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Jean-Michel Basquiat, des murs de New York à la naissance d’un artiste

Avant de devenir une figure majeure de l’art contemporain, Jean-Michel Basquiat s’est construit dans le tumulte du New York de la fin des années 1970. Entre culture classique, drames intimes et énergie de la rue, ce hors-série de Pop'Art raconte la genèse d’un artiste hors norme.

Jean-Michel Basquiat - Pop'Art, le podcast

Crédit : RTL2

Jean-Michel Basquiat (part 1) - Pop'Art, le podcast

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Grégory Ascher - édité par Bertrand Laidain

À la fin des années 1970, New York est une ville en crise. Les murs y deviennent des espaces d’expression, presque des prises de parole. C’est dans ce décor urbain abîmé qu’apparaît une signature mystérieuse : SAMO. Derrière ce nom, il n’y a ni collectif ni mouvement organisé, mais un adolescent de Brooklyn, né en 1960 : Jean-Michel Basquiat.

Dès l’enfance, tout semble opposé et nourrir chez lui une forme de tension créatrice. Son père, haïtien, est décrit comme rigoureux et exigeant. Sa mère, portoricaine, sensible et passionnée d’art, joue un rôle décisif. C’est elle qui l’emmène très tôt dans les musées new-yorkais, lui fait découvrir Picasso ou encore Léonard de Vinci. Basquiat grandit ainsi avec une culture visuelle dense, bien loin du cliché du génie spontané surgissant de la rue sans références.

Un accident vient pourtant bouleverser cette enfance. À 7 ans, il est renversé par une voiture et hospitalisé. Pendant sa convalescence, sa mère lui offre un ouvrage médical, Gray’s Anatomy. Le livre le marque profondément. Il y découvre des corps ouverts, disséqués, expliqués. Cette vision anatomique du corps humain laissera une empreinte durable sur son imaginaire et sur son futur langage plastique.

Quelques années plus tard, l’équilibre familial se brise. Ses parents se séparent, sa mère souffre de troubles psychiatriques, et le jeune Basquiat décroche. Il fugue, quitte l’école et commence à vivre entre la rue et les appartements d’amis. C’est alors que New York devient sa véritable école. Dans le Lower Manhattan, il se frotte à une scène artistique en pleine effervescence, entre graffiti, culture hip-hop naissante, clubs underground et artistes marginaux.

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Avec son ami Al Diaz, il invente SAMO. Mais Basquiat ne pratique pas le graffiti comme un simple marquage de territoire. Ce qui l’intéresse, c’est le texte, la formule, la provocation. Les phrases signées SAMO sont énigmatiques, parfois absurdes, souvent critiques. Elles parlent de consommation, de religion, de culture et portent déjà une parole artistique engagée, presque conceptuelle.

Puis vient la rupture. Un message apparaît sur les murs de New York : "SAMO IS DEAD". Ce n’est pas une disparition, mais une mue. Basquiat abandonne le pseudonyme et commence à signer de son vrai nom. À cet instant, quelque chose change : le jeune homme de la rue n’est plus seulement un témoin de son époque, il devient une voix singulière, en train de s’imposer comme artiste.

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