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Bon Jovi, Blur, The Rolling Stones... Quand les artistes s'attaquent à l'industrie musicale en chanson

Bon Jovi vient de quitter sa maison de disques après plus de 30 ans de collaboration, en lui laissant une chanson assassine. Pour un groupe, quoi de plus logique que de régler ses comptes en musique ?

Avec son groupe, Jon Bon Jovi a quitté sa maison de disques
Avec son groupe, Jon Bon Jovi a quitté sa maison de disques
Crédit : Jamie McCarthy / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Burning Bridges. C'est le titre de la nouvelle chanson de Bon Jovi. En français, cela veut dire "Brûler les ponts". Quelques mots symboliques du sentiment du groupe. Après plus de 30 ans passés chez Mercury Records, la bande a quitté le label en leur laissant ce morceau évocateur. "Adieu, good night, guten abend / c'est la dernière chanson que vous pourrez vendre [...] / Jouez-la pour vos amis en enfer", écrit Jon Bon Jovi, le chanteur du groupe.

"Écoutez les paroles, parce qu'elles racontent exactement ce qui s'est passé. Et c'est tout", a justifié le chanteur à Billboard. La chanson figure sur le nouvel album du groupe, qui s'appelle lui-aussi Burning Bridges. Il est composé de chansons qui n'étaient pas spécialement supposées sortir en disque. Mais le groupe y a vu un moyen de clore rapidement son contrat avec le label. Avant Bon Jovi, plusieurs groupes ont réglé leurs comptes avec l'industrie musicale en chanson.

1. The Rolling Stones contre l'assistant de Decca Records

Du temps où les Rolling Stones traînaient leur image de jeunes voyous, leur maison de disque a cru bon de leur coller un baby-sitter. Une idée qui n'a pas été du goût du groupe. Le représentant de Decca Records chargé d'accompagner sa tournée américaine a donc inspiré une chanson de 1965. Dans les paroles, Mick Jagger se met dans la peau d'un représentant de label et dépeint ironiquement le portrait d'un homme qui se croit plus important qu'il ne l'est vraiment. "Je mérite vraiment ma paie, assis sur la plage toute la journée", écrit-il. Heureusement, le groupe a fini par bien s'entendre avec l'individu en question.

2. Les Sex Pistols contre EMI

Quand on possède dans son catalogue l'un des groupes les plus sulfureux d'Angleterre, il faut s'attendre à être un peu secoué. Les Sex Pistols ont lancé les hostilités contre EMI, leur label, dès leur premier et dernier album, Never Mind The Bollocks. Dans la chanson EMI, ils accusent la maison de disques de les avoir signés uniquement pour surfer sur la mode du punk, un moyen de faire de l'argent facile. Une tactique qui s'est retournée contre les dirigeants d'EMI, bien embarrassés en découvrant que l'attitude auto-destructrice du groupe n'était pas qu'un coup de pub. "Vous pensiez qu'on en faisait exprès / Qu'on faisait juste de l'argent / Vous n'avez pas voulu croire que nous étions réels", chante Steve Jones.

3. Blur contre leur premier label

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Country House, un des hits de Blur, est surtout connu pour avoir accentué leur rivalité avec Oasis - la chanson est sortie le même jour que Roll With It, des frères Gallagher. Mais il est moins souvent mentionné que les paroles du morceau se moquent ouvertement de David Balfe. L'homme venait toujours juste de signer Blur sur son label, qu'il l'a aussitôt revendu à EMI. Avec ses royalties, il s'est acheté une belle maison à la campagne, la Country House de la chanson. "Je suis un cynique professionnel mais je n'ai pas le cœur à l'ouvrage, je paye le prix de vivre une vie à la limite", écrit Damon Albarn.

4. The Clash contre CBS Records

En 1977, CBS Records sort le single Remote Control sans se préoccuper de l'avis des Clash. Le groupe leur réplique la même année avec Complete Control, une attaque en règle contre l'industrie du disque. "Ils ont dit que nous serions artistiquement libres / Quand nous avons signé ce bout de papier", écrit Joe Strummer. La chanson est devenue un hymne punk, en accord avec les principes du mouvement : liberté totale d'expression, "do it yourself" et rejet du tout mercantile.

5. Lynyrd Skynyrd contre MCA

Sur le même album que le culte Sweet Home Alabama figure Workin' For MCA. Dans cette chanson, parue sur Second Helping en avril 1974, les Lynyrd Skynyrd racontent comment ils ont été signés pour 9.000 dollars. Le morceau est très ambigu, entre récit objectif des débuts de la bande et règlements de comptes - en témoignent des lignes évocatrices : "Des ventouses me sucent mon argent depuis que j'ai 17 ans" ou encore "Je veux que vous sachiez / Que pour chaque penny que je rapporte, je veux voir où mon argent va".

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