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Comment la soupe, le hamburger et les cartons Brillo sont devenus des œuvres d'art ?

Dans ce deuxième épisode du Hors-Série consacré aux objets cultes, Grégory. Ascher s'intéresse à trois symboles majeurs du pop art. Andy Warhol et Claes Oldenburg transforment des objets de consommation courante en icônes artistiques, jusqu'à poser une question devenue centrale : qu'est-ce qui distingue une œuvre d'art d'un simple produit industriel ?

Les objets cultes 2

Crédit : RTL2

Quand le supermarché entre au musée

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Grégory Ascher - édité par Bertrand Laidain

Au début des années 1960, l'Amérique change de visage. La télévision s'impose dans les foyers, la publicité envahit l'espace public, les supermarchés se multiplient et les grandes marques deviennent les nouveaux repères du quotidien. Dans ce contexte, certains artistes voient dans les objets de consommation bien plus que de simples produits : ils y lisent le portrait d'une époque.

C'est tout le sujet de ce deuxième épisode du Hors-Série consacré aux objets cultes de Pop Art. Grégory Ascher y raconte comment le pop art a fait entrer au musée des objets jusque-là banals, familiers, parfois même invisibles à force d'être partout.

Premier exemple, devenu emblématique : les boîtes de soupe Campbell's d'Andy Warhol. En 1962, l'artiste présente une série de 32 tableaux, un pour chaque variété commercialisée par la marque. Le geste est simple, presque évident, mais il marque une rupture. Warhol élève un produit industriel au rang d'icône culturelle. Derrière cette boîte rouge et blanche, il saisit aussi une réalité sociale : dans l'Amérique de la consommation de masse, un milliardaire et un ouvrier peuvent acheter la même soupe, comme une star et son admirateur peuvent boire le même Coca-Cola.

Autre figure majeure de cet épisode : Claes Oldenburg. Lui aussi s'intéresse à l'univers de la consommation, mais par la sculpture. Avec Floor Burger, créé en 1962, il transforme un hamburger en œuvre monumentale. L'objet, gigantesque, mou et presque affaissé, perd sa fonction première pour devenir une présence absurde, spectaculaire et drôle. Ce qui devait être mangé en quelques minutes devient un objet de contemplation durable.

Puis vient un autre geste décisif de Warhol avec les cartons Brillo, exposés en 1964. Cette fois, l'artiste reproduit des emballages de produits ménagers sur des boîtes en bois sérigraphiées. Visuellement, elles ressemblent presque trait pour trait à celles d'un supermarché. Pourtant, leur statut change complètement dès lors qu'elles entrent dans le champ de l'art. C'est cette frontière trouble entre objet commercial et œuvre artistique qui fascinera durablement les philosophes de l'art, notamment Arthur Danto.

Au fond, explqiue Grégory Asher, le pop art a déplacé le regard. Il ne s'agit plus seulement d'admirer la beauté d'une œuvre, mais de comprendre ce qu'elle dit de son époque, de ses images, de ses marques et de ses habitudes de consommation. En quelques années, Warhol et Oldenburg ont ainsi bouleversé les règles et imposé une nouvelle question, toujours actuelle : l'art dépend-il de l'objet lui-même, ou du regard que l'on porte sur lui ?

En fin d'épisode, "L'œil du galeriste" donne la parole à Stephen Lafeuille, directeur général des Galeries Saint-Martin. Invité à choisir un objet culte du pop art, il cite sans hésiter la Campbell's Soup, preuve que cette boîte de soupe reste, aujourd'hui encore, l'un des symboles les plus puissants de l'histoire de l'art contemporain.

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