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John Malkovich, dans la peau d'un génie

RÉDAC CHEF INVITÉ - PORTRAIT - L'acteur de 61 ans a toujours multiplié les projets en tous genres. Il a récemment tourné un clip teaser du nouvel l'album d'AaRON. Le duo est le rédacteur en chef d'un jour de RTL2.fr.

John Malkovich en 2013
John Malkovich en 2013

Difficile d'évoquer John Malkovich sans s'éparpiller. Dans sa carrière longue de 40 ans, l'acteur-producteur-acteur-chanteur d'opéra-metteur en scène-photographe-créateur de mode a eu mille et une vies et honoré des dizaines de participations à différents projets. John Malkovich, c'est d'abord une voix nasillarde, grave et traînante, même quand il parle français. 

L'Américain de 61 ans s'exprime couramment dans notre langue. Résultat d'une longue pratique lors de ses séjours dans le sud où il a une maison (à Bonnieux, dans le Vaucluse) et lors de différents projets français. Il a ainsi participé au lancement de l'album d'AaRONCut The Night. Le groupe français est le rédacteur en chef d'un jour de RTL2.fr à l'occasion de la sortie de ce nouveau disque le 18 septembre. 

John Malkovich porte en lui tout un cinéma

Simon Buret de Aaron

"On cherchait une façon différente de présenter cet album, a expliqué Olivier Coursier de AaRON. On voulait faire une préface et John Malkovich incarnait parfaitement ce que l'on voulait. C'est quelqu'un d'habité, qui a fait des rôles extravagants et surréalistes". "Il portait l'aura surréaliste que l'on voulait mettre dans l'album, ajoute Simon Buret l'autre membre du duo. John Malkovich porte en lui tout un cinéma".

Parmi ses nombreux projets tricolores, il incarne Javert dans le téléfilm Les Misérables aux côtés de Gérard Depardieu et Christian Clavier. En 2008, il monte la pièce Good Canary pour laquelle il obtient un Molière. Quatre ans plus tard, il s'attaque aux Liaisons dangereuses sur les planches. Le film de Stephen Frears, où il incarne Valmont, le rend célèbre dans les années 1980. Mais la pièce de théâtre montée en 2012 l'amuse bien plus. "Moi qui suis un créateur instinctif, aimant la rapidité et l'immédiateté, j'ai remarqué que l'on avait beaucoup plus de liberté au théâtre que dans les films", reconnait-il au Figaro.

Réinterpréter des photos cultes sans singer

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C'est pour cette raison que l'acteur choisit le cursus théâtre plutôt que cinéma dans son université de l'Illinois, d'où il est originaire. C'est aussi à la fac qu'il apprend à dessiner. La création de costume faisait partie de ses cours qui lui servent encore aujourd'hui. Dès qu'il a du temps libre, entre deux prises ou dans l'avion, John Malkovich imagine des collections de mode, loin d'être sa seule marotte.

Son dernier coup de génie relève de la photographie et s'intitule Malkovich, Malkovich, Malkovich. Sous l'objectif  de Sandro Miller, l'acteur a réinterprété des clichés cultes. Sans Photoshop et après des heures de préparation, il est tour à tour devenu le Che Guevara d'Alberto Korda, Hitchcock posant avec une oie, les jumelles de Diane Arbus et Marilyn Monroe avec deux roses sur la poitrine. Le tout est interprété sans singerie, sans moquerie. Malkovich rend hommage sans tourner en dérision ou tomber dans la parodie. Il en a toujours été ainsi avec son jeu d'acteur. 

John Malkovich dans la peau de Marilyn Monroe
John Malkovich dans la peau de Marilyn Monroe
Crédit : Sandro Miller

Des rôles tordus

Son regard de biais dû à un strabisme l'a tout droit destiné à des rôles tordus : le libertin comte de Valmont dans Les Liaisons dangereuses, son propre rôle tiré à l'absurde dans Dans la peau de John Malkovich et un Américain truand et grande gueule dans L'Empire du soleil de Steven Spielberg. On pourrait citer des dizaines des rôles similaires, où le prince Malko s'est distingué. Les Oscars ne l'ont jamais récompensé mais il s'en fiche. John Malkovich est un bohème dans l'âme, ne vit qu'au présent et va là où ses envies le mènent.

Après avoir vécu 9 ans en France, l'acteur est retourné vivre près de Boston, aux États-Unis, mais passe son temps à voyager avec sa femme (depuis 1989) Nicoletta, rencontré sur le tournage d'Un thé au Sahara, où elle épaulait le réalisateur Bernardo Betolucci. Avant elle, il avait eu des aventures avec ses partenaires dans Les Liaisons dangereuses : Michelle Pfieffer et Glenn Close.

Escroqué par Bernard Madoff

Bohème, nomade, il ne s'attache à rien, pas même aux problèmes de la vie. Il a perdu plusieurs millions dans un système de Ponzy (type d'escroquerie financière qui repose sur le mensonge) signé Bernad Madoff. "Ce fut une bonne leçon, une leçon de vie, je n’y pense jamais", confie-t-il à Libération, même s'il reconnait que Madoff l'a "ruiné". Quelques années plus tôt, l'acteur avait eu des démêlés avec le fisc français. Pendant dix ans, il a livré une "guerre" aux impôts, s'estimant floué par un contrôle fiscal dont il contestait les conclusions. Les impôts lui réclament 29.000 euros d'impayés.

Il quitte donc la France au début des années 2000 après y être resté 9 ans avec toute sa famille. En février 2015, ses soucis le rattrapent. Le Monde révèle que l'acteur figure parmi la liste des clients qui fraudaient le fisc grâce à une succursale suisse de la banque HSBC. Même si la France n'a pas été tendre avec lui, ce fervent francophile au léger accent américain a tout de même gardé sa maison provençale et son affection pour le pays mais pas pour Paris, qu'il déteste. Dans sa propriété du Luberon, il produit même du vin. Un vrai touche-à-tout.

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