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Français à l’étranger : gagne-t-on vraiment mieux sa vie ?

Dans cet épisode hors-série des Éloignés, Grégory Ascher s’intéresse à une question centrale pour celles et ceux qui envisagent de partir : vivre à l’étranger permet-il vraiment de mieux gagner sa vie ? Salaires, coût de la vie, fiscalité, pouvoir d’achat : derrière les clichés, la réalité est plus contrastée qu’il n’y paraît.

Les éloignés, le podcast

Crédit : RTL2

Gagner plus à l'étranger, est-ce vraiment le cas ? (Hors-série) - Les éloignés, le podcast

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Partir vivre à l’étranger est souvent associé à une promesse simple : gagner plus. L’idée est largement répandue, nourrie par l’image de pays où les salaires seraient sans commune mesure avec ceux versés en France. Dans ce nouvel hors-série des Éloignés, Grégory Ascher propose de regarder cette question de près, chiffres à l’appui.

Premier constat : dans plusieurs pays, les revenus médians sont effectivement plus élevés qu’en France. Là où le salaire médian français tourne autour de 2 100 euros nets par mois, il dépasse les 6 500 francs suisses nets en Suisse, soit environ 6 600 euros. Aux États-Unis, il se situe autour de 4 500 à 5 000 dollars nets mensuels, et au Canada autour de 3 000 à 3 500 euros nets. Sur le papier, l’écart est net : oui, les salaires sont souvent plus élevés à l’étranger.

Mais cette comparaison brute ne suffit pas. Car le niveau de revenu ne dit pas tout. Le coût de la vie vient immédiatement nuancer cette impression de richesse. En Suisse, les loyers sont très supérieurs à ceux pratiqués en France, tout comme les dépenses alimentaires. Résultat : le pouvoir d’achat réel n’est pas multiplié dans les mêmes proportions que le salaire. Il reste souvent supérieur, mais dans une mesure bien plus limitée.

Même logique aux États-Unis, où les dépenses contraintes peuvent peser lourdement sur le budget. L’assurance santé, en particulier, représente un coût important, auquel s’ajoutent des loyers très élevés dans les grandes villes et des dépenses courantes parfois bien plus importantes qu’en France. Là encore, gagner davantage ne signifie pas automatiquement vivre mieux.

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L’épisode montre aussi que tous les profils ne sont pas logés à la même enseigne. Les principaux bénéficiaires de l’expatriation sont souvent les cadres, les profils qualifiés, notamment dans la tech, la finance ou l’ingénierie, ainsi que celles et ceux qui ont pu négocier leur contrat avant leur départ. Pour eux, les gains peuvent être significatifs. En revanche, pour les profils moins qualifiés, les écarts sont souvent plus faibles, voire inexistants.

À l’inverse, certains pays offrent un autre avantage : un coût de la vie plus bas qu’en France. C’est le cas du Portugal, souvent cité en Europe, mais aussi de pays comme la Thaïlande ou le Mexique. Dans ces destinations, même avec un salaire équivalent ou légèrement inférieur, le niveau de vie peut progresser grâce à des dépenses quotidiennes moins élevées et, dans certains cas, à une fiscalité avantageuse.

Au fond, la conclusion de Grégory Ascher est claire : l’expatriation n’est pas une garantie d’enrichissement. Tout dépend du pays, du métier exercé, du niveau de qualification, du contrat obtenu et du mode de vie recherché. Ce que l’on gagne à l’étranger ne se mesure pas seulement en euros. Il peut aussi s’agir d’une expérience, d’un équilibre différent ou d’un choix de vie assumé.

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