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Stephan Eicher en interview sur RTL2 Toulouse

De retour à Toulouse les 24 et 25 octobre à la Halle aux Grains avec sa tournée Poussière d’or, Stephan Eicher retrouve la scène entouré de musiciens venus des quatre coins du monde. Au micro de RTL2 Toulouse, il revient sur cette nouvelle formule, son plaisir de réinventer ses morceaux chaque soir et cette envie de garder le concert vivant, imprévisible et unique.

Stephan Eicher

Stephan Eicher au micro d'RTL2 Toulouse

00:14:57

Camille Bourgeon



Camille : Stephan Eicher, bonjour et bienvenue sur RTL2 Toulouse. Vous êtes de retour à Toulouse les 24 et 25 octobre prochains, cette fois-ci à la Halle aux Grains avec votre tournée Poussière d'or. Vous étiez déjà venu nous voir l'année dernière au Théâtre de la Cité pour votre seul en scène. Là, on change complètement de configuration. Alors, qu'est-ce que ça change pour vous de revenir à Toulouse avec un vrai groupe sur scène ?

Stephan Eicher : Déjà, pour revenir à Toulouse, c'est pas pour vous trop flatter, parce que vous savez que vous avez une très très très belle ville, vous n'avez pas besoin d'un Suisse qui le souligne. Mais quand je faisais le seul en scène, c'est comme une pièce de théâtre musical où je chante beaucoup, je parle aux gens, mais je suis tout seul. Et c'est un vrai plaisir de communiquer seul avec un public. Mais là quand même, je suis très très heureux d'avoir ces musiciens avec moi ! Parce que c'est de vrais... c'est des musiciens hors pair, et c'était assez compliqué de les réunir pour une tournée. Et là je suis arrivé, parce que chacun a sa propre carrière : produit au Canada, en Belgique, en Allemagne... Et là ils sont ensemble. Et puis, la Halle aux Grains, c'est quand même un lieu... Je crois que c'est plutôt pour la musique classique, si je le formule bien. Et de revenir là, et en plus deux jours, oui, vous avez l'homme... vous avez le Suisse le plus heureux au téléphone.

Camille : Eh bien ça me fait très plaisir, ça en tout cas ! Justement, vous aimez beaucoup changer de formule sur scène. Qu'est-ce que vous aimez dans cette liberté en fait de créer justement et de changer souvent en fait, que ce soit de mise en place ou de formule tout simplement, pour vous produire sur scène ?

Stephan Eicher : C'est vraiment... Moi je ne fais pas trop de sport, mais je fais du sport musicalement. Ça veut dire de faire deux ans le même répertoire, pas qu me lasse, mais il y a tout à coup une routine dedans que je trouve qui n'est pas très très... qui ne nourrit pas bien la créativité. Mais si vous avez plusieurs répertoires, comme j'ai appris au théâtre, beaucoup d'actrices et d'acteurs, ils ont deux, trois textes dans leur cerveau qui est prêt à être représenté. Et j'ai remarqué dans ce monde théâtral qu'ils ont plusieurs répertoires, aussi dans la musique classique, normalement des musiciennes et musiciens classiques, ils ont toujours plusieurs répertoires. Et seulement dans le rock, dans la pop, on fait deux ans le même répertoire. Moi, je m'ennuie très très vite ! C'est un peu comme... oui, comme un enfant qui adore changer les jeux. Et j'ai remarqué que ça... comme un sportif, je trouve mes muscles créatifs sont plus alertés, je suis... Moi je trouve c'est mieux quand j'ai plusieurs répertoires. Et c'est aussi un plaisir d'avoir un éventail de couleurs musicales plus vaste. Je crois que moi, ça me nourrit. Il y a seulement des autres musiciennes et musiciens qui préfèrent répéter leur répertoire. Non, j'adore ça, de changer un peu tout le temps.

Camille : Et vous parliez donc d'éventail évidemment musical, vous avez aussi un éventail de musiciens autour de vous. Alors vous disiez justement qu'ils venaient tous de différentes formations, qu'ils se produisaient dans différents pays, voire continents. Aujourd'hui cette tournée, elle ressemble à quoi ? Vous avez trouvé votre rythme en équipe ?

Stephan Eicher : Déjà, vraiment ces musiciens, ils étaient avec moi sur la production de Poussière d'or. Et ça c'est assez rare que vous avez les artistes qui créent un disque qui sont après disponibles. Et vous savez quoi ? De temps en temps j'oublie de jouer ! Et j'écoute seulement ! Parce que ça, c'est pas très connu chez le public, un des plus grands travaux si vous êtes musicien dans un groupe, c'est d'écouter les autres, et de se laisser inspirer par leur... par leur humeur, par leur tristesse, par leur énergie qui baisse, qui monte. Et moi je suis au milieu de la scène et j'ai réuni toutes ces personnalités, et puis je sens le public, j'essaie de créer un spectacle avec toutes ces énergies. Ça sonne un peu ésotérique, mais non ! C'est la vérité, vous êtes vraiment là et c'est chaque soir différent. Parce que chaque énergie de tout le monde est différente, les salles sont différentes, ils sonnent différemment, le public... C'est quand même... oui, c'est chaque fois une rencontre inédite. Il n'y a jamais deux fois la même chose qui se passe. Et ça c'est aussi un énorme plaisir pour moi de monter sur scène. Un peu anxieux, parce que est-ce que ça va prendre, la sauce, ce soir ? Elle va pas prendre ? Et puis comme un cuisinier qui a une équipe, de tenter : "Okay, envoyez la viande !" Enfin pardon, on ne dit plus la viande : "Envoyez le risotto maintenant !" Qu'est-ce qui se passe avec le dessert ? Le soufflé il monte, il faut le servir maintenant ! C'est un peu cette énergie-là que j'apprécie, voilà.

