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Nicola Sirkis dévoile les coulisses de "College Boy"

Dans "Tracké", Nicola Sirkis revient sur la genèse de "College Boy". Le chanteur d'Indochine raconte comment ce titre de "Black City Parade" s'est construit entre urgence mélodique, travail d'arrangement et volonté d'aborder la violence du rejet.

Tracké - Indochine

Crédit : RTL2

Nicola Sirkis d'Indochine raconte la naissance de "College Boy"

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Stéphane Basset - édité par Bertrand Laidain

College Boy fait partie de ces chansons qui ont eu plusieurs vies. Dans "Tracké", Nicola Sirkis explique que le morceau s'est imposé lors d'une nouvelle phase d'écriture autour de l'album Black City Parade, alors qu'il estimait que quelque chose manquait encore au disque. Avec Olivier Gérard dit oLi dE SaT, il relance alors le travail de composition et voit naître notamment Memoria et College Boy.

Comme souvent chez lui, tout commence par la musique. Nicola Sirkis raconte une écriture née à la guitare acoustique, avant que les accords et l'émotion du morceau ne fassent émerger les mots. Il décrit aussi son passage du "yaourt" anglais vers un texte en français, une étape qu'il juge toujours délicate. Pour College Boy, le point de départ est lié au climat de l'époque, en pleine période de débats autour de la "Manif pour tous". Peu à peu, le texte glisse vers un sujet plus large et plus intime : l'homophobie, puis le harcèlement scolaire, un thème auquel il dit être particulièrement sensible.

Au fil de l'épisode, l'artiste détaille aussi la mécanique musicale du titre. Il évoque ses gimmicks de guitare et de clavier, sa volonté d'installer une ligne de basse très directe, ainsi que son intérêt, à ce moment-là, pour certains outils et sons venus de l'électro. Une manière de donner à College Boy une tension dramatique et une efficacité immédiate, tout en conservant la signature mélodique d'Indochine.

Nicola Sirkis insiste également sur le travail mené avec Olivier Gérard dans les arrangements. Il compare la fabrication d'une chanson à un puzzle, construit "brique après brique", jusqu'à une démo déjà très proche de la version finale. Il revient aussi sur le choix d'ajouter des voix féminines, pour éviter d'enfermer le morceau dans une lecture uniquement masculine et rappeler que filles comme garçons peuvent être confrontés aux mêmes violences.

Plus de dix ans après son écriture, College Boy conserve une force particulière pour son auteur. Nicola Sirkis confie que le morceau a pris sur scène une dimension presque hymnique. Un titre de colère, mais aussi d'unité, qui continue de fédérer le public d'Indochine.

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