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Comment les séries de "HBO" ont décoincé les américains

RÉDAC CHEF INVITÉ - Avec ses séries, comme "The Wire" et "Game of Thrones", la chaîne américaine "HBO" innove en permanence, estime Mika, rédacteur en chef d'un jour de RTL2.fr. Elle a été un des premières à montrer du sexe et de la violence dans ses programmes.

Kit Harington joue Jon Snow dans "Game of Thrones", un carton de la chaîne "HBO"
Kit Harington joue Jon Snow dans "Game of Thrones", un carton de la chaîne "HBO"
Crédit : HBO

Le rédacteur en chef d'un jour de RTL2 ne déroge pas au phénomène Game of Thrones. "C'est super", s'exclame Mika. "Finalement, les Américains sont super coincés et HBO a réussi à décoincer les États-Unis. Les séries, maintenant, peuvent oser beaucoup plus que le cinéma, établir des personnages avec beaucoup plus de profondeur et de facettes", analyse l'artiste. Les séries cultes de HBO sont nombreuses : Les Sopranos, The Wire, Sex And The City. La chaîne a commencé à innover en 1997 avec Oz, une série sur le milieu carcéral.

La révolution "Oz"

La série, écrite par Tom Fontana, montre sans fard violence et sexe, très rares sur le petit écran à l'époque. "À la base, HBO est une chaîne de sport et de documentaires. Quand ils ont réfléchi au premier drama qu'ils allaient mettre à l'écran, ils voulaient un thème documentaire, et ont choisi la prison", décrypte Charlotte Blum, auteur de Vous aimez les séries, ce livre est pour vous, paru aux éditions de la Martinière. "Ils ont dit à Tom Fontana 'on ne te donne aucune limite, mais fais quelque chose de réaliste'", poursuit-elle. Pour Charlotte Blum, "c'est leur façon de faire. Ils ont toujours voulu être différents, faire des coups de poker."

Les personnalités de la chaîne sont des visionnaires, des ambitieux, qui ne voulaient pas gâcher une bonne histoire avec des barrières

Charlotte Blum, auteur d'un livre sur les séries

Cette volonté d'innovation tient aux personnalités de la chaîne comme Chris Albrecht et Carolyn Strauss. "Des visionnaires, des ambitieux, qui ne voulaient pas gâcher une bonne histoire avec des barrières", analyse Charlotte Blum. Les grandes chaînes américaines commandent des saisons très longues, d'une vingtaine d'épisodes, mais sont susceptibles d'arrêter la diffusion en cours de route. Sur HBO, les saisons sont plus courtes, environ une dizaine d'épisodes. "Lorsque la chaîne commande une saison, elle la diffusera en entier, ce qui laisse plus de liberté scénaristique aux showrunners (ndlr, le scénariste en chef)", décrypte Mélanie Bourdaa, professeur de communication à l'université Bordeaux Montaigne, qui étudie les séries télévisées américaines. 

Une chaîne indépendante au budget pharaonique

La chaîne est accessible par abonnement, comme Canal + en France. "Comme c'est une chaîne payante, son public n'accepterait pas ce que l'on voit ailleurs et la frontière, c'est la censure", analyse Charlotte Blum. L'un des autres atouts de HBO, c'est son indépendance vis-à-vis des annonceurs. "Au contraire des autres chaînes de network, elle n'est pas contrainte par la publicité, ce qui lui permet de proposer des séries plus ambitieuses et plus audacieuses, en terme de langage, de sexe et de violence, qui sont interdits sur les networks", explique Mélanie Bourdaa.

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Les budgets sont donc à la hauteur de la qualité visée par HBO : 100 millions de dollars avaient été alloués à Romediffusée de 2005 à 2007. Même si la série est pleine de scènes de sexe et de violence. Mais pour Charlotte Blum, le sexe, c'est aussi une manière de "faire venir les gens" et de les attirer dans une bonne histoire. Aujourd'hui, avec Game of Thrones, la chaîne est sous le feu des critiques, accusée de faire de la surenchère. "Dans les nouveautés HBO, il y a des gros mots, une fille à poil, mais je me demande si aujourd'hui ce n'est pas un peu c