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Debbie Harry, chanteuse de Blondie et muse des années 80, fête ses 70 ans

PLAYLIST - Debbie Harry, à la tête du groupe Blondie, a marqué les années 80 en devenant une icône pop et l'une des premières rockstars féminines.

Debiie Harry est à la tête de Blondie depuis 1976
Debiie Harry est à la tête de Blondie depuis 1976
Crédit : Vivien Killilea / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Rien qu'à l'évocation de Debbie Harry, des boules à facettes semblent tomber du ciel. Icône des années 80, cette Américaine qui fête ce 1er juillet ses 70 ans a marqué son époque et l'histoire du rock. L'une des premières femmes à être à la tête d'un groupe de rock, Blondie en l’occurrence, a aussi été muse de l'artiste Andy Warhol et du photographe Robert Mapplethorpe. Sa sensualité pleine de poigne, son charisme, ainsi que sa fréquentation des figures les plus importantes de la pop-culture ont fait sa renommée.

De la folk au disco-rock

Née à Miami le 1er juillet 1945 et adoptée par un couple du New Jersey, Deborah Harris, de son vrai nom, déménage à New York après avoir obtenu un diplôme en études d'art. Secrétaire à l'antenne new-yorkaise de BBC Radio, elle est aussi serveuse et pose en habits de lapin pour le fameux magazine de charme Playboy.

Debbie Harry en Playboy Bunny
Debbie Harry en Playboy Bunny
Crédit : Pinterest.com/RobertPigram

À côté, Debbie Harry devient choriste pour The Wind in the Willows, un groupe de folk rock. Par la suite, la jeune femme rejoint The Stilettoes, aux côtés de deux musiciennes, en 1973. Chris Stein, guitariste, intègre la formation, et devient son petit ami. À eux deux, ils créent Blondie l'année suivante, en référence au surnom donné à Debbie Harry, une fois qu'elle avait décoloré ses cheveux. 

Harry et Stein sont rejoints par Ivan Kral (guitare), Tish et Snooky Bellomo (choristes), Clem Burke (batterie), Gary Valentine (basse) et Jimmy Destri (synthétiseur). La réédition du premier album de Blondie, éponyme, et la diffusion d'une de leurs chansons par erreur dans une émission australienne, permet au groupe d'être repéré par les médias spécialisés et le public, à partir de fin 1977.

Le visage de Blondie

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Il leur faut cependant attendre la sortie de leur troisième disque, Parallel Lines (1978), pour connaître véritablement la gloire. Plus de vingt millions d'exemplaires en sont écoulés, ce qui reste le plus gros succès de Blondie à ce jour. Produit par Mike Chapman, il est poussé par le tube Heart of Glass, qui devait d'abord s'appeler Pain in the ass. Son titre et son refrain ont été changés pour pouvoir être diffusés à la radio. Blondie fait danser la planète avec ses hymnes disco-rock, new-wave et punk. Surfant entre les courants, le groupe devient l'un des tenants de la scène underground et punk, malgré son succès commercial.

Les adolescents et jeunes adultes en mal d'amour trouvent un écho dans les plaintes amoureuses de Debbie Harry, exprimées dans Hanging On The Telephone ou One Way Or Another. La chanteuse devient une icône, captivant le public par des prestations scéniques enflammées et des clips à l'imagerie sensuelle. Peu à peu, sa popularité dépasse celle des autres membres de la formation, et elle devient le visage de Blondie. Elle est alors l'une des premières femmes à la tête d'un groupe de rock.

Debbie Harry sur scène à Toronto en 1977
Debbie Harry sur scène à Toronto en 1977
Crédit : Flickr.com/jlacpo

La jeune femme a le bon goût de collaborer avec le DJ et producteur italien de génie Giorgio Moroder, pour écrire un titre destiné à la bande-originale d'American Gigolo (1980), film culte avec Richard Gere. Il en résulte le tube Call Me, nommés aux Grammy Awards. Il figure aussi sur Eat to the Beat, quatrième album de Blondie, sorti en 1979. 

