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VIDÉO - "Zombie", l'appel des Cranberries au cessez-le-feu en Irlande du Nord

LES CLIPS CULTES (16/40) - En 1994, le groupe de rock irlandais rend hommage aux victimes des attentats de Warrington, en Irlande du Nord.

La vengeance, au nom de la mémoire. Voilà de quoi meurent Jonathan Ball, 3 ans et Tim Parry, 12 ans, le 20 mars 1993 à Warrington, en Angleterre. Les deux enfants sont tués dans un attentat à la bombe menée par l'IRA (armée républicaine provisoire irlandaise), qui revendique l'indépendance de l'Irlande du Nord depuis les années 1960.

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C'est dans ce contexte tourmenté que The Cranberries, groupe de rock irlandais, écrit sa chanson Zombie. Le titre est un hommage aux deux enfants et un appel au cessez-le-feu entre l'armée britannique et l'IRA, qui s'embourbent dans ce conflit depuis une trentaine d'années. "Dans vos têtes, c'est le même thème depuis 1916", scande Dolores O'Riordan, la chanteuse du groupe. Une référence à l'insurrection de Pâques de 1916, à Dublin, qui marque le début du soulèvement d'une partie du peuple irlandais contre la Grande-Bretagne. Les affrontements font 400 morts, pour la grande majorité des civils, et restent gravés dans la mémoire des irlandais. "Zombie" : c'est ainsi que la chanteuse qualifie ceux qui, comme des êtres dénués de jugement et d'humanité, continuent à perpétrer des crimes pour honorer le souvenir de leurs ancêtres.

Un clip qui mêle images documentaires et allégoriques

Le clip, réalisé en 1995 par l'artiste Samuel Bayer, superpose avec originalité plusieurs niveaux de compréhension. Les premières images, en noir et blanc, constituent la base narrative de l'histoire. Elles montrent des enfants qui évoluent dans un décor froid et désolé, typique des villes ouvrières d'Irlande. Grimpés sur un bâtiment condamné et tagué, les deux enfants s'amusent à sauter d'un mur à l'autre. Des militaires britanniques, lourdement armés, se dirigent lentement vers eux. Puis l'image se colore, et l'on passe alors à une dimension plus allégorique : la chanteuse apparaît, le visage recouvert de peinture or. Elle se tient devant une croix, entourée de jeunes enfants aux airs d'angelots, qui brandissent leurs arcs. 

La disposition, esthétique et saisissante, rappelle les tableaux figurant la montée sur la croix du Christ et les scènes de martyrs catholiques. Dans sa voix, une puissante émotion, et des inflexions qui rappellent les sanglots d'une mère. Intercalées dans le clip, des images de type documentaire montrent les murs des maisons irlandaises, couverts de drapeaux irlandais et des scènes de conflits, peints en couleurs vives, comme si la violence s'était inscrite à jamais dans le paysage.

Le succès international d'un titre atypique

La chanson, aux sonorités inhabituelles, connaît très vite un immense succès. 484.000 exemplaires du single sont vendus et le groupe remporte même un Disque d'or en 1995. The Cranberries n'est cependant pas le seul groupe à avoir évoqué les conflits en Irlande du Nord. Sortie en 1983, la célébrissime Sunday Bloody Sunday de U2 retrace la tuerie de Derry. The Town I loved so well, de Phil Coulter, qui retrace l'enfance de l'auteur en Irlande, a également été reprise de nombreuses fois. 

Tous les jours, pendant les vacances, retrouvez 40 clips d'anthologie qui ont marqué l'histoire de la musique pop-rock.

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