Camille : Bah pour ma part, je ne trouve pas du tout ça ésotérique, je dois bien vous l'avouer. Je trouve que c'est en fait un petit peu la base de la musique justement, et je trouve ça extraordinaire de le faire évoluer. Vous avez utilisé la formulation de la cuisine, mais c'est vrai que finalement les chansons sont des plats qu'on ne cesse de réinventer. Justement, Poussière d'or, ça fait maintenant plusieurs mois que vous le jouez devant le public. Vous disiez que ce sont les mêmes musiciens qui étaient présents pour la production de l'album que vous avez de nouveau avec vous sur scène. Justement, est-ce que si on suit les différentes émotions, un peu ce qu'on a envie de véhiculer dans les morceaux, est-ce que ces morceaux en fait ils sont figés dans le marbre ou finalement est-ce qu'au cours de la tournée, justement en suivant les différents feelings des différents musiciens, etc., ils évoluent et parfois certains morceaux finalement sont différents d'une salle à une autre ?

Stephan Eicher : Oui, ça évolue. Au moins chez moi. Il y a des autres formations, des autres artistes qui gardent leur partition. Moi j'ai le plaisir d'avoir les mots de Philippe Djian, l'écrivain, incroyable ami depuis très très longtemps, j'ai ces mots-là. Les mots, je ne les change pas. Les mélodies des mots ou ce que les mots m'inspirent ne changent pas, sauf tout à coup il y a un contexte... Par exemple la chanson Déjeuner en paix, pour en nommer une qui n'est pas du nouveau disque, actuellement on traverse les villes, il y a des blocages, il y a les journaux qui parlent, il y a la télévision qui parle un peu trop je trouve, tout le temps tout le temps tout le temps. Et tout à coup cette chanson a repris, ça fait une semaine, une autre énergie de nouveau. Et bien entendu, quand on fait des répétitions tous les après-midis, on est dans la salle pour apprendre la salle, faire le son, que tout se passe bien, et ça m'arrive beaucoup de dire : "On reregarde cette chanson parce qu'il y a une autre place, une autre valeur." Et ça c'est... c'est la beauté de ce geste du concert aussi. C'est ça que l'intelligence artificielle, ou comme on appelle ce truc aujourd'hui, elle ne va pas faire ! Parce qu'elle va essayer de reproduire la moyenne de quelque chose. Et nous on essaye de garder les paroles, de garder les mélodies, mais la noirceur ou la lumière dans la chanson, elle, elle change. Et c'est pourquoi j'ai choisi ce métier. Chaque soir est unique, et ça m'enrichit créativement, intellectuellement, même si j'ai un âge, ça me nourrit, oui.


Camille : Et justement, parce que vous parliez... on parlait des morceaux de Poussière d'or, là vous avez évoqué évidemment Déjeuner en paix... Justement, comment est-ce qu'on construit sa setlist quand on a autant de tubes que vous à son actif ? Est-ce que c'est un casse-tête de devoir choisir entre les nouveaux titres à défendre et les incontournables que le public attend absolument ?

Stephan Eicher : Ah oui, c'est un immense casse-tête ! Mais c'est un problème de riche, on va dire. Les gens viennent, ils ont payé leur place, ils ont envie d'entendre certaines chansons qui ont accompagné leur vie, des histoires d'amour, des deuils, des fêtes... Et moi, mon rôle, ce n'est pas de leur faire la leçon ou de leur imposer uniquement ce que j'ai fait le mois dernier. Donc il faut trouver un équilibre. Les grands classiques sont là, mais on essaie de les réinventer, de les faire dialoguer avec les nouvelles chansons de Poussière d'or. Il faut que le spectacle raconte une histoire du début à la fin, avec des hauts, des bas, des moments très intimes et des moments de grande fête.

Camille : C'est un vrai voyage que vous proposez ! On rappelle d'ailleurs que vous serez à la Halle aux Grains de Toulouse les 24 et 25 octobre prochains pour ces deux dates exceptionnelles. Stephan Eicher, un grand merci d'avoir pris ce temps pour répondre aux questions d'RTL2 Toulouse, c'était un vrai plaisir de vous avoir.

Stephan Eicher : Merci à vous Camille, merci pour l'accueil, et à très vite à Toulouse !

Camille : À très bientôt Stephan, bonne journée !

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