Muse d'Andy Warhol

Face à ce succès, Blondie se met en pause pendant un an. Debbie Harry en profite pour sortir un album solo, KooKoo (1981). La chanteuse fréquente les artistes les plus en vus de l'époque. On l'aperçoit au bras de David Bowie, elle hante les clubs new-yorkais et fréquente l'hôtel Gramercy, repère de stars. L'ancienne secrétaire est photographiée par l'avant-gardiste Robert Mapplethorpe, ancien amant et ami proche de Patti Smith, en 1978.

Debbie Harry photographiée par Robert Mapplethorpe
Debbie Harry photographiée par Robert Mapplethorpe
Crédit : The Robert Mapplethorpe Foundation

En 1980, la chanteuse devient officiellement une icône pop en étant immortalisée par Andy Warhol, fasciné par l'idée de célébrité. L'artiste la prend en photo puis peint par-dessus avec de l'acrylique colorée et de l'encre noire. Le portrait pastel rappelle les plus connus de Warhol : ceux de Marylin Monroe, Jackie Kennedy et Liz Taylor. En 2011, ce tableau a été vendu aux enchères pour plusieurs millions d'euros, à Londres. 

Debbie Harry vue par Andy Warhol
Debbie Harry vue par Andy Warhol
Crédit : Facebook.com/Sothebys

"New York avait une vie urbaine très active, c'était une petite communauté à l'époque", se rappelle Debbie Harry. "Il était fréquent de tomber sur des gens au détour d'une rue. Vous les connaissiez déjà ou étiez présentés. Je suis tombée sur Andy à l'angle de Broadway et de la 13e rue, je l'ai salué et nous avons parlé de tout et n'importe quoi. J'imagine que c'est ainsi que nous nous sommes rencontrés et que notre amitié a démarré à partir de ce moment. J'ai été invitée à la Factory (l'atelier de Wharol, ndlr) et je connaissais des gens qui travaillaient pour Andy." Debbie Harry est aussi apparue plusieurs fois dans l'émission télévisée de l'artiste. 

Passage à vide et reformation

Des graves problèmes de santé de Chris Stein couplés à des tensions internes et des soucis financiers amènent Blondie à se séparer en 1982. S'en suivent des années de galère pour le couple Harry et Stein, surendentés, accros à la drogue et devant faire face à la maladie du second. Debbie Harry tente de poursuivre une carrière solo qui ne trouve que peu d'écho. Le couple se sépare peu de temps après mais collaborera tout au long de sa vie. Stein aide ainsi Debbie Harry à enregistrer son album Rockbird (1986). Heureusement, de jeunes groupes de rock comme Garbage ou No Doubt citent Blondie comme influence, entretenant l'influence de la formation new-yorkaise.

Dix ans plus tard, les deux anciens amoureux s'appliquent à réunir les membres de Blondie, en vue d'une reformation. Une tournée internationale est donnée en 1998 et 1999, et un nouvel album, No Exit, sort dans la foulée. Le single Maria atteint la première place des ventes au Royaume-Uni. Le disque The Curse of Blondie est dévoilé en 2003 et reçoit un accueil mitigé. Blondie devient un trio composé de Debbie Harry, Chris Stein et Clem Burke (batterie), Jimmy Destri (synthétiseurs) devant être soigné pour son addiction à la drogue.

Pendant ce temps, Debbie Harry sort d'autres albums en solo, et rejoint la tournée True Colors de Cindy Lauper, en faveur des droits des homosexuels. La première a révélé dans la presse avoir eu des relations avec des femmes. Après une nouvelle tournée mondiale en 2008, Blondie sort son neuvième album, Panic of Girls (2011). Le trio devrait sortir un nouveau disque en 2016.

J'étais l'une de ces idiotes qui pensent vivre éternellement

Debbie Harry

"Je suis heureuse d'avoir eu toutes sortes d'expériences fortes dans ma vie", explique Debbie Harry en 2011. "Est-ce que je suis toujours sous l'emprise de l'alcool ? Non, j'ai passé mon tour. Pour moi, cela ne s'est pas révélé si drôle que cela, et j'ai perdu patience. J'étais l'une de ces idiotes qui pensent vivre éternellement."

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