4 min de lecture Musique

Placebo enflamme l'AccorHotels Arena pour ses 20 ans de carrière

NOUS Y ÉTIONS - Le groupe mené par Brian Molko a donné un concert dantesque dans la salle parisienne avec une setlist mêlant grands classiques et raretés. Une grande messe glam rock.

Placebo sur la scène de l'AccorHotels Arena en novembre 2016 Crédits : Maxime Villalonga / RTL2.fr | Date : 30/11/2016
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Placebo sur la scène de l'AccorHotels Arena en novembre 2016 Crédits : Maxime Villalonga / RTL2.fr | Date : 30/11/2016
Brian Molko a hypnotisé le public Crédits : Maxime Villalonga / RTL2.fr | Date : 30/11/2016
Le bassiste de Placebo Stefan Olsdal Crédits : Maxime Villalonga / RTL2.fr | Date : 30/11/2016
Placebo a donné un concert dantesque à Paris pour son 20e anniversaire Crédits : Maxime Villalonga / RTL2.fr | Date : 30/11/2016
Brian Molko a choisi une setlist pleine de surprises Crédits : Maxime Villalonga / RTL2.fr | Date : 30/11/2016
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Sylvain Zimmermann
Journaliste

Placebo aime se faire désirer, mais plus que tout adore brouiller les pistes. Vingt ans que ça dure, depuis les premiers coups de guitare en ouverture du maître de l’ambiguïté, David Bowie. Le 29 novembre, peu avant 21 heures, alors que l'AccorHotels Arena attend fébrilement les Britanniques, c’est le visage d’un autre génie qui apparaît sur les écrans géants : Leonard Cohen. En fond sonore : le très beau Who By Fire. Pas son titre le plus connu. Un hommage sobre, élégant, à l'image du poète canadien disparu le 7 novembre.

Enfin, les accords de Every You Every Me résonnent ! Des cris parcourent la salle. Mais toujours pas de Placebo à l’horizon. À la place, sur l’écran central : un clip joué en intégralité avec une image neigeuse façon cassette VHS. Le ton est donné : le concert sera une plongée à corps perdu dans le passé glorieux de Placebo. Un voyage à bord d’une machine à remonter le temps malicieusement programmée par l’esprit torturé de Brian Molko. Un son martial fait alors secoué les têtes. Incroyable : Pure Morning ! La meilleure manière de débuter la soirée. Petit à petit les musiciens se faufilent dans la pénombre.


Le bassiste Stefan Olsdal, costume gris avec des motifs, barbe bien taillée, coupe banane impressionnante, déboule sur scène. Le public exulte. Puis Brian Molko, t-shirt noir et coupe de sénateur romain, arrive à son tour. Pour ceux qui en doutaient encore : Placebo est plus que jamais un duo. Ce Pure Morning datant de 1998 n’a pas été choisi au hasard, c’est une célébration de l’amitié, un message directement adressé aux fans. L’anaphore "A friend in need is a friend indeed" peut se traduire par : "C'est dans le besoin que l'on reconnait ses véritables amis". Ils sont visiblement tous là, ce soir.

"Bonsoir Bercy, soyez les bienvenus à notre fête d'anniversaire", lance Brian en français. Le groupe dégaine ensuite Loud Like Love, qui porte bien son nom, Jesus’ Son, l'inédit présent sur la dernière compilation A Place For Us To Dream, Soulmates, Special NeedsPour célébrer ses 20 ans, Placebo n’a pas l’intention d’aligner les tubes avec une setlist best of. Trop prévisible. Molko s’est donc fait plaisir et revisite le répertoire du groupe à sa guise, avec des arrangements fouillés. Sur Lazarus, le chanteur apparaît sur l'écran géant en triple exemplaire dans une lumière rouge sang. Il n’a jamais paru aussi vampirique. L’effet est saisissant. "Merci d'être venu Bercy, merci d'être venus partager ce moment avec nous", déclare Brian Molko avec un air solennel.

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"Protect Me From I Want" chanté en français

On assiste à une véritable messe glam rock. Stefan se glisse derrière le clavier et débute Too Many Friends. Un titre largement sous-estimé de 2013 qui évoque la solitude moderne, les rencontres sur internet, très efficace. Placebo enchaîne avec Twenty Years, morceau de circonstance, très mélancolique au début avant de devenir abrasif et rageur sur la fin. Voix nasillarde, son de guitare noisy, le leader de Placebo chante comme un damné. À peine le temps de souffler, les titres s’abattent sur le public : I Know, Devil in The Details, Space Monkeys, Exit Wounds... Le son se fait plus lourd, les riffs plus rageurs. Les écrans alternent images de Molko et Olsdal avec des effets visuels façon images infrarouges. Ils sont tous les deux concentrés mais n’oublient pas pour autant la salle.

21h59, de petits écrans lumineux apparaissent au-dessus du groupe. Premier cadeau de la soirée d’anniversaire : Protect Me From I Want chanté en version française ! Protège-moi donc. On goûte les paroles sombres et troublantes écrites par Virginie Despentes : "C'est le malaise du moment / L'épidémie qui s'étend / La fête est finie, on descend / Des pensées qui glacent la raison." L'émotion ne baisse pas d'un ton. Without You I'm Nothing, 36 Degrees. Sur l'écran, un garçon reste la bouche grande ouverte. Pas mal de spectateurs ont à peu près le même visage. 22h17. Première accalmie au milieu de cette tempête de décibels. Des lumières viennent éclairer la salle bondée. Énorme ovation de plusieurs minutes. Brian et Stefan, qui est désormais en débardeur, restent figés. Ils n'en croient pas leurs yeux.

Puisque c'est une fête d'anniversaire, on va danser

Brian Molko
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"Merci Bercy, merci du fond du cœur, déclare ému Brian. C'est pas souvent que je ne trouve pas les mots, la c'est vraiment cool." Il ajoute : "Nous sommes arrivés à la fin de la section mélancolique de notre concert, on ne peut pas rester entre alcooliques, vous avez envie de vous amuser? Puisque c'est une fête d'anniversaire, on va danser !" For What it's Worth, Slave To The Wage... Et puis Placebo donne une bonne dose de Special K. Le public en redemande. Molko fait chanter la foule. Les tubes déferlent désormais comme une pluie torrentielle. The Bitter End est monstrueux. Les oreilles sont sérieusement malmenées. Sur ses précédentes tournées, le groupe n'a pas toujours autant gâté ses fans, c'est peu de le dire, laissant souvent pas mal de classiques dans les cartons.

Ce soir, la setlist est particulièrement copieuse, même si on note tout de même quelques impasses : Taste in Men ou encore English Summer Rain. Dommage. En rappel, Placebo n'oublie pas de saluer ses fans de la première heure avec un Teenage Angst résolument punk et un Nancy Boy absolument jouissif, le premier succès commercial du groupe, qui nous ramène direct en 1997. Le concert se termine comme il a débuté, par une reprise, cette fois de Kate Bush : Running Up That Hill, bijou pop tiré de Hounds of Love (1985). Plus qu’une chanson festive, un symbole fort : Kate Bush est l'une des artistes les plus insaisissables de l'histoire de la musique, imprévisible. Résultat : un final inattendu. Molko et Olsdal sont vraiment incorrigibles.

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