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"Ashes To Ashes" de David Bowie : les années 80 concentrées en un clip

LES CLIPS CULTES (24/40) - Sorti en 1980, le clip de "Ashes To Ashes" est souvent considéré comme le premier de l'histoire de la musique.

On le considère souvent comme le premier vidéoclip de l’histoire. Ashes to Ashes, de David Bowie, est paru en 1980 et marque, dans un style inimitable et jamais vu à l’époque, la fin de la décennie 70 et le passage à la suivante. C’est d’abord par son budget qu’il dénote. "Bowie et David Mallet, ses co-réalisateurs, disposent du budget le plus important réuni pour ce genre de film : 250.000 livres sterling (soit 2,5 millions de francs de l’époque). Mallet va d’ailleurs marquer de sa patte cet art naissant, en réalisant la vidéo de China Girl, pour Bowie, mais aussi de Radio Ga Ga, de Queen, et White Wedding, de Billy Idol", peut-on lire dans le Dictionnaire des années 80, paru en 2011 sous la direction de Gilles Verlant. 

À l’époque, il n’existe que trois chaînes de télévision. On ne parle pas encore de "clip". C’est la création de la chaîne MTV, un an plus tard, qui va promouvoir ce nouveau genre de vidéo.  

Dans un article publié dans Télérama en mars 2015, Bowie en Dix histoires intimes, le journaliste Jacques Morice raconte sa première fois, quand il a découvert le clip. À la vue de ces images, il parle d’un "magma rougeoyant : paysage lunaire, océan d'encre, grotte des origines, et Bowie en Pierrot lamé d'argent", un accoutrement représentatif de sa période Scary Monsters. "Alors même que ce mode d'expression était balbutiant, Bowie fait plus qu'y exceller", poursuit le critique de cinéma. "Nourri sans doute d'art vidéo, curieux de tout, éponge vivante, il absorbe, récrée et recycle à merveille, signant avec David Mallet un prototype stupéfiant de modernité."

La suite de "Space Oddity"

Ashes To Ashes est une chanson mélancolique et introspective, une sorte de suite à Space Oddity (1969), qui présentait le personnage de Major Tom, perdu dans l’espace. Dans Ashes to Ashes, l’astronaute envoie un message à la tour de contrôle, après 11 ans passés à errer dans la galaxie : "I'm happy, hope you're happy too / I've loved all I've needed to love / Sordid details following" '"Je suis heureux, j'espère que vous aussi. J'ai aimé tout ce que j'avais besoin d'aimer, des détails sordides suivront." Dans cette chanson, il est devenu un junkie en plein délire. Malgré cette tonalité sombre, le clip est haut en couleurs. Il alterne entre tonalités saturées et plans en noir et blanc.

Une comptine populaire

Peu de temps après la sortie du single, David Bowie présenta lui-même la chanson comme une ode à l’enfance, une sorte de comptine populaire. Une ressemblance qui se révèle dans la répétition finale : "My mama said to get things done, you better not mess with Major Tom" ("Ma mère disait : pour faire les choses correctement, tu ferais mieux de ne pas plaisanter avec Major Tom").

Nouveau son, nouvelle image, nouveau code

Jacques Morice
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David Bowie est pour beaucoup dans l’imagerie déployée dans le clip. Comme l’a mis en évidence l’exposition consacrée au chanteur, David Bowie Ispassée par Londres et Paris, il réalisait souvent des esquisses préparatoires à la conception de ses pochettes d’albums, costumes ou décors de scène. Pour Ashes To Ashes, David Mallet co-réalise la vidéo à partir de dessins de Bowie. 

Dans l’article de Télérama, Jacques Morice résume la révolution esthétique qu’a constitué ce clip : "Place au nouveau son, nouvelle image, nouveau code, nouvelle manière de penser. Nul document visuel, mieux que ce clip, ne canalise de manière aussi dense et flamboyante le balayage pur et simple des années 70 en consacrant l'avènement d'une nouvelle ère, technologique et esthétique."

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