1. Accueil
  2. Évènements
  3. Pourquoi AC/DC est-il devenu culte ?
5 min de lecture

Pourquoi AC/DC est-il devenu culte ?

DÉCRYPTAGE - Le groupe australo-britannique de hard-rock a rempli le Stade de France les 23 et 26 mai 2015, 43 ans après sa naissance, à Sydney. Comment expliquer cette longévité ?

AC/DC se produira à Marseille le 13 mai 2016
AC/DC se produira à Marseille le 13 mai 2016
Crédit : Maxime Villalonga

Les 23 et 26 mai 2015, AC/DC a rempli le Stade de France pour la tournée Rock or Bust Tour, où il s'est également produit en 2001 et 2010. À l'époque, ce fut même le premier groupe de hard-rock à investir le stade de la Plaine Saint-Denis. Fondé en 1973 à Sydney, AC/DC a par ailleurs reçu un triple disque de platine le 26 mai à Paris, pour son dernier album, Rock or Bust. Comment expliquer la longévité et la popularité de ce groupe, pourtant passé par plusieurs difficultés, comme la mort de son premier chanteur en 1980 ? Voici quelques éléments de réponse. 

Une énergie intacte

Comme The Rolling Stones ou ZZ Top, AC/DC fait preuve d'une longévité impressionnante. Sans leurs tournées à rallonge ni leur scénographie toujours plus barrée, le groupe n'aurait certainement pas la même envergure. Par essence, le hard-rock se doit de faire le plus de bruit possible, et quoi de mieux qu'un stade pour repousser toujours plus loin les limites du mur du son ?

Pour preuve : AC/DC a rempli le Stade de France les 23 et 26 mai 2015. Pour la première date, les billets se sont écoulés en moins d'une heure. Cette facilité à afficher complet confirme que le groupe mené par Brian Johnson et Angus Young est l'une des valeurs sûres de la scène rock internationale.

"Quand on vieillit, on se rend compte à quel point on vit des super concerts. C'est le meilleur job que j'ai jamais eu", s'enthousiasme Brian Johnson en 2014. "On veut prendre chaque opportunité qui se présente et aller devant les fans. Le groupe n'a jamais changé. Le monde l'a compris et nous a rejoints. Ce n'est pas une question de heavy métal ou de hard-rock, juste du rock'n'roll."

Des tubes indémodables

À lire aussi

Par quel miracle un groupe traverse-t-il l'épreuve du temps ? En général, plusieurs facteurs concordent. Arriver au bon moment, marquer les esprits, voire, apporter un souffle musical nouveau, qui se pérennise par la suite. Concernant AC/DC, la formation australo-britannique a été l'une des premières à s'embarquer dans la folle épopée du hard-rock. Ce genre musical est apparu à la fin des années 1970, et a connu la gloire pendant la décennie suivante.

Non content d'être l'un de ses fers de lance, AC/DC a su bâtir des tubes qui font encore rugir les stades, trente ans après leur sortie. Le même frisson parcourt les fans aux premiers sons de cloche de Hells Bells, ou en voyant Angus Young mourir à moitié sur scène pour l'amour de sa guitare. 

Le groupe n'a jamais changé. Le monde l'a compris et nous a rejoints.

Brian Johnson

Un univers visuel déjanté et codifié

AC/DC sur scène, ce n'est pas qu'une déflagration de riffs, mais aussi un univers visuel défini depuis longtemps, dont les codes sont respectés et aimés par les fans. Les costumes d'écolier en velours d'Angus Young sont mythiques et assez uniques en leur genre, au point que de nombreux spectateurs les copient lorsqu'ils se rendent à un concert du groupe. Il en va de même pour les bérets aux couleurs sombres de Brian Johnson, souvent portés comme un clin d’œil. 

Côté scénographie, AC/DC a plusieurs immanquables. Le fameux clocher siglé du nom du groupe, descendu lorsque résonnent les sons de cloche de Hells Bells, ou encore, le ballon géant représentant une stripteaseuse aux formes généreuses, pour le titre Whole Lotta Rosie. Côté public, une grande partie s'amuse à dégainer ou acheter sur place les fameuses cornes du diable rouges et clignotantes. 

Que dire de la duckwalk, ce pas de danse saccadé pratiqué inlassablement par Angus Young ? Il est vu comme sa marque de fabrique (en plus du costume en velours), alors qu'il était auparavant pratiqué par le guitariste Chuck Berry

Ils savent surfer sur l'air du temps

Malgré leurs tubes indémodables, les membres d'AC/DC ne sont pas restés figés dans le temps. En 2010, le groupe accepte que ses titres soient repris dans la bande-originale d'Iron Man 2, suite des aventures de l'homme d'affaires et justicier Tony Stark. La compilation se vend à plus de trois millions d'exemplaires dans le monde, tandis que le film remplit les salles à l'international, avec plus de 620 millions de dollars de bénéfices.

Avec cette collaboration, AC/DC s'assure une promotion sans faire d'effort, et une nouvelle vie pour ses titres de légende, rattachés à un film très populaire et attirant les jeunes spectateurs. De quoi rajeunir l'image du groupe, dont la moyenne d'âge est de 60 ans. 

Inébranlables

AC/DC est ressuscité de ses cendres un bon nombre de fois. À la mort de son premier chanteur "iconique" et co-parolier, Bon Scott, en 1980, la formation ne change pas de nom et choisit Brian Johnson pour le remplacer. Sans surprise, celui-ci est d'abord mal accueilli par les fans de la première heure. La suite de la carrière d'AC/DC suffit à plaider en sa faveur. Le premier disque enregistré avec lui, Back in Black, vendu à plus de 50 millions d'exemplaires, est à ce jour le plus grand succès du groupe australo-britannique.

En 2014, Malcolm Young, co-fondateur d'AC/DC avec son frère Angus, où il officie en tant que guitariste rythmique, est hospitalisé en asile psychiatrique à cause d'une maladie neuro-dégénérative. Les rumeurs s'emballent, sonnant la fin du groupe. Il n'en sera rien. Stevie Young, neveu des frères Young, rejoint le groupe en remplacement de Malcolm

En début d'année, lorsque le batteur Phil Rudd se retrouve face à justice, plaidant coupable de menaces de mort, les autres membres d'AC/DC ne se démontent pas pour autant. Ils répudient le musicien, en place depuis 1994, et appellent à la rescousse l'un de ses prédécesseurs, Chris Slade. Le 5 mai, le groupe embarque sur sa tournée Rock or Bust Tour comme si de rien n'était. 

Irréductibles opposants au streaming

Ave une poignée d'autres artistes comme Taylor Swift, The Beatles ou Led Zeppelin, AC/DC refuse de prendre le virage du numérique et boycotte avec ferveur les sites de streaming. Alors que des artistes comme Ed Sheeran y trouvent un levier pour leur musique, la bande d'Angus Young fait de la résistance, et n'a toujours pas cédé à l'appel de Spotify ou de Deezer. 

Ce n'est qu'en 2012 que le groupe a mis toute sa discographie à disposition sur l'iTunes Store. AC/DC est par ailleurs bien présent sur Youtube : sa chaîne officielle compte plus de 140 vidéos. Même l'arrivée de TIDAL, site de streaming repris par Jay-Z et promettant de remettre les artistes au cœur du processus décisionnel, ne les fait pas changer d'avis.

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/