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4 séries politiques aussi bien que "House of Cards"

VIDÉOS - Si vous avez aimé les aventures de Frank Underwood dans "House of Cards", des séries pour continuer à analyser les rouages du monde impitoyable de la politique.

Veep, la sitcom politique de HBO
Veep, la sitcom politique de HBO
Crédit : HBO

Diffusée outre-Atlantique à partir du 22 septembre 1999, À la maison blanche est la pionnière dans le monde des séries politiques. Le créateur de la série n’y est pas pour rien. Lorsqu’il prend la tête du projet de NBC, Aaron Sorkin a une solide expérience du théâtre et a déjà écrit deux films pour Rob Reiner, dont la comédie romantique Le Président et Miss Wade. Il a aussi créé la série Sports Night

Dès la diffusion des premiers épisodes de À la Maison-Blanche, Sorkin impose sa patte : une écriture vive, rapide et documentée. Ses personnages arpentent les couloirs en déclamant des monologues enlevés et rythmés comme des partitions de musique. La première saison vaut à l’équipe de remporter neuf Emmy, (récompenses de la télévisions américaines) un record pour une série débutante. 

"À la Maison-Blanche" : quand la politique envahit la télévision

À la Maison-Blanche raconte l’histoire d’un président démocrate, interprété par Martin Sheen. Le cadre de la série politique permet à Sorkin de développer de nombreux sujets de société, du racisme au système de santé américain. Pour être au plus près du réel, des consultants qui ont travaillé à la Maison-Blanche aident les scénaristes à recréer situations et dialogues entre le président et son équipe. «On avait cinq ou six consultants qui avaient tous travaillé à Washington, se souvient Sorkin dans une interview donnée à Empire. [...] Avant À la Maison-Blanche, nos dirigeants avaient toujours été montrés soit comme des personnes machiavéliques, soit comme des idiots. Je me suis dit : 'Pourquoi ne pas montrer un groupe de personnes compétentes, qui perdent autant qu’ils gagnent?'" 

L’actrice Allison Janney, qui joue la porte-parole de la Maison-Blanche, garde un souvenir ému du tournage. Elle explique à Empire que l’équipe de la série était vue comme “une bande de rock stars” à Washington. “Tout le monde était ravi d’être représenté d’une manière positive.” Sorkin quitte le projet à la fin de la saison 4, mais le succès ne faiblit pas pour autant. Série de tous les records, À la Maison-Blanche a réuni près de 8 millions de téléspectateurs en moyenne par épisodes, a raflé 26 Emmy Awards… Et a permis à la politique de s’immiscer dans la fiction.

"Boss" : les dessous corrompus de la politique

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Toutes les séries politiques n’ont pas connu le succès fulgurant d’À la maison blanche. Cinq ans après le dernier épisode de la série d’Aaron Sorkin, la chaîne américaine Starz commence à diffuser l’ambitieux drame politique Boss. Pour rivaliser avec Boardwalk Empire (HBO), qui se paie les services de Martin Scorsese, la production fait appel à Gus Van Sant. Le réalisateur d’Elephant réalise le premier épisode. Loin de l’optimisme politique de À la maison blanche, Boss raconte les coulisses du pouvoir et les pires travers de nos dirigeants. 

Kelsey Grammer y interprète le rôle de Tom Kane, le maire de Chicago. Il vient d’être diagnostiqué d’un trouble neurologique qui va avoir des conséquences graves sur son élocution, sa mémoire et sa concentration. Il cache pourtant sa condition et continue à terroriser ses collègues. 

En s’expliquant sur ses motivations pour Boss, le créateur de la série Farhad Safinia a dévoilé à Arte sa vision de la politique. “Le monde de la politique est un jeu. Un jeu d’alliances, de pièges, de trahisons, d’allégeances. Et une des questions que pose Boss est 'est-ce que la fin justifie les moyens ?'”, questionne-t-il. Malgré la qualité de la série, qui réfléchit sur la politique, la mort et les relations filiales, Boss est déprogrammée au bout de deux saisons. Ce qui n’est pas une raison pour ne pas s’offrir une rediffusion.

La vision décalée d’Armando Iannucci

La politique n’a pas inspiré que des dramas à l’américaine. Outre-manche, le scénariste Armando Iannucci (The Day Today, I’m Alan Partridge…) a dépoussiéré en 2005 la série politique avec un format court, The Thick of It (Au cœur de l'action). Une sitcom de trente minutes qui suit un ministère et son chargé de communication en imposant le style de Iannucci : tout aussi rythmé que celui de Sorkin, mais beaucoup plus cynique et incisif. Et surtout : sans aucune limite. Les répliques de Malcolm Tucker (Peter Capaldi, le nouveau Docteur de Doctor Who), sont devenues cultes. “On aurait dit une version nazie de Julie Andrews” ou “Je ne suis pas un tyran, je suis bien pire que ça!” L’équipe de scénaristes de The Thick of It redouble d’efforts pour écrire les répliques de son anti-héros. 

“Je place toujours dans la série des anecdotes qui paraissent trop stupides pour être vraies, explique Iannucci dans une interview au Telegraph britannique. Puis je me rends compte que ces choses arrivent vraiment !” La série analyse notamment les relations entre politique et médias. Dans un épisode de la saison deux, Malcolm Tucker essaie de faire oublier à la presse une visite catastrophique du ministre dans une usine, qui s’est terminée par le monologue d’une citoyenne mécontente. De 2005 à 2012, The Thick of It a fait trembler la classe politique britannique. Jusqu’à faire admettre à des députés que la série représentait plutôt bien les coulisses des cabinets ministériels.

Avec "Veep", la sitcom s’intéresse à la politique

Sa satire rencontre un tel succès critique qu’Armando Iannucci part outre-Atlantique développer un nouveau concept de série pour la chaîne du câble HBO. Toujours dans le style du faux-documentaire, il crée Veep (Vice Président), l’histoire totalement fictive de la vice-présidente Selina Meyer, abonnée aux gaffes et aux bévues politiques. Iannucci continue à explorer les liens entre journalistes et politiques, les tensions au sein des équipes de Meyer et dresse un portrait au vitriol des coulisses du pouvoir. Il montre aussi comment la démocratisation des réseaux sociaux, de l’information en continu et du web ont changé les rapports de force en politique. 

L’acteur Peter Capaldi n’est plus de la partie, mais Iannucci a su trouver un nouveau premier rôle à la hauteur. Pour jouer l’ambitieuse Selina Meyer, il est allé chercher Julia Louis-Dreyfus, l’une des stars de la série comique Seinfeld. Elle apporte l’arrogance et la puissance comique qu’il faut pour le personnage et joue toutes les situations avec la même aisance, que Meyer se serve de sa fille pour briller auprès des médias ou qu’elle débite un chapelet d’injures à ses équipes. 

Dans une interview à The Wrap, Iannucci explique la direction qu’il veut prendre avec Veep. “En termes d’écriture, j’essaie de faire en sorte que le message de la série ne soit pas 'les politiques sont nuls', je veux plutôt essayer de dire : 'Voilà la pression que nous mettons sur le processus politique, comment feriez-vous si vous étiez à leur place ?' On a de l’empathie pour Selina.” La nouvelle saison de Veep débutera le 12 avril prochain sur HBO. La série politique a de beaux jours devant elle. 

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