reconnaît son empreinte sur les titres les plus énervés de l'album, comme les excellents Reapers, Defector et The Handler. Cependant, les fans aimant l'esprit d'expérimentation de Muse risquent d'avoir une impression de réchauffé. 

Paranoïa à tous les niveaux

"Pour moi, les Drones sont des psychopathes métaphoriques qui permettent des attitudes psychotiques sans aucun recours", avait expliqué Matthew Bellamy à propos des thématiques développées dans ce septième album. "Le monde est régi par des Drones, utilisant des Drones, et qui nous transforment tous en Drones. Cet album explore le voyage des hommes, depuis leur sentiment d'abandon et leur perte d'espoir, jusqu'à leur endoctrinement par un système voulant faire d'eux des drones humains, jusqu'à leur éventuelle désertion de leurs oppresseurs." 

Alors que 1984, roman de science-fiction iconique de George Orwell, fête ce lundi ses 66 ans, la tête à penser de Muse n'en a toujours pas terminé avec son obsession des théories du complot, des excès du pouvoir et ses envies de rébellion. En cela, les thématiques soulevées par Drones font écho à celles de The Resistance, directement inspiré par 1984.

Matthew Bellamy, qui a écrit toutes les paroles de Drones, dépeint un monde apocalyptique dans lequel les forces armées sont d'une cruauté sans nom. Malgré son opposition revendiquée aux différents dirigeants politiques (Matthew Bellamy est partisan d'une forme de démocratie directe), le leader de Muse utilise une partie d'un discours de John Fitzgerald Kennedy, ancien président des États-Unis, pour appuyer son propos sur le manque de transparence du pouvoir. 

Drones se conclue sur un titre éponyme, dont l'ambiance évangélique peut porter à la dérision, si on ne connaissait pas l'esprit taquin des membres de Muse. La voix angélique de Matthew Bellamy part en canon, sans instruments. Le chanteur s'adresse aux commanditaires de drones : "Nos vies sont entre votre doigt et votre pouce/Comment vous sentez-vous ?", et termine par "Amen". Pas mal pour cet athée convaincu.

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