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6 raisons qui expliquent pourquoi "Les Sopranos" est une série culte

RÉDAC CHEF INVITÉ - Diffusée de 1999 à 2007, la série "Les Sopranos" a marqué par son originalité, son sens des dialogues et son casting. Elle est aujourd'hui considérée comme culte.

6 raisons qui expliquent pourquoi "Les Sopranos" est une série culte
6 raisons qui expliquent pourquoi "Les Sopranos" est une série culte Crédit : HBO
Charlie Vandekerkhove
Journaliste RTL2

Parmi les séries qui font l'unanimité, il en est une qui revient souvent : Les Sopranos, diffusée sur la chaîne américaine HBO entre 1999 et 2007. Quand elle débarque sur le petit écran, cette série pas comme les autres est l'une des premières créations originales pour la télé digne d'un grand film, comme le seront aussi Six Feet Under, The Wire ou Oz avant elles. Elle s'attaque à un thème de prédilection du cinéma américain, la mafia, mais en renouvelant le genre grâce à différents procédés. Elle révèle aussi des acteurs de grand talent et permet à la carrière de James Gandolfini, qui tient le rôle principal, de décoller.

À sa mort en 2013, et avec en poche trois Emmy Awards du meilleur acteur pour une série dramatique, James Gandolfini fait l'objet d'une pluie d'éloges. Aujourd'hui, plusieurs années après son grand final, la série Les Sopranos est considérée comme culte, notamment grâce à la performance de son acteur principal, mais pas seulement.

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1 - Pour son originalité

Dans Les Sopranos, Tony Soprano a deux familles : la sienne et la mafia. La série tout entière oscille entre ces deux trames. L'une, qui relève de la comédie dramatique, faite de la vie quotidienne de Tony et de ses angoisses. L'autre, respectant les codes du film de mafieux et relevant davantage du thriller, relate son rôle de chef de clan et de criminel. Digne héritière des films de Scorsese, Brian de Palma et Francis Ford Coppola, elle instaure un genre nouveau à la télévision parce qu'elle mélange les registres mais aussi parce qu'elle joue sur une temporalité différente et n'hésite pas, par exemple, à prendre son temps pour aiguiser la personnalité des personnages. L'intrigue n'y est pas articulée en fonction de la durée des épisodes mais sur toute une saison. Elle tient son originalité tant dans les thèmes qu'elle aborde que dans sa construction.

Surtout, la série déconstruit et redéfinit l'image du mafieux. Tony Soprano, aussi criminel et impitoyable soit-il, est surtout en lutte avec des accès de dépression et en prise à des crises d'angoisse. Ses deux vies et la série sont donc ponctuées de rendez-vous chez sa psychiatre, qui consulte elle-même un thérapeute. Une séance s'impose toujours entre deux meurtres. Fini les mafieux glamour et richissime à la Scarface, Les Sopranos rend les criminels plus humains et plus intéressants que jamais.

2 - Pour James Gandolfini

La profondeur de Tony Soprano ne serait sans doute pas grand-chose sans la performance de James Gandolfini. Au fil des saisons, et des années qui ont suivi la série, l'acteur est devenu le symbole des Sopranos à lui tout seul. D'abord parce que ce rôle apparaît comme celui de sa vie. Il a joué dans de nombreux films mais jamais ses rôles n'ont marqué les mémoires comme celui de ce mafieux tourmenté. Ensuite parce qu'il y a effectivement consacré sa vie, apparaissant dans un nombre inimaginable de scènes et d'épisodes. Il s'épuisait à mémoriser tous les dialogues et tournait de six à huit heures par jour.

Dépassé par cette charge, l'acteur a voulu arrêter plusieurs fois mais ne s'y est jamais résolu, encouragé par un salaire astronomique (il touchait plus d'un million de dollars par épisode.) Le jour de son audition, pourtant, il était persuadé qu'un acteur plus télégénique lui serait préféré. Mais c'était lui que David Chase, le réalisateur, voulait.

