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Lana Del Rey toujours aussi torturée et intemporelle sur son nouvel album, "Honeymoon"

ON L'A ÉCOUTÉ - Le cinquième album de Lana Del Rey vient tout juste de sortir. Cet opus aux influences jazzy et aux rythmiques hip-hop opère un retour au son mélancolique de "Born To Die", qui l'avait fait exploser.

Lana Del Rey, sur la pochette très 50's de son nouvel album "Honeymoon"
Lana Del Rey, sur la pochette très 50's de son nouvel album "Honeymoon"
Crédit : Polydor, Interscope

La carrière prolifique de Lana Del Rey se porte très bien. La diva ténébreuse et inaccessible vient de sortir Honeymoon, son troisième album en 4 ans. Le disque arrive seulement un an après Ultraviolence, son précédent opus. Elle l'avait annoncé : ces nouvelles chansons continueraient à être marquées du sceau de la pop fifties et des icônes américaines disparues. Faut-il poursuivre la lune de miel avec Lana Del Rey ?

Un retour au son du premier album

Honeymoon fait la part belle aux nappes de synthé et de cordes, celles qui avaient participé au succès des premiers singles de Lana Del Rey. Blue Jeans ou encore Video Games l'avaient fait connaître au grand public. Aux oubliettes donc la veine folk-rock de son précédent opus, Ultraviolence. La tension magnétique des titres du dernier opus laisse la place à des pop songs grandiloquentes, à des arrangements majestueux, intemporels. L'influence jazzy revendiquée par la chanteuse est indéniable. La production, sans aspérité, est impeccable.

Résultat, un son qui emmène l'auditeur entre rêve et réalité, dans la bande originale d'un film de romance un peu triste. La chanteuse y apparaît fantomatique et torturée. Les paroles sont encore une fois concentrées sur des histoires d'amour qui se voudraient idéales, mais semblent tellement noires. "Tu es ma religion, tu es la manière dont je vis / Quand tous mes amis disent que je devrais prendre l'air / Je ne peux pas imaginer ça pour une minute / Quand je suis à genoux, tu es la manière dont je prie", chante Lana Del Rey sur Religion. Même quand elle murmure son attachement, il y a toujours une part de mélancolie et de désillusion.

Les amateurs de Born To Die pourront donc se régaler de ces nouvelles chansons. Ceux qui avaient apprécié la Lana Del Rey plus énervée d'Ultraviolence risquent en revanche de s'ennuyer un peu. Quelques titres sont toutefois plus à même de mettre tout le monde d'accord : le refrain imparable de High By The Beach et sa rythmique hip-hop. La boîte à rythme des deux chansons qui suivent, Freak et Art Deco, adopte la même cadence enlevée, pour le meilleur.

14 chansons, 65 minutes

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L'album est très long. Avec 65 minutes au compteur, il dépasse d'une bonne dizaine de minutes ses précédentes livraisons, ce qui le rend difficile à écouter attentivement en entier. La structure très classique des chansons, quasi toutes basées sur une dynamique couplet / refrain, peut lasser sur la longueur. Surtout que le rythme, lent et langoureux, est souvent semblable d'une chanson à l'autre. La chanteuse aurait peut-être gagné à introduire plus de ruptures de tempo, à faire preuve de plus d'audace dans les arrangements.

Quelques titres bénéficient tout de même d'idées intéressantes, comme ce clavier qui se fait plus envahissant à la fin de The Blackest Day ou ces quelques notes de saxophone dans Terrence Loves You et à la fin de Freak. Reste que la longueur de l'album peut aussi être un atout. Il faudra de nombreuses écoutes avant de prendre la pleine mesure de la qualité de certains titres, comme le très cinématographique Swan Song ou la ballade hantée Terrence Loves You. Il faut au moins reconnaître que la chanteuse a réussi le pari de s'inscrire durablement dans le paysage musical grâce à son style immédiatement reconnaissable.

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