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Roger Waters : l'ex-Pink Floyd lance son très politique et brillant Us + Them Tour

NOUS Y ÉTIONS - L'ex-membre de Pink Floyd a lancé sa nouvelle tournée Us + Them aux États-Unis. Avec une poignée de privilégiés, RTL2.fr a vu en avant-première ce nouveau spectacle engagé et révolutionnaire dans une salle du New Jersey.

Roger Waters au début du concert Crédits : Kate Izor | Date : 26/05/2017
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Roger Waters au début du concert Crédits : Kate Izor | Date : 26/05/2017
Roger Waters est très remonté sur son "Us + Them Tour" Crédits : Kate Izor | Date : 26/05/2017
Roger Waters interprète "Time" Crédits : Kate Izor | Date : 26/05/2017
Roger Waters a joué plusieurs titres de "Is This the Life We Really Want ?" Crédits : Kate Izor | Date : 26/05/2017
Roger Waters et ses deux choristes Crédits : Kate Izor | Date : 26/05/2017
Roger Waters chante "Wish You Were Here" Crédits : Kate Izor | Date : 26/05/2017
Roger Waters reprend "Another Brick in The Wall" Crédits : Kate Izor | Date : 26/05/2017
Roger Waters entouré des enfants "prisonniers" sur "Another Brick in The Wall" Crédits : Kate Izor | Date : 26/05/2017
Roger Waters à la fin de "Another Brick in The Wall" Crédits : Kate Izor | Date : 26/05/2017
L'usine géante d'"Animals" au-dessus du public Crédits : Kate Izor | Date : 26/05/2017
Roger Waters se paye Donald Trump Crédits : Kate Izor | Date : 26/05/2017
Roger Waters présent un show à sa (dé)mesure Crédits : Kate Izor | Date : 26/05/2017
Roger Waters dénonce les guerres pendant le concert Crédits : Kate Izor | Date : 26/05/2017
L'ex-bassiste de Pink Floyd a offert un show grandiose Crédits : Kate Izor | Date : 26/05/2017
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Sylvain Zimmermann
Journaliste

Roger Waters n’est pas prêt à rendre les armes. Surtout quand il s’agit de dénoncer les guerres, la société de (sur)consommation, les totalitarismes, la bêtise humaine. L’ancien membre de Pink Floyd n’a jamais paru aussi remonté que depuis l’élection de Donald Trump. Le Britannique est même devenu l’un de ses plus farouches opposants, promettant qu’il irait jouer devant son "Mur". Comme le 21 juillet 1990 lors de la chute de celui de Berlin. Roger Waters et les murs, c’est une longue histoire.

Après avoir remonté The Wall, le temps d’une tournée triomphale qui dura trois ans (489 millions de dollars de recettes et un final au Stade de France), le musicien de 73 ans s’apprête à repartir sur les routes. Le vendredi 26 mai, Roger Waters a lancé son US + Them Tour à Kansas City, dans le Missouri. Un spectacle grandiose, qui accompagne la sortie de son premier album en 25 ansIs This The Life We Really Want ? le 2 juin prochain.

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Pour tester son nouveau show, le chanteur britannique avait convié une poignée de privilégiés, ses proches, amis, des collaborateurs, mais aussi quelques médias, dont RTL2, à l’ultime répétition générale organisée au Meadowlands Arena, dimanche 21 mai dans le New Jersey. Après plus d’une heure passée dans les embouteillages monstres de Big Apple, nous voilà devant l’imposant édifice blanc qui rappelle Bercy (avant sa rénovation). Juste derrière nous, le MetLife Stadium (construit en 2010), qui accueille les matchs des Giants et des Jets de New York.

Un début de concert vertigineux

Une centaine de fans est massée devant la salle. Il est 16h30, et rien n’indique qu’un événement majeur est sur le point d’avoir lieu. Les portes s’ouvrent enfin et on découvre l’intérieur de cet aréna mythique, un peu vétuste, qui n’accueille plus de concert depuis 2015. Le ticket (vintage) en poche, une bière achetée au bar éphémère, on se pose sur l’un des 21.000 sièges. Devant nous, un immense écran qui dépasse la scène et se prolonge dans les gradins. Le voici qui s’allume montrant une femme de dos, sur la plage, le regard tourné vers l’océan.

18 heures, la salle quasi vide du Meadowlands Arena se retrouve plongée dans l’obscurité. À l’image, un champ d’astéroïde. Puis une énorme sphère clignotante. Le tout accompagné d’un battement de cœur, de voix étranges et d’un bruit de caisse enregistreuse. Le public a immédiatement reconnu l’enchaînement Speak To Me/ Breathe de Pink Floyd. Premier pincement de corde, et le groupe se dévoile : Roger Waters au centre, toujours le même look (jean et t-shirt noir), entouré de deux claviéristes, deux choristes coiffées comme Sia, un guitariste, un bassiste, sans oublier un batteur sur la droite de la scène. Derrière des images aériennes. 

