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Indochine : les secrets de la pochette de l'album "13" dévoilés

DÉCRYPTAGE - La photographie mystérieuse d'Erwin Olaf qui illustre le 13e album du groupe de Nicola Sirkis offre une galerie de symboles à étudier.

Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud

Une image saisissante. À elle seule, cette photo fait voyager l'esprit et c'est sans doute ce qui fait la force de la pochette du nouvel album d'Indochine, 13. Nicola Sirkis souhaitait renouer avec la tradition des jaquettes artistiques, historiques, inoubliables. 

"On voulait une pochette importante. On se souvient de celle de Warhol pour les Stones par exemple", raconte le chanteur d'Indochine. Le groupe de rock était devenu légendaire en 1971 avec l'album Sticky Fingers et une photo provocatrice où l'on pouvait deviner un pénis dans un jean particulièrement serré. La pochette originelle disposait même d'une braguette que l'on pouvait baisser pour découvrir les sous-vêtements du mannequin mystère (Mick Jagger lui-même).

Pour 13, Indochine mise sur des références artistiques pointues et développe la métaphore de l'utopie. 13 jeunes filles apparaissent avec des uniformes aux couleurs seventies, chignons et nattes serrées. Elle semblent tout droit sorties d'un film de science-ficion, d'un dystopie fascinante.

Utopie et non-genre

"On est parti de l'œuvre de Henry Darger (écrivain et peintre américain du XXème siècle, commence Nicola Sirkis. Il a inventé tout un monde, des nouvelles politiques. J'en ai parlé au photographe Erwin Olaf et on a imaginé un nouveau gouvernement de jeunes filles qui vont tout envoyer balader". 

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Henry Darger a en effet développé tout une civilisation sur plus de 15.000 pages dans "The Story of the Vivian Girls, in What is known as the Realms of the Unreal, of the Glandeco-Angelinnian War Storm, Caused by the Child Slave Rebellion" (littéralement "L'histoire des filles Vivian, de ce qui est connu des royaumes de l'Irréel, de la guerre glandeciano-angelinienne, causée par la rébellion des enfants esclaves"). Une épopée fantastique avec des princesses, des enfants réduits en esclavage, des chimères et des fillettes nues pourvues d'organes génitaux masculins.

On retrouve ici certaines thématiques chères à Indochine : l’androgynie, la fusion des genres voire le non-genre. Dans la chanson Tomboy 1 ("tomboy" signifie "garçon manqué" en anglais), Nicola Sirkis en duo avec Kiddy Smile, artiste militant LGBTQ+ et "prince français du voguing", aborde ce thème de la fluidité entre les genres. L'un des enfants de la pochette à l'allure garçonne est d'ailleurs un symbole de cette réflexion et un des reflets de cette chanson.

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