3 - Pour ses récompenses

Au fil de sa diffusion, la série a amassé 112 nominations et 21 récompenses. Autant de titres qui ont contribué à rendre son succès plus criant encore. Pour chacune de ses saisons, elle a notamment été nommée dans la catégorie "Meilleure série dramatique" et ses principaux acteurs ont, eux aussi, été récompensés de nombreuses fois. James Gandolfini, mais aussi sa partenaire à l'écran, Edie Falco (Carmela Soprano), qui a, comme lui, reçu trois fois l'Emmy Award et un Golden Globe de la meilleure actrice dans une série dramatique. Michael Imperioli (Christopher Moltisanti) et Drea de Matteo (Adrianna La Cerva) ont aussi été primés pour leur second rôle. 

En 2007, Les Sopranos devient aussi la première série récompensée pour sa dernière saison. Elle reçoit pour la deuxième fois l'Emmy de la Meilleure série dramatique. Pour l'épisode final, David Chase, le réalisateur, s'est aussi vu attribuer l'Emmy Award du Meilleur scénario. 

4 - Pour ses scènes marquantes

Scarface avait sa scène finale, Le Parrain celle avec la tête de cheval. Comme toute fiction sur la mafia qui se respecte, la série Les Sopranos a eu son lot de scènes marquantes, violentes et parfois loufoques, qui ont contribué à la rendre culte. On se souvient par exemple de plusieurs poursuites en voiture et en musique. Lorsque que Tony, hilare, poursuit un homme à pied sur les pelouses d'une entreprise et finit par le percuter violemment à la vue de tous. Ou cette scène où, à bord d'un pick-up de luxe, il poursuit Phil Leotardo sur fond de chanson des Clash. La musique ne retentit que lors des plans filmés dans sa voiture, ce qui renforce l'aspect burlesque de la poursuite, avec sa bande-son entrecoupée.

On pense également à ce moment où Tony tabasse l'un de ses employés à coup de poisson qui chante ou encore celui où il frappe à coup de combiné téléphonique quelqu'un qui se démène avec une boîte vocale automatique lui demandant de "taper 1". La série n'hésite jamais à montrer la violence, mais en fait souvent des scènes décalées et presque drôles, à l'image de la folie de ses personnages principaux. Plusieurs de ces scènes ont été compilées en une vidéos sur YouTube.

5 - Pour ses répliques bien senties

Au-delà de sa mise en scène, le comique de la série ressort aussi de ses dialogues, très bien construits et faits pour marquer les esprits. On se rappelle par exemple cet échange surréaliste entre Tony et sa thérapeute, lors d'une séance plus éprouvante que les autres, où Tony explique ce qu'il ressent. "Parfois, ce qui se passe ici, c'est comme faire ses besoins", lance le mafieux. "Oui, ok, même si je préfère y penser comme à un accouchement.", lui répond la psychiatre. "Croyez-moi, c'est comme faire ses besoins", insiste Tony. De manière générale, les scènes où Tony consulte sa thérapeute sont souvent truculentes. Cette relation devient l'un des ressorts les plus intéressants de la série.

Les échanges de Tony et de sa fille Meadow sont eux aussi l'occasion de dialogues bien sentis. Comme quand, en voiture, elle lui demande de but en blanc : "Fais-tu partie de la mafia ?". Tony essaye de temporiser, en lui demandant ce qu'elle entend par là, mais finit par lui avouer à mots couverts, tout en objectant : "Il n'y a pas de mafia."

6 - Pour sa bande originale

Enfin, ce qui a contribué à faire des Sopranos une série culte, c'est aussi son utilisation de la musique. Comme dans certaines scènes évoquées plus haut, la bande-son sert parfois à donner un tout autre registre à l'action. Quel que soit son rôle, la bande originale de la série est éclectique et pertinente. On y croise Bruce Springsteen, les Rolling Stones, Eurythmics et Frank Sinatra. Après la fin de la série, elle a même été publiée sur Vinyl, quinze ans après la sortie d'une version CD.

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