Première pépite de la soirée : One of These Day, l’instrumental extrait de Meddle. (1971). Le gros riff de guitare transporte tout sur son passage. Très planant. Un bruit d’horloge retentit, suivi d’un tic-tac. Voilà, l’écran envahi de cadrans dont les aiguilles tournent dans tous les sens. Time est toujours aussi hypnotique. Le temps est comme suspendu. "The time is gone, the song is over, thought I'd something more to say…" Quelques notes de clavier, une voix soul, The Great Gig In The Sky nous expédie ensuite en haute altitude. Mine de rien, Roger Waters a presque déjà joué l’intégralité de Dark Side of The Moon 

De nouvelles chansons tendres et engagées

Welcome To The Machine nous ramène sur Terre. Ou en enfer, on ne sait plus. Sur l’écran, une créature de métal, mi-Tricératops, mi-tatou, évolue lentement dans un paysage post-apocalyptique, avant de laisser sa place à des cheminées peu à peu recouvertes d’une mer de sang. Le son de synthé strident, la voix fantomatique qui accompagnent le clip de Gerard Scarfe sont toujours aussi angoissants.

Roger Waters saisit maintenant une guitare acoustique pour jouer une ballade folk aux airs floydiens, Déjà Vu, c’est le premier extrait de son nouvel album à paraître. Les paroles frappent l’esprit : "Si j’avais été Dieu, avec mon équipe et ma canne… Je crois que j’aurais pu faire un meilleur boulot". Puis le chanteur de dénoncer "le banquier qui s’engraisse" au moment où le "bison disparaît". La star enchaîne avec The Last Refugee, autre titre calme, sombre, tiré de Is This the Life We Really Want ? Un clip (voir ci-dessous) présente une jeune femme SDF - celle qui attendait sur la plage au début du show - dansant au milieu d'un immeuble abandonné.

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Roger Waters - The Last Refugee Date :

Une usine à tubes

Comme à son habitude, Roger Waters ne parle pas entre les titres. Sa mine est grave, presque inquiétante. Puis les premières notes de Wish You Were Here. À l’écran, deux mains rouges et visage de Roger Waters en blanc sur fond noir. Petit à petit les mains se décomposent. Le public reprend en chœur le refrain. Un bruit d'hélicoptère résonne. Un projecteur balaie la salle. Sept enfants montent sur scène en tenues oranges – celles portées par les détenus aux États-Unis. Le verbe "Resist" ("Résister") apparaît en arrière-plan.

Dès la première note, toute la salle a reconnu le méga tube Another Brick in the Wall. Les gosses reprennent "We don't need no education / We don't need no thought control…" Imparable. Puis, ils se débarrassent de leurs vêtements carcéraux et terminent le poing levé. Puissant. Entracte : juste le temps d'échanger quelques impressions avec son voisin. 19h19. Une sirène de police, des coups de feu. Puis un grondement.

Une gigantesque structure descend du plafond. 8 panneaux se déplient de chaque côté, formant un écran démesuré qui coupe la fosse sur toute la longueur, un peu comme celui de la dernière tournée de U2. À chaque extrémité : deux cheminées. C’est la Battersea Power Station, l’usine qui figure sur la pochette d’Animals. Pendant Pigs (Three Different Ones) des portraits de Donald Trump sont projetés sur tous les écrans de la salle. "Arrête-toi sale vermine, ha ha tu es démasqué !" Les paroles du classique de 1977 prennent un sens nouveau. Le pensionnaire de la Maison Blanche en prend pour son grade, le voilà en tenue de Ku Klux Klan, faisant le salut nazi, travesti en femme ronde dénudée… Pendant ce temps, un cochon-drone survole le public. 

Roger Waters se paye Donald Trump

Le morceau se termine au bout d’un quart d’heure avec plusieurs citations de Trump diffusées sur fond noir, toutes plus hallucinantes les unes que les autres, le tout ponctué par un gros "Fuck Trump". Dans la salle, des applaudissements mais aussi quelques huées. Par quoi enchaîner après ça ? Money, évidemment ! La critique du pouvoir financier. Des images de discours de Trump alternent avec celles de Poutine, le Kremlin et des tonnes de fric. Quand Roger Waters veut se payer Trump, il lésine pas sur les moyens.

Sur US + Them (le titre qui donne son nom à la tournée) des images de manifestations, une femme portant une pancarte avec inscrit "Love is Love, Black lives Matter, Global Warming", des enfants jouant sur des montagnes de déchets. Sans doute le moment le plus intense du concert. Le plus politique aussi. Waters dégaine le final de Dark Side of the Moon : Brain Damage et Eclipse. Un énorme triangle se forme avec des faisceaux lasers. Visuellement bluffant. Mais le show gargantuesque n’est pas terminé.

C'est un plaisir de jouer devant la famille et les amis, et la famille de ses amis.

Roger Waters
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En rappel, l’ancien leader de Pink Floyd offre Vera, Bring The Boys Back Home et une version impeccable de Comfortably Numb, pendant laquelle il invite à la foule à chanter en cœur. Les deux mains géantes (parfois rouges), vues plus tôt dans la soirée, refont leur apparition, et se rejoignent enfin. La salle joint applaudit à tout rompre. Il y a de quoi : deux heures trente de concert, une setlist best of, un véritable opéra rock.

"C'est un plaisir de jouer devant la famille et les amis, et la famille de ses amis, et les amis… lâche Roger Waters d'une voix rocailleuse. C'est comme ça qu'on se rapproche les uns des autres." Avec son nouveau show, l’ancien leader de Pink Floyd ne cherche pas à changer le monde. Il nous confronte à nous-mêmes. La musique est une arme d'émotion massive capable d'abattre bien des murs.

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Roger Waters Us + Them Tour Dress Rehearsal Date :
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